3 747,50 euros l’once : l’or repasse sous le seuil de 3 750 euros. Le repli reste toutefois limité, à 0,45 % sur 24 heures au 17 septembre. L’argent suit le mouvement, avec une baisse de 0,74 %, à 55,62 euros l’once. Face à un dollar plus ferme, les métaux précieux marquent une pause après plusieurs semaines agitées. Mais la demande persistante des banques centrales pourrait continuer de soutenir le marché sur le long terme.

Un dollar plus fort pèse sur le prix de l’or

Le Dollar Index, indicateur qui mesure la valeur du billet vert face à un panier de grandes devises, s’établit à 100,27 points, en hausse de 0,82 %. Dans le même temps, l’euro vaut 1,1477 dollar, après un recul de 0,62 %.

Cette évolution importe directement aux investisseurs européens. L’or est principalement coté en dollars sur les marchés internationaux. Lorsque la monnaie américaine s’apprécie, le métal devient mécaniquement plus coûteux pour les acheteurs utilisant d’autres devises. Cette situation peut freiner la demande et exercer une pression baissière sur le cours.

Le mouvement observé le 17 septembre correspond ainsi à une phase de consolidation. Une consolidation désigne une période de repli ou de stabilisation après une hausse rapide, sans qu’elle implique nécessairement un retournement durable de tendance.

Les banques centrales achètent toujours massivement

À court terme, le dollar garde donc un rôle déterminant. À plus long terme, les achats des banques centrales constituent un facteur de soutien majeur pour l’or.

Le World Gold Council indique que les banques centrales ont acheté 289 tonnes d’or au deuxième trimestre 2026. Ce volume représente une hausse de 62 % par rapport à la même période un an plus tôt. L’organisation précise également que ces institutions prévoient de poursuivre leurs acquisitions au cours des douze prochains mois.

Ces achats visent notamment à diversifier les réserves de change. Une banque centrale détient généralement des devises, des obligations et de l’or afin de sécuriser les actifs d’un pays. L’or ne dépend pas directement de la solvabilité d’un État ou d’une entreprise. Il peut donc être recherché lorsque les risques budgétaires, monétaires ou géopolitiques augmentent.

La tendance n’est pas nouvelle. Les banques centrales avaient déjà acheté 1 136 tonnes d’or en 2022, un niveau record relevé par le World Gold Council. Cette demande institutionnelle réduit une partie de l’offre disponible sur le marché et constitue un appui de fond, même lors des baisses ponctuelles de prix.

Une hausse récente suivie d’une correction

D’après Morningstar, l’or aurait gagné près de 10 % en août 2026 et aurait brièvement franchi 4 700 dollars l’once, avant de refluer au début de septembre. Le métal restait alors environ 18 % sous son plus haut historique atteint à la fin janvier.

Cette volatilité s’expliquerait notamment par les mouvements du dollar et par les anticipations concernant la politique monétaire américaine. Des signaux interprétés comme plus restrictifs après le rendez-vous de Jackson Hole auraient favorisé le dollar ainsi que les rendements réels, c’est-à-dire les taux d’intérêt corrigés de l’inflation. Or, un rendement réel plus élevé peut rendre les obligations plus attractives face à l’or, qui ne verse ni intérêt ni dividende.

Morningstar évoquait aussi une baisse d’environ 7 % de l’or sur la semaine alors considérée. Ces amplitudes rappellent qu’un actif de réserve peut connaître de fortes variations à court terme, y compris dans une tendance soutenue par des facteurs structurels.

Les ETF et la dette américaine restent à surveiller

D’autres signaux pourraient néanmoins étayer la demande d’investissement. Les ETF adossés à l’or, des fonds cotés en Bourse qui permettent de s’exposer au métal sans détenir directement des pièces ou des lingots, auraient enregistré environ 2 milliards de dollars d’entrées nettes en juillet, après un deuxième trimestre stable, selon Morningstar.

Les inquiétudes autour de la dette publique américaine pourraient également continuer de jouer un rôle. Morningstar attribuait une part de la hausse récente du métal aux interrogations sur la trajectoire budgétaire des États-Unis et aux craintes de dépréciation monétaire.

Pour un épargnant belge ou européen, le niveau de l’euro face au dollar reste essentiel : il peut atténuer ou amplifier les mouvements du cours international exprimé en dollars. Le passage sous 3 750 euros traduit une pression de change à court terme, mais les achats des banques centrales et le retour des flux vers les ETF maintiennent des soutiens importants pour l’or.

Observateur des relations internationales, Thomas étudie l’influence des tensions géopolitiques et des politiques monétaires sur l’or.

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