Neuf séances de hausse d’affilée : il suffirait au CAC 40 de clôturer dans le vert ce mardi pour signer une série rare depuis plusieurs mois. À Paris, les investisseurs surveillent surtout les prochains indicateurs d’inflation aux États-Unis, capables d’influencer les taux d’intérêt, le dollar, l’or et les actions européennes.

Le CAC 40 attend le signal de l’inflation américaine

Le CAC 40, principal indice de la Bourse de Paris composé de quarante grandes capitalisations françaises, tenterait ce 11 août 2026 d’aligner une neuvième séance consécutive de progression. Une « séance en hausse » signifie que l’indice termine la journée au-dessus de son niveau de clôture précédent.

Le mouvement intervient dans un marché relativement calme. La dynamique reste toutefois suspendue aux données d’inflation américaines. L’inflation mesure la hausse générale des prix. Si elle ralentit, les marchés peuvent anticiper des taux d’intérêt plus bas. Si elle repart, les banques centrales peuvent maintenir des taux élevés plus longtemps.

Pour les investisseurs européens, y compris belges, l’enjeu est double : les actions peuvent bénéficier d’un contexte monétaire plus favorable, tandis que l’or réagit souvent fortement aux variations des taux réels. Les taux réels correspondent aux taux d’intérêt corrigés de l’inflation. Plus ils sont bas, plus l’or devient attractif, car le métal jaune ne verse ni coupon ni dividende.

L’or corrige, mais reste proche de niveaux élevés

Sur le marché international, l’or recule de 0,5 % autour de 4 370 dollars l’once ce mardi, après une progression hebdomadaire de 7,3 %, sa meilleure performance depuis janvier 2026. L’once, unité de référence du marché de l’or, correspond à une once troy, soit environ 31,1 grammes.

Ce repli ressemble à une correction technique. Une correction désigne une baisse après une forte hausse, sans nécessairement remettre en cause la tendance de fond. Autrement dit, certains investisseurs prennent leurs bénéfices après une montée rapide des cours.

Le prix de l’or évolue aussi autour de 4 400 dollars, après avoir atteint un pic historique de 5 595,42 dollars le 29 janvier 2026. Malgré la baisse depuis ce sommet, le métal jaune reste à un niveau élevé. Il conserve son rôle de valeur refuge, c’est-à-dire un actif recherché lorsque les investisseurs craignent l’inflation, les crises géopolitiques ou l’instabilité monétaire.

Pour un acheteur belge ou européen, le prix affiché en dollars ne suffit pas. Le cours doit être converti en euros. L’évolution du taux de change euro-dollar peut donc amplifier ou réduire la variation réelle du prix payé en Belgique.

Le pétrole remonte avec les tensions autour de l’Iran

Le Brent progresse de 0,5 % à 88 dollars le baril. Le Brent est la référence européenne du pétrole brut, utilisée comme prix indicatif pour une grande partie du marché mondial.

Cette hausse intervient sur fond de blocage diplomatique entre les États-Unis et l’Iran. Les discussions portent notamment sur un accord de paix et sur la réouverture du détroit d’Ormuz, un passage maritime stratégique pour les exportations d’énergie. Tony Sycamore, analyste chez IG, décrit ce contexte comme une « guerre d’usure ».

La hausse du pétrole peut peser sur les marchés actions si elle ravive les craintes d’inflation. Un baril plus cher augmente les coûts de transport, d’industrie et d’énergie. Cela peut aussi soutenir l’or, car une inflation persistante renforce souvent l’attrait des actifs tangibles.

Wall Street marque une pause avant Paris

La veille, Wall Street a terminé légèrement en baisse. Le Dow Jones a perdu 0,11 %, le S&P 500 0,05 % et le Nasdaq 0,32 %. Ces mouvements restent limités, mais ils signalent une phase de prudence après des records récents.

Les marchés américains restent sensibles aux tensions au Moyen-Orient et au prix du pétrole. Cette prudence peut se transmettre aux places européennes, même si le CAC 40 conserverait pour l’instant une dynamique favorable.

Les prévisions sur l’or restent contrastées

Les anticipations pour la fin de 2026 divergeraient selon les analystes. WalletInvestor évoquerait une fourchette comprise entre 4 305 et 4 892 dollars l’once, tandis que LongForecast retiendrait un scénario autour de 4 543 dollars en décembre 2026.

Ces prévisions doivent être lues avec prudence. Le prix de l’or dépend de plusieurs facteurs : inflation, taux d’intérêt, dollar, achats des banques centrales, tensions géopolitiques et demande des investisseurs.

Les banques centrales de pays émergents, notamment en Chine, en Inde et en Russie, accumuleraient aussi davantage d’or dans une logique de dédollarisation. La dédollarisation consiste à réduire la dépendance au dollar dans les réserves officielles. Cette demande institutionnelle pourrait constituer un soutien structurel pour le métal jaune.

Ce que les investisseurs doivent surveiller

À court terme, le marché se concentre sur trois signaux : la clôture du CAC 40, l’inflation américaine et l’évolution du pétrole. Une neuvième hausse parisienne renforcerait la confiance boursière. Une tension prolongée sur le Brent pourrait au contraire réveiller les inquiétudes inflationnistes.

Pour l’or, le recul du jour ne change pas le message principal : le métal jaune reste très surveillé dans un environnement où les marchés actions montent, mais où les risques géopolitiques et monétaires n’ont pas disparu.

Spécialiste des marchés des matières premières, Lucas décrypte les cours de l’or et de l’argent à travers l’analyse technique et macroéconomique.

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