4 323 dollars l’once : l’or se maintient sur des niveaux élevés au 17 août 2026, porté par un changement rapide des anticipations sur les taux américains. Pour les investisseurs européens, le mouvement est aussi visible en euros : début août, le cours est passé d’environ 3 520 euros à près de 3 773 euros l’once.
L’or progresse avec le recul du dollar
Les cours de l’or progressent à la mi-août 2026 sur les marchés mondiaux. Le mouvement s’explique d’abord par la faiblesse du dollar américain. Comme l’or est coté principalement en dollars, un billet vert plus faible rend le métal moins cher pour les acheteurs utilisant d’autres devises, comme l’euro. Cette mécanique peut soutenir la demande.
Le prix de référence se situe autour de 4 323 dollars l’once. L’once utilisée sur le marché de l’or est l’once troy, soit environ 31,1 grammes. C’est l’unité internationale de cotation du métal jaune.
La progression est nette depuis le début du mois. Entre le 3 et le 10 août 2026, l’or a gagné environ 7 % en euros et 8 % en dollars. Le cours est passé d’environ 3 520 euros à près de 3 773 euros l’once, soit environ 4 326 dollars. Cette hausse a marqué une rupture avec la tendance baissière précédente.
La Fed revient au centre du marché
Le principal déclencheur vient des États-Unis. Des chiffres décevants sur l’emploi américain ont modifié les attentes des marchés financiers. Les investisseurs anticipent désormais une pause prolongée dans la hausse des taux de la Réserve fédérale américaine, la Fed, voire des baisses de taux à venir.
La Fed est la banque centrale des États-Unis. Ses décisions de taux influencent le coût du crédit, le niveau du dollar et l’appétit pour les actifs financiers. Quand les taux montent, les placements rémunérés, comme les obligations, deviennent plus attractifs. À l’inverse, quand les taux baissent ou sont attendus en baisse, l’or retrouve de l’intérêt.
La raison est simple : l’or ne verse ni intérêt ni dividende. Son coût d’opportunité diminue quand les rendements des autres placements reculent. Le coût d’opportunité désigne ce à quoi un investisseur renonce en choisissant un actif plutôt qu’un autre.
Les taux réels soutiennent le métal jaune
Les investisseurs surveillent surtout les taux réels. Il s’agit des taux d’intérêt corrigés de l’inflation. Par exemple, si un taux nominal est de 4 % et que l’inflation est de 3 %, le taux réel est proche de 1 %.
Lorsque les taux réels baissent, l’or tend à devenir plus attractif. Le métal jaune est alors davantage recherché comme réserve de valeur, c’est-à-dire comme actif destiné à préserver le pouvoir d’achat dans le temps.
La hausse actuelle repose donc sur un double moteur : un dollar plus faible et des anticipations de politique monétaire moins restrictive aux États-Unis. Une politique monétaire restrictive correspond à une stratégie de banque centrale visant à freiner l’économie, généralement par des taux élevés, afin de lutter contre l’inflation.
Les banques centrales restent un soutien de fond
Au-delà du mouvement de court terme, la demande des banques centrales continue de soutenir le marché. Ces institutions achètent de l’or pour diversifier leurs réserves, réduire leur dépendance au dollar et renforcer la crédibilité de leurs bilans.
Ce mouvement est souvent décrit comme une dynamique de dédollarisation. Le terme désigne la volonté de certains États ou institutions de réduire la part du dollar dans leurs réserves ou leurs échanges internationaux. L’or profite de cette tendance car il n’est la dette d’aucun État et ne dépend pas directement d’une monnaie nationale.
UBS prévoirait que le prix de l’or pourrait atteindre environ 5 000 dollars l’once au premier semestre 2027. Cette hypothèse reposerait sur la baisse des taux réels, la faiblesse du dollar et une demande élevée des banques centrales. Les achats de ces dernières pourraient atteindre environ 750 à 1 000 tonnes en 2026.
Ces projections restent à prendre avec prudence. Elles dépendent de variables mouvantes : inflation, décisions de la Fed, croissance américaine, tensions géopolitiques et comportement du dollar.
Une hausse qui n’exclut pas la volatilité
Le marché de l’or reste volatil. La volatilité désigne l’ampleur des variations de prix sur une période donnée. Plus elle est forte, plus les mouvements peuvent être rapides, à la hausse comme à la baisse.
Plusieurs facteurs continuent de soutenir le métal jaune : la demande des banques centrales, les tensions géopolitiques, le retour des investisseurs vers les valeurs refuges et la faiblesse du dollar. Une valeur refuge est un actif recherché en période d’incertitude, car il est perçu comme plus résilient que d’autres placements.
Mais des freins existent. Une remontée des taux américains, une inflation persistante, une hausse des prix du pétrole ou des prises de bénéfices pourraient peser sur les cours. Les prises de bénéfices correspondent à des ventes réalisées après une hausse, afin de matérialiser un gain.
Pour les épargnants belges et européens, la lecture doit donc rester double. En euros, la hausse de l’or reflète à la fois le mouvement du métal et les variations de change entre l’euro et le dollar. Un achat ou une vente ne dépend pas seulement du cours mondial, mais aussi du prix proposé localement, de la prime sur les pièces ou lingots, et des frais éventuels.
L’or avance aujourd’hui grâce à un environnement monétaire plus favorable. Mais sa trajectoire dépendra surtout d’une question : la Fed confirmera-t-elle, dans les prochains mois, le virage que les marchés anticipent déjà ?



