Huit tonnes de plus en un mois : la Banque nationale de Pologne (NBP) poursuit l’accumulation de métal physique. Cet achat confirmé le 17 septembre renforce une stratégie de réserve qui placerait Varsovie au premier rang des banques centrales acheteuses d’or depuis le début de 2026.

La date précise de l’opération et ses modalités comptables n’ont pas été détaillées. L’essentiel est ailleurs : la banque centrale polonaise continue d’augmenter la part de l’or dans ses avoirs de réserve, c’est-à-dire les actifs détenus pour soutenir la solidité financière du pays et sa monnaie.

90 tonnes achetées depuis janvier, un leadership à confirmer

Depuis janvier, la Pologne aurait acheté 90 tonnes d’or, ce qui en ferait le plus grand acheteur parmi les banques centrales sur l’année 2026. Ce total, comme le classement international, reste à confirmer par des données consolidées des banques centrales et des institutions de suivi du marché.

L’achat de septembre s’inscrit dans une politique de long terme. La NBP privilégie l’or physique, un actif qui ne dépend pas de la solvabilité d’un émetteur. À la différence d’une obligation ou d’un dépôt bancaire, une once d’or ne constitue la dette de personne.

Cette caractéristique explique le rôle de l’or dans les réserves officielles. Les banques centrales l’utilisent notamment pour diversifier leurs actifs, souvent largement composés de devises étrangères et de titres publics, et pour réduire leur exposition aux fluctuations monétaires.

Des réserves proches de 640 tonnes

Après cette nouvelle acquisition, les réserves polonaises atteindraient environ 640 tonnes d’or. Elles représenteraient près de 28 % des réserves totales du pays. Varsovie resterait ainsi à environ 60 tonnes de son objectif affiché de 700 tonnes.

Ce seuil montre l’ampleur du changement engagé par la Pologne ces dernières années. Pour une banque centrale, relever la part de l’or revient à accepter un actif qui ne procure pas de revenu courant, contrairement aux obligations, en échange d’une protection potentielle contre certains risques : inflation durable, baisse d’une devise de réserve, crise financière ou choc géopolitique.

L’or n’offre toutefois pas une garantie de hausse. Son prix peut varier fortement et les achats d’une banque centrale répondent d’abord à une logique de sécurité et de diversification, plutôt qu’à une recherche de performance à court terme.

Un achat dans un marché volatil

La décision polonaise intervient dans un environnement de prix mouvant. Fin août, l’once d’or — l’unité de cotation internationale, équivalente à 31,103 grammes — évoluait autour de 4 600 dollars, selon des données de marché rapportées à cette période.

Le métal jaune aurait connu une forte volatilité en 2026, après un sommet suivi d’une correction puis d’un rebond estival. Les niveaux précis évoqués par certaines sources ne sont pas suffisamment recoupés pour être considérés comme établis.

La faiblesse du dollar, les tensions géopolitiques et les achats institutionnels restent les principaux facteurs susceptibles de soutenir la demande. Pour les épargnants belges et européens, le mouvement polonais rappelle surtout une réalité : l’or demeure un outil de diversification, et non un placement à acheter uniquement après une hausse spectaculaire des cours.

La prochaine étape sera donc surveillée à Varsovie : il ne manquerait plus qu’environ 60 tonnes à la Pologne pour atteindre son cap de 700 tonnes, un objectif qui confirmerait le poids croissant de l’or dans ses réserves nationales.

Observateur des relations internationales, Thomas étudie l’influence des tensions géopolitiques et des politiques monétaires sur l’or.

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