20 000 mètres de forage : c’est le programme qu’Apollo Silver envisagerait sur son projet Cinco de Mayo, dans le nord de l’État de Chihuahua au Mexique. Cette campagne pourrait toutefois dépendre d’une décision locale attendue le 20 septembre, après qu’un moratoire sur l’exploration minière a bloqué l’avancement du projet depuis 2012.
Apollo Silver a indiqué vouloir relancer l’exploration à Cinco de Mayo, une propriété d’environ 25 000 hectares située à quelque 190 kilomètres au nord-ouest de la ville de Chihuahua. Le programme projeté viserait notamment la zone Pegaso, une cible plus profonde qui pourrait présenter des teneurs plus élevées.
Un vote décisif pour l’accès au terrain
L’assemblée de l’Ejido Benito Juárez doit se réunir le 20 septembre 2026, dans la municipalité de Buenaventura. Ses membres doivent voter sur une éventuelle levée du moratoire applicable à l’exploration et au développement miniers sur les terres concernées, ainsi que sur un accord d’accès de long terme.
Un ejido est une forme de propriété collective des terres au Mexique. Les décisions concernant l’usage du sol y relèvent donc des membres de la communauté. Dans ce dossier, un vote favorable pourrait lever le principal obstacle au redémarrage des travaux à Cinco de Mayo.
Apollo Silver a précisé que ce moratoire est en place depuis 2012. Le résultat du vote n’était pas connu au 17 septembre. Le programme de forage de 20 000 mètres doit donc être considéré comme un objectif conditionné à la reprise effective de l’accès et des activités sur le terrain.
Des ressources historiques à actualiser
Cinco de Mayo est prospectif pour des gisements dits de remplacement dans les carbonates. Il s’agit de minéralisations formées lorsque des fluides riches en métaux circulent dans des roches carbonatées, telles que le calcaire, et remplacent progressivement une partie de la roche. Ces systèmes peuvent contenir de l’argent, du plomb, du zinc et parfois de l’or.
La société cite une estimation historique, publiée en 2012 pour le gisement Upper Manto. Celle-ci faisait état de 12,45 millions de tonnes de ressources présumées, avec une teneur moyenne de 132 grammes d’argent par tonne, 2,86 % de plomb, 6,47 % de zinc et 0,24 gramme d’or par tonne.
Une ressource présumée correspond à la catégorie géologique la moins certaine dans les normes minières : elle repose sur des informations limitées et ne constitue ni une réserve exploitable, ni une garantie de production future. Ces chiffres historiques devraient être vérifiés et actualisés avant de pouvoir servir de base à une évaluation économique moderne.
Selon Apollo Silver, cette estimation n’incluait pas la zone Pegaso. Les futurs forages pourraient donc chercher à confirmer l’extension et la teneur de cette cible profonde.
Un catalyseur à haut risque pour les investisseurs
Pour les investisseurs exposés aux sociétés d’exploration, le scrutin communautaire constitue l’événement immédiat à surveiller. Un accord favorable pourrait permettre à Apollo Silver d’engager les forages et de produire de nouvelles données géologiques. À l’inverse, un refus ou un report maintiendrait l’incertitude sur le calendrier du projet.
Un programme de forage ne prouve pas l’existence d’un gisement rentable. Il sert à prélever des carottes de roche afin de mesurer la continuité, l’épaisseur et les teneurs en métaux. Les résultats devront ensuite être examinés avec prudence, en tenant compte des coûts d’extraction, des infrastructures, des autorisations et de l’évolution des cours de l’argent, de l’or, du plomb et du zinc.
Le vote du 20 septembre déterminera ainsi si l’objectif de 20 000 mètres peut passer du stade de projet à celui de campagne d’exploration concrète.



