3 672,50 euros l’once : l’or est repassé sous le seuil de 3 700 euros après plusieurs séances de repli. Le métal précieux perd 1,56 % en 24 heures, tandis que l’once cotée en dollars évolue autour de 4 120 dollars.
Le mouvement intervient dans un contexte de remontée des taux obligataires aux États-Unis. Le rendement des bons du Trésor américain à dix ans, référence majeure des marchés mondiaux, se situe autour de 5,13 %. Cette progression pèse sur l’or, un actif qui ne verse ni intérêt ni dividende.
Des obligations plus rémunératrices concurrencent l’or
Un rendement obligataire correspond au revenu annuel attendu par un investisseur qui détient une obligation, rapporté à son prix. Lorsque ce rendement augmente, les obligations offrent une rémunération plus élevée. Elles deviennent donc relativement plus attractives face à l’or physique ou financier, qui ne produit pas de revenu régulier.
C’est ce mécanisme qui accroît le coût d’opportunité de détenir de l’or : choisir le métal revient à renoncer aux intérêts potentiellement perçus sur des obligations américaines. La hausse des rendements est également associée à des anticipations persistantes de politique monétaire restrictive de la Réserve fédérale américaine, la Fed.
Des taux directeurs durablement élevés tendent à soutenir les rendements de marché et le dollar. Or, un dollar plus fort renchérit mécaniquement l’or pour les acheteurs utilisant d’autres devises, ce qui peut réduire la demande internationale.
Un signal technique défavorable à court terme
Le repli de l’or s’accompagne d’un passage sous sa moyenne mobile à 20 jours. Cet indicateur technique correspond au prix moyen des vingt dernières séances. Il est utilisé par certains opérateurs pour évaluer la tendance de court terme.
Le franchissement de cette moyenne à la baisse peut alimenter les ventes de court terme ou retarder les achats des investisseurs qui attendent un signal de stabilisation. Il ne préjuge toutefois pas, à lui seul, de l’évolution de l’or sur plusieurs mois.
La sensibilité du métal aux données américaines reste élevée. Le 14 octobre, avant la publication de l’indice des prix à la consommation américain, ou IPC, les cours auraient reculé de 0,4 %, les opérateurs réduisant leurs positions. L’IPC mesure l’évolution des prix payés par les ménages ; une inflation plus forte que prévu peut conduire les marchés à repousser l’hypothèse de baisses de taux de la Fed.
Les achats des banques centrales soutiennent la demande de fond
La pression actuelle concerne principalement le court terme. Les banques centrales continueraient d’acheter de l’or à un rythme supérieur à 1 000 tonnes par an, d’après le Conseil mondial de l’or. Ces acquisitions visent notamment à diversifier les réserves et à réduire l’exposition aux risques financiers, monétaires ou géopolitiques.
Cette demande institutionnelle peut constituer un soutien structurel au marché, sans neutraliser les variations rapides provoquées par les taux américains et le dollar.
Pour un épargnant belge ou européen, la baisse sous 3 700 euros rappelle surtout que le prix local dépend de deux facteurs : le cours international fixé en dollars et le taux de change euro-dollar. L’évolution des rendements américains restera donc un indicateur clé pour évaluer la direction de l’or à court terme.


