1 milliard de dollars de valeur actuelle nette après impôt : c’est le chiffre central publié par Fortuna Mining pour son projet aurifère Diamba Sud, au Sénégal. Le 29 juin 2026, la société minière a présenté une étude de faisabilité qui confirme, selon ses données, la solidité économique du futur site et précise les prochaines étapes : construction complète prévue au quatrième trimestre 2026 et première production d’or visée au deuxième trimestre 2028.

Fortuna met en avant une rentabilité élevée à Diamba Sud

Fortuna Mining Corp. a publié une étude de faisabilité pour Diamba Sud, un projet aurifère situé au Sénégal. Une étude de faisabilité est une analyse technique, financière et opérationnelle détaillée. Elle sert à vérifier si une mine peut être construite et exploitée de manière rentable avant une décision finale d’investissement.

Les résultats annoncés sont élevés. À un prix de l’or de 3.500 dollars l’once, le projet affiche une valeur actuelle nette après impôt, ou VAN, de 1 milliard de dollars. La VAN mesure la valeur économique future d’un projet, actualisée à aujourd’hui, après prise en compte des coûts, des revenus attendus et de la fiscalité.

Le taux de rendement interne, ou TRI, ressort à 60 % après impôt. Le TRI indique le niveau de rentabilité attendu d’un investissement : plus il est élevé, plus le projet est considéré comme attractif sur le papier.

Autre élément marquant : Fortuna indique une période de remboursement d’un an. Cela signifie que le capital initial engagé serait récupéré en environ douze mois après le démarrage de la production commerciale, si les hypothèses retenues se réalisent.

Une production visée de 158.000 onces par an au démarrage

Diamba Sud devrait produire en moyenne 158.000 onces d’or par an pendant les quatre premières années. Une once troy, l’unité de référence internationale pour l’or, correspond à environ 31,1 grammes.

Sur l’ensemble de la durée de vie prévue de la mine, soit 9,4 ans, la production moyenne serait de 116.000 onces par an. Ces volumes placeraient Diamba Sud parmi les actifs importants de Fortuna Mining.

La société estime le coût complet de production, ou AISC, à 1.332 dollars par once sur la durée de vie de la mine. L’AISC, pour all-in sustaining cost, désigne le coût global de maintien de la production : extraction, traitement, frais de site, investissements de maintien et certains frais administratifs. C’est un indicateur suivi de près par les investisseurs, car il permet de comparer le coût d’une mine au prix de marché de l’or.

Avec une hypothèse de prix de l’or à 3.500 dollars l’once, l’écart entre prix de vente théorique et coût de production apparaît important. La solidité du projet dépend toutefois du maintien de ces hypothèses : prix de l’or, coûts de construction, calendrier et conditions opérationnelles au Sénégal.

Un investissement initial de 398 millions de dollars

Le coût initial de construction est évalué à environ 398 millions de dollars. Fortuna prévoit de financer ce montant avec sa liquidité existante, qui dépasse 800 millions de dollars.

Des travaux préparatoires sont déjà engagés. Leur budget atteint 73 millions de dollars, dont environ 18 millions de dollars dépensés à fin juin 2026. Ces travaux précoces peuvent inclure des accès, des installations de chantier, des études complémentaires ou des préparatifs techniques avant la construction complète.

La société prévoit un lancement de la construction complète au quatrième trimestre 2026. La première coulée d’or est ciblée pour le deuxième trimestre 2028. Dans le secteur minier, la première coulée d’or correspond au premier métal produit par l’usine, une étape symbolique et opérationnelle majeure.

Le permis environnemental ouvre la voie au permis minier

Le 15 juin 2026, Fortuna Mining a annoncé avoir reçu le décret environnemental du ministère sénégalais de l’Environnement et de la Transition écologique. Cette approbation valide l’étude d’impact environnemental et social de la future mine de Diamba Sud.

Cette étape confirme que le projet respecte les exigences environnementales examinées par les autorités sénégalaises et qu’il bénéficie d’un niveau d’acceptabilité sociale auprès des parties prenantes, selon les éléments communiqués par l’entreprise.

Elle ne vaut pas encore permis minier complet. Mais elle constitue une étape clé vers son obtention, indispensable pour développer le projet et passer à la construction.

Dans une déclaration publique du 15 juin, Jorge A. Ganoza, directeur général de Fortuna Mining, a souligné la rapidité de cette approbation, obtenue en neuf mois. Il y a vu un signe d’exécution solide du projet et d’un environnement favorable au développement minier au Sénégal.

Diamba Sud pourrait transformer le profil de Fortuna

Fortuna présente Diamba Sud comme un moteur de croissance majeur. Le projet doit contribuer à augmenter la production annuelle du groupe à partir de 2028.

Selon les éléments disponibles, Fortuna viserait une production annuelle de plus de 500.000 onces d’or d’ici 2028, grâce à Diamba Sud et à l’expansion de la mine de Séguéla. Cette hausse représenterait environ 60 % de production supplémentaire par rapport au niveau actuel indiqué par la société.

Cette perspective reste conditionnée à plusieurs facteurs : décision finale d’investissement, obtention des autorisations restantes, maîtrise des coûts, disponibilité des équipements, prix de l’or et calendrier de mise en service.

Pour les investisseurs européens et belges qui suivent les valeurs minières aurifères, Diamba Sud illustre un point essentiel : une société minière ne dépend pas seulement du prix de l’or. Sa valeur dépend aussi de sa capacité à transformer une ressource souterraine en production rentable, dans les délais et avec des coûts maîtrisés.

Un projet à suivre jusqu’à la décision finale

L’économie de Diamba Sud apparaît robuste dans l’étude publiée par Fortuna Mining : VAN élevée, TRI de 60 %, remboursement rapide et coûts de production inférieurs à l’hypothèse de prix de l’or retenue.

Mais la prochaine étape sera décisive. Le passage de l’étude à la construction engage des capitaux importants et expose le projet aux risques classiques de l’industrie minière : inflation des coûts, retards, contraintes techniques et évolution du marché de l’or.

Diamba Sud est donc devenu l’un des principaux dossiers à suivre chez Fortuna Mining. Si le calendrier annoncé est respecté, le Sénégal pourrait accueillir une nouvelle mine d’or industrielle dès 2028, avec un impact direct sur la production du groupe et sur son exposition au cycle haussier du métal jaune.

Journaliste économique, Émilien s’intéresse aux usages industriels des métaux précieux et aux innovations technologiques qui façonnent leur avenir.

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