57 dollars l’once : le seuil a cédé. Le cours de l’argent a franchi à la baisse ce niveau le 29 juin 2026, sur fond d’anticipations d’un nouveau durcissement monétaire de la Réserve fédérale américaine, la Fed. Ce mouvement pèse sur l’ensemble des métaux précieux, déjà fragilisés par la vigueur du dollar.
L’argent recule sous la pression de la Fed
Le métal argenté, aussi appelé argent métal ou métal gris, est passé sous 57 dollars l’once lundi 29 juin. L’once troy est l’unité de référence des métaux précieux sur les marchés internationaux. Elle équivaut à environ 31,1 grammes.
La cause principale vient des attentes autour de la Fed. La Réserve fédérale américaine est la banque centrale des États-Unis. Elle fixe notamment ses taux directeurs, c’est-à-dire le coût de l’argent à court terme pour les banques. Quand ces taux montent, le crédit devient plus cher et l’activité économique peut ralentir. C’est ce que les marchés appellent un resserrement monétaire ou un tour de vis monétaire.
Dans le cas présent, les investisseurs anticipent une hausse plus agressive des taux pour freiner l’inflation américaine. L’inflation désigne la hausse générale des prix. Pour la combattre, une banque centrale peut relever ses taux afin de réduire la demande.
Pourquoi un dollar fort pénalise l’argent
L’argent, comme l’or, est coté principalement en dollars sur les marchés mondiaux. Un actif « libellé en dollars » signifie que son prix de référence est exprimé dans cette devise.
Lorsque les marchés anticipent des taux américains plus élevés, le dollar tend à se renforcer. Les investisseurs peuvent alors privilégier les placements rémunérés en dollars, comme certaines obligations américaines. Une obligation est un titre de dette qui verse généralement un intérêt.
Un dollar plus fort rend aussi l’argent plus cher pour les acheteurs qui utilisent l’euro ou d’autres devises. Cela peut réduire la demande mondiale et accentuer la baisse du prix.
Le mécanisme est donc double : le dollar monte, et les métaux précieux sans rendement direct deviennent moins attractifs face aux placements rémunérés. L’argent ne verse ni coupon ni dividende. Sa performance dépend uniquement de l’évolution de son prix.
L’or subit le même mouvement
Le recul de l’argent s’inscrit dans une tendance plus large sur les métaux précieux. Au 26 juin 2026, l’or au comptant s’établissait autour de 4 027,91 dollars l’once, en baisse de 3,2 % sur la semaine. L’or au comptant correspond au prix pour une livraison immédiate ou quasi immédiate.
Le métal jaune se dirigeait alors vers une quatrième semaine consécutive de baisse, également sous l’effet du dollar fort et des anticipations de resserrement monétaire de la Fed. Début juin, le prix de l’or était passé sous le seuil psychologique des 4 000 dollars l’once. Un seuil psychologique désigne un niveau de prix surveillé par les investisseurs, car il peut influencer les comportements d’achat ou de vente.
Cette corrélation entre or et argent n’est pas automatique, mais elle est fréquente lorsque le facteur dominant est monétaire. L’argent possède aussi une forte dimension industrielle, notamment dans l’électronique, le solaire et certaines applications médicales. Mais, dans l’immédiat, le marché réagit surtout aux taux américains et au dollar.
Quel signal pour les investisseurs européens ?
Pour un investisseur belge ou européen, la baisse de l’argent en dollars ne se traduit pas toujours de manière identique en euros. Si l’euro recule face au dollar, une partie de la baisse peut être compensée une fois le prix converti en euros. À l’inverse, un euro plus fort amplifierait la correction pour un acheteur européen.
Cette chute sous 57 dollars rappelle donc l’importance de suivre deux variables : le prix international de l’argent et le taux de change euro-dollar. Le taux de change indique combien une devise vaut par rapport à une autre.
À court terme, le marché restera probablement sensible aux signaux de la Fed sur ses prochaines décisions. Pour l’argent, la question centrale est désormais simple : le repli sous 57 dollars marque-t-il une correction temporaire ou le début d’une pression plus durable sur les métaux précieux ?


