À 50,94 euros l’once mardi matin, l’argent recule de 0,82 % sur 24 heures. Le gramme s’établit à 1,638 euro, un niveau quasi stable. Le métal blanc subit la pression d’anticipations de nouvelles hausses de taux aux États-Unis, en zone euro et au Japon.
L’argent ne verse ni intérêt ni dividende. Lorsque les taux montent, les obligations, comptes rémunérés et autres placements à revenu fixe peuvent offrir un rendement plus élevé. Détenir du métal physique a alors un coût d’opportunité : l’investisseur renonce au revenu qu’il aurait pu percevoir sur un actif rémunéré.
Les taux pèsent sur un métal sans revenu
Les marchés intégreraient une forte probabilité de relèvement des taux américains en décembre, évaluée autour de 94 %. Cette donnée reste une anticipation de marché, et non une décision de la Réserve fédérale américaine.
Même si le dollar a légèrement reculé le 20 octobre, la perspective d’un resserrement monétaire continuerait de peser sur l’argent. Des taux directeurs plus hauts se transmettent généralement aux rendements obligataires et renforcent l’attrait des actifs libellés en dollars.
Pour un acheteur belge ou européen, le cours en euros dépend de deux éléments : le prix mondial de l’argent, habituellement exprimé en dollars par once, et le taux de change euro-dollar. Une once troy correspond à 31,103 grammes. La cotation de 50,94 euros représente donc environ 1,638 euro par gramme.
L’argent décroche face à l’or
Le repli semble plus marqué pour l’argent que pour l’or. Le ratio or/argent a atteint 72,1 le 20 octobre, contre 66,1 un mois auparavant.
Ce ratio indique le nombre d’onces d’argent nécessaires pour acheter une once d’or. Lorsqu’il augmente, l’argent sous-performe l’or ; lorsqu’il baisse, l’argent fait mieux que le métal jaune. La hausse récente du ratio traduit donc un décrochage relatif de l’argent.
Sur un mois, le recul de l’argent atteindrait environ 11,7 %, contre 3,7 % pour l’or. Ces variations doivent toutefois être lues avec prudence : elles portent sur une période courte et peuvent être amplifiées par la volatilité, c’est-à-dire l’ampleur et la rapidité des mouvements de prix.
Le mouvement ne date pas de cette semaine. Le 6 octobre, l’once d’argent s’échangeait déjà à 54 euros, après un repli de 0,98 % en 24 heures. La remontée des rendements américains et un dollar plus ferme étaient alors avancés comme principaux facteurs de pression.
Une pression de court terme, un marché physique à suivre
La baisse financière ne signifie pas nécessairement que les fondamentaux physiques du métal se sont retournés. Le marché de l’argent resterait soutenu par les besoins de l’industrie solaire et électronique, ainsi que par un déficit d’offre physique observé depuis plusieurs années.
L’argent possède en effet une double nature : métal d’investissement, mais aussi matière première industrielle. La demande provenant des panneaux photovoltaïques, des composants électroniques ou de certains équipements électriques peut soutenir les besoins à long terme. L’offre est par ailleurs particulière, car une part importante de la production mondiale provient de mines exploitant principalement d’autres métaux, comme le cuivre, le plomb ou le zinc.
À court terme, les investisseurs suivront donc surtout les prochaines décisions des banques centrales et l’évolution des rendements obligataires. Tant que les anticipations de taux élevés domineront, l’argent pourrait rester plus vulnérable que l’or aux mouvements de marché, malgré des facteurs structurels potentiellement favorables à la demande physique.


