L’or gagne légèrement du terrain avant la publication de données sur l’inflation aux États-Unis. Ce mouvement reste mesuré : les investisseurs attendent surtout de savoir si le ralentissement des prix se confirme dans la première économie mondiale.

Le prix du pétrole brut reculait parallèlement, selon les éléments disponibles. Les données de marché précises sur l’or et le pétrole n’étaient toutefois pas visibles dans l’extrait consulté. Cette progression doit donc être considérée avec prudence.

L’inflation américaine au centre de l’attention

Les chiffres américains à venir sont scrutés car ils peuvent influencer les décisions de la Réserve fédérale américaine, ou Fed. La Fed est la banque centrale des États-Unis. Elle fixe notamment ses taux directeurs, c’est-à-dire les taux qui servent de référence au coût du crédit dans l’économie.

Lorsque l’inflation paraît durablement élevée, la banque centrale peut maintenir des taux élevés, voire les relever. À l’inverse, une inflation moins forte peut réduire la nécessité de durcir la politique monétaire.

Cette distinction compte directement pour l’or. Le métal jaune ne verse ni intérêt ni dividende. Des taux élevés augmentent donc le rendement potentiel des placements rémunérés, comme certaines obligations, et peuvent peser sur l’attrait de l’or. Une perspective de taux plus bas, ou moins élevés que prévu, tend au contraire à soutenir le métal précieux.

Le précédent du PCE de septembre

Le 30 septembre, l’indice PCE sous-jacent américain d’août était ressorti à 3,0 % sur un an, contre 3,3 % anticipé. Cet indicateur exclut notamment l’énergie et l’alimentation afin de mieux mesurer la tendance de fond des prix.

Après cette publication, l’or avait progressé d’environ 1 %, jusqu’à près de 4 200 dollars l’once, après un passage autour de 4 139 dollars la veille. Une once troy, l’unité utilisée sur le marché des métaux précieux, équivaut à 31,103 grammes.

La réaction illustre la sensibilité du marché à toute surprise sur l’inflation. Des chiffres plus faibles que prévu peuvent alimenter l’idée d’une Fed moins restrictive. Ils peuvent également peser sur le dollar, devise dans laquelle l’or est coté au niveau international. Un dollar moins ferme rend généralement l’or plus accessible aux acheteurs utilisant d’autres monnaies, dont l’euro.

Une attente qui peut accroître la volatilité

Pour les épargnants belges et européens, le prix à suivre ne se limite pas au cours exprimé en dollars. Le taux de change euro-dollar influence aussi le prix de l’or en euros. Une hausse de l’or en dollars peut ainsi être partiellement effacée, ou renforcée, par l’évolution des devises.

La légère progression observée avant la statistique américaine traduit donc davantage une position d’attente qu’un signal définitif. Une inflation supérieure aux attentes pourrait raviver les anticipations de taux durablement élevés et provoquer des prises de bénéfices. À l’inverse, un chiffre plus modéré pourrait soutenir à nouveau le métal jaune.

À court terme, la publication américaine et la réaction du dollar devraient donc rester les principaux catalyseurs du marché de l’or.

Spécialiste des marchés des matières premières, Lucas décrypte les cours de l’or et de l’argent à travers l’analyse technique et macroéconomique.

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