L’or reculerait ce vendredi 25 septembre et pourrait terminer la semaine dans le rouge. Le mouvement serait lié au renchérissement du pétrole, qui ravive les craintes d’inflation et les anticipations de taux directeurs plus élevés aux États-Unis.

Aucun niveau de cours précis n’a été communiqué dans les éléments disponibles. La direction du marché reste toutefois significative : lorsque les investisseurs anticipent une hausse des taux de la Réserve fédérale américaine (Fed), l’or subit souvent une pression à court terme.

Pourquoi le pétrole pèse sur l’or

Une hausse du pétrole peut faire remonter les anticipations d’inflation. Le pétrole entre dans les coûts de transport, de production et de nombreux biens de consommation. Son renchérissement peut donc alimenter une inflation plus persistante.

Face à ce risque, les marchés peuvent parier sur une politique monétaire plus stricte de la Fed. Les taux directeurs sont les taux auxquels la banque centrale américaine influence le coût du crédit dans l’économie. Lorsqu’ils augmentent, les rendements des obligations et des placements monétaires ont tendance à devenir plus attractifs.

L’or, à l’inverse, ne verse ni intérêt ni dividende. Des rendements plus élevés augmentent donc son « coût d’opportunité » : détenir du métal peut sembler moins intéressant que placer des liquidités ou acheter des obligations rémunérées. Cette relation n’est pas mécanique, mais elle explique une part importante des réactions de court terme du marché.

Des anticipations de Fed déjà très sensibles

Le lien entre énergie, taux américains et or avait déjà marqué les marchés au cours de l’année. Fin juin, les investisseurs anticipaient alors, de façon probable, trois relèvements de taux de la Fed avant la fin de 2026, avec une probabilité estimée autour de 64 % pour une première hausse dès septembre.

Ces anticipations avaient accompagné une forte correction du métal jaune : l’once, unité de référence équivalant à environ 31,1 grammes, évoluait alors autour de 3 985 dollars, après un recul mensuel proche de 12 % selon les données rapportées par la source disponible.

Fin août, l’or se situait de nouveau autour de 4 600 dollars l’once, soutenu notamment par un dollar plus faible, les préoccupations liées à la dette américaine ainsi que la demande des investisseurs et des banques centrales. Mais la progression du pétrole figurait déjà parmi les facteurs susceptibles de limiter ce rebond.

Ce que les épargnants belges doivent surveiller

Pour un acheteur ou un vendeur en Belgique, le cours international en dollars n’est qu’une partie de l’équation. Le prix final dépend aussi du taux de change euro-dollar, de la prime appliquée aux pièces ou lingots et de la marge du professionnel.

Une baisse hebdomadaire ne suffit pas, à elle seule, à renverser une tendance de fond. Elle rappelle toutefois que l’or peut rester volatil lorsque les perspectives de taux américains évoluent rapidement.

Les prochaines données sur l’inflation, les cours de l’énergie et les signaux de la Fed devraient donc être suivis de près. Elles détermineront si le repli actuel reste une simple phase de consolidation ou s’il ouvre une correction plus durable du métal jaune.

Spécialiste des marchés des matières premières, Lucas décrypte les cours de l’or et de l’argent à travers l’analyse technique et macroéconomique.

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