63,30 dollars : ce niveau devient le seuil à surveiller pour le cours de l’argent après la correction engagée le 11 août 2026. Le prix de l’once d’argent est tombé sous 64,50 dollars, après avoir échoué à franchir la zone des 66,60 dollars. Ce recul intervient dans un marché nerveux, marqué par le blocage des discussions entre les États-Unis et l’Iran sur le détroit d’Ormuz, ainsi que par une Réserve fédérale américaine plus restrictive.

Le cours de l’argent corrige après un échec sous 66,60 dollars

Le marché de l’argent a basculé en phase de correction le 11 août. Le cours de l’once, c’est-à-dire le prix d’une once troy d’argent d’environ 31,1 grammes, a chuté sous 64,50 dollars après avoir buté sur une résistance à 66,60 dollars.

Une résistance désigne un niveau de prix où les vendeurs reprennent souvent la main. Lorsque le cours échoue à dépasser cette zone, certains investisseurs y voient un signal de faiblesse à court terme.

La correction actuelle s’explique aussi par un contexte moins favorable aux actifs sensibles aux taux. Une Fed plus restrictive signifie que la banque centrale américaine maintient, ou laisse anticiper, des taux d’intérêt élevés afin de lutter contre l’inflation. Des taux élevés renforcent souvent le dollar et peuvent peser sur les métaux précieux libellés en dollars, dont l’argent.

Le support de 63,30 dollars devient le point clé

Le niveau technique majeur se situe désormais à 63,30 dollars l’once. Un support est une zone où les acheteurs peuvent revenir sur le marché. Il sert souvent de repère pour mesurer la solidité d’une tendance.

Si ce support tenait, le cours de l’argent pourrait stabiliser sa correction. En revanche, une cassure nette sous 63,30 dollars ouvrirait la voie à un repli vers 61,00 dollars, selon l’analyse technique disponible.

Cette lecture repose notamment sur une figure appelée épaule-tête-épaule. En analyse graphique, cette configuration est généralement interprétée comme un signal de retournement baissier : le marché forme trois sommets, dont celui du milieu est le plus élevé, avant de rompre une ligne de soutien.

À la hausse, la résistance importante est située à 71,38 dollars, niveau associé à la moyenne mobile à 200 jours. Cette moyenne correspond au prix moyen des 200 dernières séances. Elle aide à distinguer une tendance longue : au-dessus, le marché paraît plus solide ; en dessous, il reste plus vulnérable.

Le détroit d’Ormuz entretient la nervosité

Le contexte géopolitique ajoute de la pression. Les négociations entre Washington et Téhéran sur la réouverture du détroit d’Ormuz restent sans accord depuis le début août. Ce passage maritime est stratégique pour le pétrole mondial.

Le blocage diplomatique contribue à la hausse des prix du pétrole. Une énergie plus chère peut alimenter les tensions inflationnistes. Pour les marchés, cela complique les anticipations de politique monétaire : si l’inflation reste élevée, la Fed peut conserver une posture stricte plus longtemps.

Pour l’argent, l’effet est ambigu. Le métal peut bénéficier de son statut de valeur refuge en période d’incertitude. Mais il souffre aussi d’un dollar fort et de taux élevés. Cette double nature explique la volatilité actuelle.

Les prévisions restent contrastées pour la fin 2026

À moyen terme, les projections disponibles ne livrent pas un signal unique. LongForecast prévoirait une reprise du cours de l’argent entre août et décembre 2026, avec un prix qui débuterait à 72,12 dollars en août, culminerait à 76,59 dollars en septembre, puis clôturerait à 72,54 dollars en décembre. Cette trajectoire représenterait une hausse d’environ 13,8 % par rapport à un niveau proche de 63,84 dollars.

WalletInvestor adopterait une vision plus modérée. Le cours évoluerait en 2026 entre environ 57,71 et 73,89 dollars, avec une clôture estimée à 68,93 dollars en décembre. La hausse serait alors plus limitée, autour de 9,3 % depuis août, avec des fluctuations mensuelles.

Ces prévisions doivent être lues avec prudence. Elles reposent sur des modèles quantitatifs ou historiques, et non sur une certitude de marché. Elles ne remplacent pas l’observation des niveaux techniques immédiats, notamment les 63,30 dollars.

Ce que les investisseurs belges doivent surveiller

Pour un investisseur belge ou européen, le cours de l’argent en dollars ne suffit pas. Le taux de change euro-dollar influence aussi le prix réel payé en euros. Une hausse du dollar peut rendre l’argent plus cher en Europe, même si le cours en dollars stagne.

Les acheteurs de pièces, lingots ou produits liés à l’argent doivent donc surveiller trois éléments : le support de 63,30 dollars, l’évolution du dollar et les décisions de la Fed. Les vendeurs, eux, suivront surtout la capacité du métal à repasser au-dessus de 66,60 dollars, puis à viser la zone des 71,38 dollars.

À plus long terme, certaines projections restent très optimistes. CoinPriceForecast estime que l’argent pourrait dépasser 227 dollars en 2030 puis 395 dollars en 2035, porté par la demande industrielle et son rôle de valeur refuge. Ce scénario demeure spéculatif et suppose une hausse durable de la demande, notamment dans les technologies, l’énergie solaire et l’électrification.

À court terme, la question centrale reste simple : tant que l’argent reste sous 66,60 dollars, le marché conserve un biais fragile. Le test des 63,30 dollars dira si la correction s’arrête ou si une baisse vers 61 dollars devient le prochain scénario.

Spécialiste des marchés des matières premières, Lucas décrypte les cours de l’or et de l’argent à travers l’analyse technique et macroéconomique.

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