12,8 milliards d’euros : c’est la plus-value comptable annoncée par la Banque de France après le remplacement de 129 tonnes d’or entre juillet 2025 et janvier 2026. L’opération, réalisée depuis New York en 26 transactions, a porté sur environ 5 % des réserves françaises.

Présentée comme un chantier technique, cette modernisation a bénéficié de la hausse du cours de l’or et de la mise aux normes de lingots anciens. Elle ne correspond toutefois pas à une vente massive d’or au profit du budget de l’État : il s’agit d’un gain comptable enregistré lors de la substitution des barres.

Des lingots anciens remplacés par des barres négociables

La Banque de France a remplacé des lingots historiques, ou ne répondant plus pleinement aux critères attendus sur le marché international, par des barres dites good delivery.

Le standard good delivery désigne des barres dont le poids, le titre — c’est-à-dire la pureté du métal —, le marquage et l’origine répondent aux règles du marché professionnel. Ces critères facilitent l’achat, la vente ou la mobilisation de l’or entre banques centrales et grandes institutions financières, sans devoir faire raffiner chaque lingot ancien.

L’opération a concerné de l’or conservé à New York. Elle a été menée progressivement, en 26 transactions, entre juillet 2025 et janvier 2026. La Banque de France indique ainsi avoir clos une partie d’un programme de modernisation engagé depuis 2005.

Pourquoi cette opération fait apparaître 12,8 milliards d’euros

La plus-value annoncée atteint 12,8 milliards d’euros, dont 11 milliards comptabilisés sur l’exercice 2025 et 1,8 milliard au début de 2026.

Ce montant s’explique par la différence entre la valeur historique retenue pour les lingots remplacés et leur valorisation au moment des transactions, dans un contexte de prix de l’or élevé. La standardisation des barres a également permis de matérialiser cette valeur dans les comptes de l’institution.

Pour les épargnants, la distinction est importante : une plus-value comptable n’est pas automatiquement une entrée de trésorerie disponible pour financer des dépenses publiques. L’or demeure dans les réserves officielles de la France. Il a changé de forme et de statut de négociabilité, mais n’a pas été cédé dans le cadre d’une vente destinée à réduire la dette.

La Banque de France écarte un motif géopolitique

L’existence d’or français à New York pouvait nourrir des interprétations géopolitiques, notamment dans un contexte où plusieurs pays cherchent à renforcer leur contrôle sur leurs réserves stratégiques.

François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, a écarté cette lecture lors de sa prise de parole publique du 24 mars. Le remplacement des barres américaines répondait à un objectif de conformité avec les standards de qualité européens, et non à une défiance envers les États-Unis, a-t-il indiqué en substance.

L’enjeu officiel est donc opérationnel : disposer de lingots immédiatement compatibles avec les normes du marché international, tout en réduisant les coûts et délais potentiels de raffinage.

Une réserve stratégique, pas un outil ordinaire de désendettement

La Banque de France détiendrait l’essentiel de ses réserves dans La Souterraine, le coffre sécurisé situé sous son siège parisien. Le stock français s’élèverait à environ 2 437 tonnes, ce qui placerait la France parmi les principaux détenteurs officiels d’or au monde.

La question d’une vente partielle de ces réserves revient régulièrement dans le débat sur la dette publique. Avec une dette annoncée à 118,4 % du produit intérieur brut et un déficit de 5,1 % du PIB en 2025, l’idée peut sembler séduisante. Elle reste néanmoins écartée par la Banque de France et jugée risquée par plusieurs observateurs.

L’opération de New York illustre plutôt une autre fonction de l’or officiel : préserver une réserve stratégique tout en la rendant plus facilement mobilisable. Le gain de près de 13 milliards d’euros renforce la valeur affichée des réserves, sans remettre en cause leur rôle de protection de long terme.

Experte en gestion de patrimoine, Claire analyse l’or et les métaux précieux comme outils de protection du capital et d’optimisation patrimoniale.

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