L’or aurait progressé au cours de la séance du 18 septembre, porté par le repli simultané des prix du pétrole et des rendements obligataires. Les sources disponibles ne fournissent toutefois ni cours précis du métal jaune, ni ampleur chiffrée de cette hausse.

Cette évolution rappelle un mécanisme important pour les épargnants : l’or ne verse ni intérêt ni dividende. Lorsque le rendement des obligations recule, le coût d’opportunité de détenir de l’or — c’est-à-dire le revenu auquel l’investisseur renonce en ne plaçant pas son argent sur un actif rémunéré — tend à diminuer. Le métal précieux peut alors gagner en attractivité.

Des rendements plus faibles soutiennent l’or

Un rendement obligataire correspond au taux de rémunération exigé par les investisseurs qui prêtent à un État ou à une entreprise via une obligation. Il évolue généralement en sens inverse du prix de l’obligation : quand son prix baisse, son rendement monte ; quand son prix remonte, son rendement baisse.

Le recul des rendements observé lors de la séance aurait donc apporté un soutien au marché de l’or. Des taux obligataires moins élevés réduisent l’avantage relatif des placements considérés comme sûrs et rémunérés, tels que les emprunts d’État.

Ce facteur doit néanmoins être replacé dans un contexte plus large. Début septembre, les rendements obligataires étaient encore décrits comme élevés à l’échelle mondiale. Cette situation reflétait notamment les inquiétudes liées à l’inflation, au niveau des dettes publiques et aux anticipations de taux durablement élevés. Une baisse sur une séance ne signifie donc pas nécessairement un retournement durable de tendance.

Le pétrole recule aussi

Le repli du pétrole aurait également accompagné la progression de l’or. Des prix de l’énergie moins élevés peuvent apaiser les anticipations d’inflation, c’est-à-dire la hausse des prix que ménages et marchés prévoient pour les mois à venir.

Le lien n’est pas automatique. Un pétrole moins cher peut réduire le besoin de protection contre l’inflation, rôle souvent attribué à l’or. Mais il peut aussi favoriser une détente des taux et des rendements obligataires. Dans ce second scénario, l’effet indirect sur l’or peut devenir positif, comme cela aurait été le cas lors de la séance évoquée.

Quel repère pour les épargnants belges ?

Pour un particulier, cette séance illustre surtout l’importance de ne pas analyser l’or isolément. Le cours dépend aussi du dollar, des décisions des banques centrales, de l’inflation, de la demande de bijoux, des achats des banques centrales et des tensions géopolitiques.

Une variation quotidienne ne constitue pas, à elle seule, un signal d’achat ou de vente. Avant d’acheter de l’or physique, il reste prudent de comparer les primes — l’écart entre le prix du métal contenu dans une pièce ou un lingot et son prix de marché — ainsi que les frais de livraison, de stockage et de revente.

La séance du 18 septembre confirmerait ainsi la sensibilité du métal jaune aux marchés obligataires : si la détente des rendements se prolongeait, elle pourrait continuer à offrir un appui à l’or. À l’inverse, une remontée rapide des taux réels, corrigés de l’inflation, pourrait de nouveau peser sur son attrait.

Spécialiste des marchés des matières premières, Lucas décrypte les cours de l’or et de l’argent à travers l’analyse technique et macroéconomique.

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