L’or au comptant évoluerait autour de 4 300 dollars l’once, après un repli d’environ 350 dollars depuis la fin août. Dans ce contexte instable, UBS anticiperait une volatilité accrue à court terme, tout en conservant une opinion favorable sur l’or à horizon de douze mois.

La banque ne communiquerait pas, dans les éléments disponibles, de cible de prix précise ni le détail complet de ses hypothèses. Son message distinguerait toutefois deux périodes : une phase potentiellement agitée dans les prochaines semaines, puis une tendance de fond qui resterait constructive.

Le dollar et les taux pèsent sur le métal jaune

Le repli récent de l’or serait lié au renforcement du dollar américain et à des anticipations plus fermes de hausse des taux directeurs de la Réserve fédérale américaine, la Fed.

Cette relation est importante pour les épargnants. L’or ne verse ni intérêt ni dividende : il s’agit d’un actif dit non rémunérateur. Lorsque les rendements obligataires ou les taux attendus montent, détenir de l’or peut donc sembler moins attractif face à des placements qui procurent un revenu. Un dollar plus fort renchérit également l’or pour les acheteurs utilisant d’autres devises, ce qui peut freiner la demande internationale.

Ces mécanismes ne déterminent pas seuls le cours, mais ils peuvent provoquer des mouvements rapides. Les prises de bénéfices — des ventes réalisées après une hausse pour sécuriser un gain — pourraient aussi accentuer les corrections de court terme.

Des soutiens structurels resteraient en place

La prudence de court terme d’UBS ne signifierait donc pas un abandon du scénario haussier. Plusieurs facteurs continueraient de soutenir la demande : les achats des banques centrales, les risques géopolitiques, les inquiétudes budgétaires et la recherche de diversification par les investisseurs.

Les données citées par Morningstar suggéreraient que les banques centrales auraient acheté 289 tonnes d’or au deuxième trimestre 2026, soit 62 % de plus qu’un an auparavant. Le World Gold Council indiquerait par ailleurs que ces institutions envisageraient de poursuivre leurs achats au cours des douze prochains mois.

Les fonds négociés en Bourse adossés à l’or, ou FNB, apporteraient aussi un soutien. Ces produits permettent de s’exposer au cours du métal sans acheter ni stocker soi-même des pièces ou des lingots. Morningstar évoquerait environ 2 milliards de dollars d’entrées nettes vers ces fonds en juillet.

Ne pas confondre horizon de placement et mouvement quotidien

D’autres grandes banques, dont Goldman Sachs, JP Morgan et HSBC, conserveraient également des anticipations élevées pour l’or à la fin de 2026. Un objectif de 4 900 dollars l’once serait notamment attribué à Goldman Sachs, mais les informations disponibles ne permettent pas d’en confirmer les hypothèses détaillées.

Pour un particulier belge ou européen, la conclusion pratique est surtout la suivante : une perspective positive sur douze mois n’exclut pas des baisses marquées entre-temps. Le prix suivi en euros peut aussi évoluer différemment du cours en dollars, en raison des variations de change entre l’euro et le billet vert.

La volatilité attendue par UBS plaiderait ainsi pour des décisions adaptées à l’horizon de détention et au niveau de risque accepté, plutôt que pour une réaction aux seuls mouvements quotidiens du métal jaune.

Spécialiste des marchés des matières premières, Lucas décrypte les cours de l’or et de l’argent à travers l’analyse technique et macroéconomique.

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