Près de 10 % de baisse en juin, puis un choc géopolitique dès début juillet : le marché de l’or entre dans une phase plus instable. Le cours du métal jaune devrait reprendre sa hausse si les risques budgétaires et géopolitiques continuent de peser sur les marchés financiers.

L’or pourrait rebondir après sa correction de juin

Le cours de l’or a reculé de près de 10 % en juin 2026, à 3 532,46 euros l’once. L’once, unité de référence sur le marché de l’or, correspond à environ 31,1 grammes.

Cette baisse s’explique par plusieurs facteurs confirmés : un ton plus ferme de la Réserve fédérale américaine, des prises de bénéfices et un apaisement partiel des tensions entre les États-Unis et l’Iran à la fin juin. La Réserve fédérale, ou Fed, est la banque centrale des États-Unis. Ses décisions sur les taux d’intérêt influencent fortement l’or, car un taux plus élevé rend les placements rémunérés plus attractifs face à un métal qui ne verse ni intérêt ni dividende.

Mais ce mouvement de recul pourrait ne pas durer. Depuis le 8 juillet, la rupture du cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran, annoncée par Donald Trump, a ravivé l’aversion au risque. Le pétrole a progressé de plus de 5 %, tandis que les taux souverains européens ont bondi. En France, l’OAT à 10 ans a atteint 3,90 %, son plus haut niveau depuis 2009. L’OAT est une obligation émise par l’État français ; son taux sert de baromètre du coût auquel la France emprunte sur les marchés.

Pourquoi les tensions géopolitiques soutiennent l’or

L’or est considéré comme une valeur refuge. Cela signifie qu’il est recherché lorsque les investisseurs craignent une crise financière, une guerre, une forte inflation ou une perte de confiance dans les monnaies.

Les tensions au Moyen-Orient jouent ici un rôle central. Une hausse du pétrole peut alimenter l’inflation, c’est-à-dire la hausse générale des prix. Elle peut aussi peser sur la croissance des pays importateurs d’énergie, dont la plupart des économies européennes. Dans ce contexte, les marchés actions deviennent plus fragiles et les investisseurs peuvent se tourner vers l’or pour réduire leur exposition au risque.

Le VIX, souvent appelé « indice de la peur », a également augmenté. Cet indicateur mesure la volatilité attendue sur les marchés américains. Une hausse du VIX traduit généralement une nervosité accrue des investisseurs.

La dette française renforce le risque budgétaire en Europe

Le soutien potentiel à l’or ne vient pas seulement du Moyen-Orient. Il vient aussi des finances publiques.

En France, la prévision de croissance pour 2026 a été abaissée à 0,7 %, contre 0,9 % auparavant. Dans le même temps, la dette publique devrait atteindre 118,7 % du PIB. Le PIB, ou produit intérieur brut, mesure la richesse produite par un pays sur une période donnée.

Le risque principal est l’« effet boule de neige » de la dette. Ce terme désigne une situation dans laquelle le coût de la dette augmente plus vite que la croissance économique. Résultat : même avec des efforts budgétaires, le poids de l’endettement peut continuer à progresser.

Ce point concerne aussi les épargnants belges et francophones. La France est l’une des grandes économies de la zone euro. Une tension sur ses obligations peut influencer les taux européens, l’euro et le climat d’investissement dans toute la région.

Les banques centrales restent un acteur clé

Les banques centrales figurent parmi les grands acteurs du marché de l’or. Elles achètent du métal jaune pour diversifier leurs réserves et limiter leur dépendance à certaines devises, notamment au dollar.

Si les tensions géopolitiques persistent et si les risques budgétaires s’aggravent, leur demande pourrait rester élevée. Cette demande institutionnelle peut soutenir les prix, surtout lorsque les investisseurs privés reviennent également sur le marché.

Pour un particulier, l’enjeu est différent. L’or physique — pièces, lingots ou lingotins — sert surtout à préserver du capital sur le long terme. Il ne doit pas être confondu avec un placement spéculatif de court terme. Le prix peut varier fortement, comme l’a montré la baisse de juin.

Un rebond probable, mais pas garanti

Le scénario d’une reprise de la hausse reste conditionnel. Certaines prévisions de marché publiées fin juin envisageaient encore une trajectoire plus faible pour l’or d’ici la fin 2026, autour de 4 000 dollars l’once selon différents modèles. Ces projections reposent toutefois sur des hypothèses économiques qui peuvent rapidement changer.

Le point décisif sera l’équilibre entre trois forces : les taux d’intérêt américains, le niveau du dollar et l’intensité des risques géopolitiques. Si les taux restent élevés, l’or peut être freiné. Si les tensions internationales et les inquiétudes budgétaires dominent, le métal jaune pourrait au contraire reprendre de la vigueur.

Après la correction de juin, l’or retrouve donc un terrain favorable : incertitude politique, dette élevée, pétrole en hausse et nervosité financière. Pour les investisseurs européens, le métal jaune redevient un indicateur à surveiller de près, autant qu’un outil possible de diversification patrimoniale.

Observateur des relations internationales, Thomas étudie l’influence des tensions géopolitiques et des politiques monétaires sur l’or.

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