Quatre semaines de baisse consécutives : le cours de l’or évoluerait sous pression, pénalisé par la hausse des prix du pétrole et par des anticipations de taux d’intérêt plus élevés.

Cette combinaison constitue un environnement généralement moins favorable au métal jaune. L’or ne verse ni coupon ni intérêt : lorsque les rendements des placements obligataires ou monétaires progressent, son coût d’opportunité augmente pour les investisseurs.

Le pétrole ravive les craintes sur l’inflation

La hausse des prix du pétrole pourrait alimenter les anticipations d’inflation. Le pétrole entre en effet dans le coût des transports, de la production industrielle et, indirectement, de nombreux biens et services. Une énergie durablement plus chère risque donc de ralentir le reflux de l’inflation.

Pour les marchés, ce scénario pourrait inciter les banques centrales à conserver des taux directeurs élevés plus longtemps, voire à les relever si les tensions sur les prix devaient s’intensifier. Les taux directeurs sont les taux auxquels une banque centrale prête à court terme aux banques commerciales ; ils influencent ensuite les crédits, l’épargne et les rendements obligataires.

Des taux élevés pèsent sur un actif sans rendement

L’or est souvent recherché comme valeur refuge lors de périodes d’incertitude économique, financière ou géopolitique. Mais il ne procure pas de revenu régulier. À l’inverse, les obligations et certains produits d’épargne peuvent offrir un rendement lorsque les taux sont élevés.

Des anticipations de hausse des taux tendent ainsi à réduire l’attrait relatif de l’or, surtout lorsque les investisseurs estiment que l’inflation peut être maîtrisée par une politique monétaire plus stricte. Le mouvement observé sur quatre semaines traduirait cette réévaluation des perspectives macroéconomiques.

L’effet n’est toutefois pas automatique. Une forte accélération de l’inflation, des tensions géopolitiques ou une dégradation des perspectives de croissance pourraient simultanément soutenir la demande d’or physique et d’actifs refuges.

Quel repère pour les épargnants belges ?

Pour un particulier, une baisse hebdomadaire ne suffit pas à déterminer un bon point d’achat ou de vente. Le prix de l’or en euros dépend à la fois du cours international, généralement exprimé en dollars, et de l’évolution du taux de change entre l’euro et le dollar.

Les acheteurs d’or d’investissement ont donc intérêt à suivre le prix affiché en euros par gramme ou par once, ainsi que l’écart entre ce prix et la valeur du métal contenue dans la pièce ou le lingot. Cet écart est appelé la prime : il couvre notamment la fabrication, la logistique et la demande du marché.

La poursuite du repli dépendrait désormais de l’évolution du pétrole, des statistiques d’inflation et des prochaines décisions de politique monétaire. Pour les détenteurs de long terme, ces variations rappellent surtout que l’or répond autant aux taux réels anticipés qu’aux épisodes de crise.

Spécialiste des marchés des matières premières, Lucas décrypte les cours de l’or et de l’argent à travers l’analyse technique et macroéconomique.

Prix de l’Or aide tous ceux et celles qui s’intéressent à l’économie et à la préservation de leur capital à décrypter l’actualité mondiale et son impact sur la valeur de l’or grâce à une analyse factuelle et pédagogique. Prix de l’or – Une information en Or

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