Deux tonnes peuvent sembler modestes à l’échelle du marché mondial de l’or. Pour la Bolivie, cet achat constitue toutefois un signal : la banque centrale privilégie progressivement le métal jaune afin de renforcer ses avoirs extérieurs.

La Banque centrale de Bolivie (BCB), établie à La Paz, a annoncé l’acquisition d’une tonne d’or au cours du mois. Le total de ses achats atteindrait ainsi deux tonnes depuis janvier 2025.

L’objectif affiché est de renforcer les réserves de change du pays dans un contexte marqué par une inflation intérieure élevée et une pénurie persistante de dollars.

Transformer l’or local en réserve officielle

Une réserve de change regroupe les actifs détenus par une banque centrale en devises étrangères, en or et parfois en autres instruments financiers. Elle aide un pays à régler ses importations, à honorer des paiements internationaux et à soutenir sa monnaie en période de tension.

La Bolivie aurait notamment recours à des rachats d’or issu de sa production nationale. L’or acheté auprès de producteurs locaux serait ensuite intégré aux réserves officielles de la BCB. Cette méthode permettrait au pays d’accroître ses avoirs en métal sans devoir dépendre systématiquement des marchés internationaux ou mobiliser davantage de dollars.

L’or présente une caractéristique recherchée par les banques centrales : il ne correspond pas à la dette d’un autre État ou d’une autre institution. À la différence de réserves placées en dollars, en euros ou en obligations étrangères, sa valeur ne dépend pas directement de la capacité d’un émetteur à rembourser.

Une diversification face au manque de dollars

L’accumulation d’or ne résout pas, à elle seule, une pénurie de devises. Le métal ne sert pas directement à payer une facture internationale : il doit d’abord être vendu, prêté ou utilisé comme garantie. Il peut néanmoins améliorer la composition des réserves et offrir un actif liquide, c’est-à-dire plus facilement mobilisable en cas de besoin.

Les achats boliviens s’inscriraient dans une tendance plus large observée en Amérique latine : plusieurs banques centrales chercheraient à diversifier leurs réserves et à réduire leur exposition exclusive au dollar américain. Cette démarche est souvent désignée par le terme de dé-dollarisation, qui ne signifie pas l’abandon immédiat du billet vert, mais une diminution graduelle de sa part dans les avoirs officiels.

Pour les épargnants européens, ce mouvement rappelle le rôle particulier de l’or : il ne procure ni intérêt ni dividende, mais il peut compléter une stratégie de préservation du capital lorsque les monnaies, l’inflation ou la confiance dans les actifs financiers sont fragilisées.

Avec deux tonnes achetées depuis 2025, la Bolivie reste un acteur discret du marché officiel. Sa démarche illustre néanmoins l’intérêt persistant des banques centrales pour l’or comme actif de réserve.

Observateur des relations internationales, Thomas étudie l’influence des tensions géopolitiques et des politiques monétaires sur l’or.

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