4 000 dollars l’once : ce seuil reste le point d’équilibre du marché de l’or, malgré une séquence géopolitique tendue dans le Golfe et une décision très attendue de la Réserve fédérale américaine. Après un plus bas de plus d’une semaine, le cours de l’or s’est stabilisé mercredi 29 juillet 2026 juste au-dessus de ce niveau symbolique.
Cette pause intervient sur les marchés financiers mondiaux après une phase baissière. Le métal jaune bénéficie d’un dollar américain moins vigoureux et d’un regain d’intérêt pour les actifs jugés protecteurs. Mais les investisseurs restent prudents avant la décision du FOMC, le comité de politique monétaire de la Fed.
L’or défend le seuil des 4 000 dollars
Le cours de l’or évolue autour de 4 000 dollars l’once. Une once troy, l’unité internationale utilisée pour coter l’or, correspond à environ 31,1 grammes.
Ce niveau constitue un seuil psychologique. Dans le langage des marchés, il s’agit d’un prix rond et très surveillé, susceptible d’influencer les comportements d’achat ou de vente. Lorsque l’or se maintient au-dessus d’un tel seuil, certains investisseurs y voient un signe de résistance. À l’inverse, une cassure nette peut déclencher des ventes automatiques ou renforcer la nervosité.
La stabilisation actuelle ressemble à une consolidation. Ce terme désigne une phase de pause après un mouvement marqué, ici une baisse récente. Le marché attend un nouveau signal avant de choisir une direction plus claire.
Les tensions Iran-USA soutiennent la demande de valeurs refuges
Le facteur géopolitique reste central. Le 28 juillet, le Corps des Gardiens de la révolution islamique iranien a tiré plusieurs missiles balistiques sur des positions américaines dans la région du Golfe. D’après le Commandement central américain, le Centcom, tous les missiles ont été interceptés, sans pertes humaines ni dommages significatifs.
Ce type d’événement favorise traditionnellement l’or. Le métal jaune est considéré comme une valeur refuge : un actif vers lequel les investisseurs se tournent lorsque les risques politiques, militaires ou financiers augmentent. L’or ne dépend pas de la solvabilité d’un État ou d’une entreprise, ce qui renforce son attrait dans les périodes de stress.
La situation reste toutefois contrastée. Washington a suspendu ses opérations militaires contre l’Iran pour privilégier la diplomatie. Téhéran s’est engagé à respecter cette trêve en l’absence de nouvelles offensives américaines. Cet apaisement a rassuré une partie des marchés, mais il demeure fragile.
Le pétrole ravive le risque d’inflation
La tension dans le Golfe se transmet aussi au marché pétrolier. Le WTI, référence américaine du pétrole brut, a progressé de près de 4 % pour atteindre environ 81 dollars le baril. Cette hausse reflète les craintes d’une perturbation des flux pétroliers dans la région.
Le Brent, autre référence internationale du pétrole, avait reculé de 11 % après les premiers signes de trêve. Mais la remontée du WTI rappelle que le risque énergétique n’a pas disparu.
Pour l’or, l’inflation joue un rôle important. Lorsque les prix de l’énergie montent, les coûts de production et de transport peuvent augmenter, ce qui alimente les anticipations d’inflation. L’or est parfois recherché comme protection contre la perte de pouvoir d’achat des monnaies. Mais cette relation n’est pas automatique : elle dépend aussi des taux d’intérêt et du dollar.
La Fed détient le prochain signal
Le principal rendez-vous de court terme reste la décision du FOMC. Le FOMC, ou Federal Open Market Committee, est le comité de la Réserve fédérale américaine chargé de fixer l’orientation de la politique monétaire. Il décide notamment des taux directeurs, c’est-à-dire les taux d’intérêt de référence qui influencent le coût du crédit dans l’économie.
Les investisseurs attendent un statu quo sur les taux. L’attention portera surtout sur le ton du communiqué et sur les projections économiques. Si la Fed insiste sur le risque d’inflation, les marchés pourraient anticiper des taux élevés plus longtemps. Cela peut peser sur l’or, car le métal jaune ne verse ni intérêt ni dividende.
À l’inverse, un discours plus prudent sur la croissance ou plus ouvert à un assouplissement monétaire pourrait soutenir l’or. Des taux attendus plus bas réduisent le coût d’opportunité de la détention d’or, c’est-à-dire le manque à gagner par rapport à un placement rémunéré.
Dollar, taux et géopolitique : un équilibre instable
Le dollar reste un autre facteur clé. L’or étant coté en dollars sur les marchés internationaux, un billet vert moins vigoureux rend le métal moins coûteux pour les acheteurs utilisant l’euro ou d’autres devises. Cela peut soutenir la demande.
Pour les investisseurs européens et belges, la lecture du cours en euros reste essentielle. Un or stable en dollars peut évoluer différemment en euros si le taux de change euro-dollar varie. Le prix affiché en dollars ne suffit donc pas à mesurer le gain ou la perte réelle d’un acheteur en zone euro.
À ce stade, le marché de l’or répond à trois forces : la prudence avant la Fed, le soutien lié aux tensions Iran-USA et l’évolution du dollar. Le seuil des 4 000 dollars tient, mais la prochaine impulsion dépendra probablement du message monétaire américain autant que de la stabilité de la trêve dans le Golfe.


