3 milliards de dollars nets seraient entrés en juillet dans les ETF or chinois. Dans le même temps, la Banque populaire de Chine a ajouté 20 tonnes d’or à ses réserves. Ce double mouvement confirme une tendance lourde : la Chine cherche à sécuriser son épargne, diversifier ses avoirs et réduire sa dépendance aux grandes devises internationales.
La banque centrale chinoise poursuit ses achats d’or
La Banque populaire de Chine, la banque centrale du pays, a augmenté ses réserves d’or de 20 tonnes en juillet 2026. Il s’agit du 21e mois consécutif d’achats.
Ses réserves dépassent désormais 2 366 tonnes, pour une valeur estimée à environ 306,35 milliards de dollars. Ces achats directs renforcent la part de l’or dans les réserves de change chinoises.
Les réserves de change désignent les actifs détenus par une banque centrale pour stabiliser sa monnaie, financer ses échanges extérieurs ou faire face à une crise. Elles sont souvent composées de dollars, d’euros, d’obligations d’État et d’or.
Pour Pékin, l’or joue plusieurs rôles. Il permet de diversifier les avoirs extérieurs, de limiter l’exposition au dollar et de renforcer la souveraineté monétaire. Contrairement à une devise, l’or ne dépend pas directement de la politique d’un autre État.
Les ETF or attirent de nouveau les investisseurs chinois
La demande ne vient pas seulement de la banque centrale. En juillet, les ETF or chinois ont enregistré environ 3 milliards de dollars d’entrées nettes, après deux mois de sorties.
Un ETF, ou fonds négocié en Bourse, est un produit financier coté qui permet d’investir facilement dans un actif. Un ETF or donne une exposition au prix de l’or, sans acheter directement des lingots ou des pièces. Certains fonds détiennent de l’or physique, d’autres utilisent des instruments financiers pour répliquer son cours.
Cet afflux traduit une recherche de protection. Les investisseurs chinois sont confrontés à des tensions géopolitiques, à des marchés boursiers fragiles et à une incertitude économique persistante. Dans ce contexte, l’or reste perçu comme une valeur refuge, c’est-à-dire un actif recherché lorsque la confiance baisse dans les actions, les obligations ou les monnaies.
Le cours mondial profite de la demande chinoise
Le marché international a réagi à cette demande. Le 6 août 2026, l’once d’or aurait atteint 4 279 dollars, son plus haut niveau depuis un mois. Une once troy, l’unité utilisée pour coter l’or, correspond à 31,1035 grammes.
Cette hausse aurait été soutenue par 14 jours consécutifs d’entrées nettes dans les ETF or chinois. Elle aurait aussi été alimentée par l’achat de 33 tonnes d’or par la Banque populaire de Chine au deuxième trimestre 2026, ce qui constituerait son plus important achat trimestriel depuis fin 2023.
Ces données doivent être lues avec prudence lorsque leur confirmation reste incomplète. Mais la direction générale est claire : les achats institutionnels chinois et les flux financiers vers les ETF soutiennent la demande mondiale.
Le marché physique ralentit malgré tout
L’essor des ETF et les achats de la banque centrale ne signifient pas que tous les segments du marché chinois progressent au même rythme.
En juillet, la demande des grossistes et des bijoutiers a ralenti. Deux facteurs expliquent cette pause : la saisonnalité et les prix élevés. Lorsque l’or devient trop cher, les ménages peuvent reporter l’achat de bijoux ou réduire les volumes achetés.
Les cours sont restés relativement stables à Shanghai et au niveau du LBMA Gold Price PM. Le LBMA Gold Price PM est un prix de référence fixé à Londres l’après-midi, utilisé par de nombreux acteurs internationaux pour valoriser l’or.
Cette divergence est importante. Le marché financier de l’or, via les ETF, peut accélérer alors que le marché physique, lié aux bijoux et aux achats de détail, marque le pas.
Pourquoi cette tendance compte pour les investisseurs européens
Pour un investisseur belge ou européen, la Chine reste un facteur central à surveiller. Le pays est l’un des plus grands consommateurs d’or au monde et sa banque centrale influence les anticipations du marché.
Lorsque la demande chinoise augmente, elle peut soutenir le prix international de l’or. Mais le prix payé en Europe dépend aussi du taux de change euro-dollar, des primes sur les pièces et lingots, et des frais liés aux produits financiers.
L’information principale à retenir est simple : la Chine achète davantage d’or, à la fois par sa banque centrale et par ses investisseurs via les ETF. Cette combinaison renforce le rôle du métal jaune comme outil de protection du capital dans un environnement mondial instable.
La dynamique chinoise ne garantit pas une hausse continue des cours. Elle installe toutefois un soutien structurel au marché de l’or, que les investisseurs européens auraient intérêt à intégrer dans leur lecture des prochains mois.



