À 4 300 dollars l’once au comptant vendredi 25 septembre, l’or semblait se diriger vers un repli sur l’ensemble de la semaine. La hausse des rendements des obligations du Trésor américain et les attentes d’une nouvelle hausse des taux de la Réserve fédérale américaine (Fed) détourneraient une partie des investisseurs du métal précieux.
Les contrats à terme sur l’or, qui permettent d’acheter ou de vendre le métal à un prix fixé pour une livraison future, s’échangeaient autour de 4 336 dollars l’once à 14 h 38. Ces données restaient toutefois susceptibles d’évoluer avant la clôture des marchés.
Des obligations plus attractives que l’or
Le mouvement s’expliquerait d’abord par la remontée des rendements des bons du Trésor américain. Le rendement correspond au revenu annuel qu’un investisseur obtient en détenant une obligation, rapporté à son prix.
Lorsque ces rendements progressent, les titres obligataires deviennent généralement plus séduisants pour les investisseurs en quête de revenus réguliers. L’or, à l’inverse, ne verse ni intérêt ni dividende : sa détention ne procure pas de revenu courant. Son attrait relatif peut donc diminuer lorsque les placements obligataires offrent une rémunération plus élevée.
Les anticipations de relèvement des taux directeurs de la Fed renforceraient ce mécanisme. Les taux directeurs sont les taux de référence fixés par une banque centrale. Ils influencent notamment le coût du crédit, les rendements obligataires et l’ensemble des conditions financières.
Une pression liée au coût d’opportunité
Cette situation illustre le coût d’opportunité de l’or. Ce terme désigne le rendement auquel un épargnant renonce en choisissant un actif plutôt qu’un autre. Acheter de l’or physique ou s’exposer au métal via un produit financier peut paraître moins avantageux si les obligations américaines proposent des taux plus élevés.
La relation n’est cependant pas automatique. L’or peut aussi être soutenu par d’autres facteurs, notamment les tensions géopolitiques, les risques sur les marchés actions, les achats des banques centrales ou les craintes d’inflation. À court terme, le marché semble néanmoins surtout réagir aux perspectives de politique monétaire américaine.
Quel effet pour les acheteurs belges ?
Pour un épargnant belge ou européen, le prix affiché en dollars n’est pas le seul élément à surveiller. Le cours local de l’or dépend également du taux de change entre l’euro et le dollar, ainsi que des primes appliquées par les négociants sur les lingots et les pièces.
Un recul du cours international peut créer une fenêtre d’achat, mais il ne garantit pas que le prix en euros baisse dans les mêmes proportions. Avant toute décision, il reste utile de comparer le prix au gramme, la prime et le prix de rachat proposé.
La baisse hebdomadaire envisagée rappelle ainsi que l’or reste très sensible aux taux américains. Les prochaines indications de la Fed et l’évolution des rendements obligataires devraient continuer à orienter le marché du métal jaune.



