3 731,8 euros l’once : l’or recule de 1,03 % sur 24 heures ce 11 septembre. Ce mouvement quotidien ne fait pas disparaître les facteurs de tension qui entourent les marchés mondiaux. Le dollar se raffermit, les actions reculent et les métaux précieux corrigent après plusieurs séances de hausse.

L’once, unité de référence des métaux précieux, équivaut à environ 31,1 grammes. Pour un épargnant belge ou européen, le cours exprimé en euros est particulièrement important : il reflète à la fois le prix international de l’or, généralement coté en dollars, et l’évolution du taux de change entre l’euro et le dollar.

Le dollar pèse sur le cours de l’or

Le Dollar Index, indicateur qui mesure la valeur du dollar face à un panier de grandes devises, progresse de 0,27 % à 99,11 points. Cette hausse exerce habituellement une pression sur l’or.

L’explication est mécanique. L’or étant principalement négocié en dollars sur les marchés internationaux, un billet vert plus cher peut rendre le métal moins accessible aux acheteurs utilisant d’autres monnaies. La demande peut alors ralentir à court terme.

La baisse observée semble également s’inscrire dans un mouvement de prises de bénéfices. Cette expression désigne les ventes réalisées par des investisseurs qui cherchent à sécuriser les gains accumulés après une phase de hausse. Une correction ponctuelle ne signifie donc pas, à elle seule, un retournement durable de tendance.

L’argent chute davantage, les actions restent sous pression

L’argent affiche un recul plus marqué : son once est donnée à 54,75 euros, soit une baisse de 3 % sur la journée. Ce métal est souvent plus volatil que l’or, car son prix dépend à la fois de son rôle de valeur refuge et de ses usages industriels.

Sur les marchés actions, le CAC 40 abandonne 1,96 % durant la séance. Ce recul traduit une nervosité accrue des investisseurs. Dans ce type de contexte, l’or peut conserver un rôle de diversification : il ne produit pas de revenu, contrairement à une obligation, mais il est recherché par certains investisseurs comme actif tangible, c’est-à-dire comme un bien physique qui ne dépend pas directement de la solidité financière d’un émetteur.

La séance illustre ainsi une tension contradictoire : le dollar et les prises de bénéfices freinent l’or, tandis que l’aversion au risque sur les actions peut soutenir sa demande.

Des soutiens structurels à surveiller

À plus long terme, les banques centrales demeurent un élément important du marché. Elles auraient ajouté 1 136 tonnes d’or à leurs réserves en 2022, un niveau record d’après le World Gold Council. Ces achats s’expliqueraient notamment par une volonté de diversifier les réserves monétaires face aux incertitudes liées au dollar et aux obligations souveraines américaines.

En Europe, les déséquilibres des finances publiques restent aussi suivis de près. La dette publique française atteindrait 118,5 % du produit intérieur brut, tandis que le déficit public se serait établi à 5,1 % du PIB au premier trimestre 2026, d’après les données citées de l’Insee. Ces indicateurs ne déterminent pas directement le prix de l’or, mais ils nourrissent les interrogations sur la dette et les monnaies à long terme.

L’inflation de la zone euro serait restée limitée à 0,7 % sur un an en décembre 2025, selon les chiffres attribués à Eurostat, tandis que les taux directeurs de la Banque centrale européenne seraient à 2,65 %. Les taux directeurs sont les taux auxquels la banque centrale influence le coût du crédit dans l’économie. Des taux élevés peuvent réduire l’attrait de l’or, qui ne verse ni intérêt ni dividende.

Un repli à replacer dans son contexte

Pour les particuliers, le mouvement du jour rappelle qu’un achat d’or ne devrait pas être décidé sur la seule variation d’une séance. Le prix payé pour de l’or physique dépend aussi de la prime, c’est-à-dire l’écart entre le cours du métal et le prix final d’une pièce ou d’un lingot, ainsi que des frais éventuels.

Le repli à 3 731,8 euros l’once met surtout en évidence l’équilibre fragile des marchés : un dollar plus solide peut faire baisser l’or à court terme, mais les turbulences boursières, les tensions géopolitiques et les préoccupations monétaires continuent d’alimenter son statut de valeur refuge.

Spécialiste des marchés des matières premières, Lucas décrypte les cours de l’or et de l’argent à travers l’analyse technique et macroéconomique.

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