4 435 dollars l’once : le cours de l’or a brièvement franchi ce seuil lors de la séance asiatique du 11 août 2026, après trois séances de progression. Ce rebond replace le métal jaune sur des niveaux plus vus depuis plusieurs semaines. Mais il reste fragile : la Réserve fédérale américaine, la Fed, maintient une ligne stricte face à une inflation encore supérieure à son objectif.

Pour les investisseurs belges et européens, l’enjeu est simple. L’or monte quand les marchés anticipent une baisse des taux, une croissance plus faible ou davantage d’incertitude. Il peut reculer si la Fed laisse entendre que les taux resteront élevés plus longtemps.

L’or profite d’un retour des achats

Le marché de l’or international a donc vu le prix de l’once atteindre environ 4 435 dollars le 11 août. Une once troy, l’unité de référence pour l’or, correspond à 31,103 grammes. Le prix coté en dollars est le repère mondial, même pour un acheteur européen, car l’or est principalement négocié dans cette devise.

Cette hausse intervient après plusieurs séances positives. Elle s’explique par les anticipations des investisseurs sur la politique monétaire américaine et par les derniers signaux économiques venus des États-Unis.

Le marché observe notamment le ralentissement de l’emploi américain. Le Bureau of Labor Statistics a indiqué que l’économie américaine avait détruit 23 000 emplois non agricoles en juillet 2026, tandis que le taux de chômage restait stable à 4,1 %. Les emplois non agricoles désignent les postes créés ou détruits hors secteur agricole. Cet indicateur est très suivi, car il donne une image de la vigueur de l’économie américaine.

La Fed reste le principal arbitre

Le 29 juillet, la Fed a maintenu son taux directeur dans une fourchette de 3,50 % à 3,75 %. Le taux directeur est le taux de référence qui influence le coût du crédit pour les banques, les entreprises et les ménages. La décision a été prise par neuf voix contre trois au sein du FOMC, le comité de politique monétaire de la Fed.

Ce vote montre un débat interne. Une partie des responsables monétaires pourrait être sensible au ralentissement de l’emploi. Mais l’inflation reste au-dessus de l’objectif de 2 %. Tant que cette hausse générale des prix ne revient pas clairement sous contrôle, la Fed peut conserver une posture stricte.

Pour l’or, cette situation est déterminante. Le métal jaune ne verse pas d’intérêt, contrairement à une obligation. Quand les taux restent élevés, détenir de l’or devient relativement moins attractif. À l’inverse, quand les marchés anticipent des baisses de taux, l’or peut regagner de l’attrait.

Les chiffres CPI et PPI peuvent déclencher la volatilité

Les prochaines données américaines seront donc cruciales. Le Bureau of Labor Statistics doit publier le Consumer Price Index, ou CPI, le 12 août 2026. Cet indice mesure l’évolution des prix payés par les consommateurs. Le Producer Price Index, ou PPI, attendu le 13 août, suit les prix reçus par les producteurs. Il peut signaler des pressions inflationnistes en amont de la chaîne économique.

Si ces indicateurs montrent une inflation persistante, les marchés pourraient réduire leurs attentes de baisse des taux. Dans ce scénario, la poussée de l’or vers 4 435 dollars serait menacée par un dollar plus ferme et des rendements obligataires plus élevés.

À l’inverse, des chiffres plus modérés renforceraient l’idée d’un assouplissement monétaire futur. Cela soutiendrait potentiellement le cours de l’or, surtout si le ralentissement de l’emploi se confirme.

Le pétrole ajoute une pression sur l’inflation

L’énergie reste un autre facteur de risque. Le Brent, référence européenne du pétrole brut, valait en moyenne 85 dollars le baril en juin 2026. L’Energy Information Administration américaine prévoit une baisse vers environ 74 dollars au troisième trimestre 2026, malgré un contexte géopolitique instable.

Le pétrole influence directement les coûts de transport, de production et de chauffage. Une hausse durable du Brent peut donc raviver l’inflation. Cela compliquerait la tâche de la Fed et pèserait indirectement sur l’or si les taux devaient rester élevés.

Des prévisions favorables, mais prudentes

Plusieurs projections spécialisées indiqueraient une tendance haussière modérée de l’or d’ici la fin 2026, avec des estimations comprises entre environ 4 534 et 4 892 dollars l’once. Ces scénarios dépendraient de la politique monétaire américaine, des achats des banques centrales émergentes et des tensions géopolitiques.

Ces prévisions doivent rester prudentes. Un cours de l’or élevé ne signifie pas une progression linéaire. Les investisseurs européens doivent aussi tenir compte du taux de change euro-dollar. Un or stable en dollars peut évoluer différemment en euros si la devise européenne varie.

Le seuil de 4 435 dollars confirme l’appétit pour l’or, mais la suite dépendra surtout de l’inflation américaine et du message de la Fed. Le métal jaune conserve son rôle de valeur de préservation du capital, mais son parcours à court terme reste suspendu aux chiffres des 12 et 13 août.

Spécialiste des marchés des matières premières, Lucas décrypte les cours de l’or et de l’argent à travers l’analyse technique et macroéconomique.

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