54,29 euros l’once : l’argent gagnait 0,81 % sur 24 heures le 12 octobre et restait proche de ses plus hauts récents. L’annonce d’une trêve visant les infrastructures énergétiques russes et ukrainiennes n’a pas provoqué de repli marqué du métal.
L’once troy, unité de référence des métaux précieux, équivaut à 31,103 grammes. Pour un épargnant belge, le prix affiché en euros constitue un repère plus direct que le cours en dollars, mais le prix final d’un lingot ou de pièces dépend aussi de la prime du vendeur, de la TVA et des frais éventuels.
Une trêve encore entourée d’incertitudes
Donald Trump a annoncé une trêve énergétique entre la Russie et l’Ukraine. L’objectif serait de suspendre les frappes contre les infrastructures énergétiques des deux pays.
Mais l’effet apaisant attendu sur les marchés demeure limité. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déclaré publiquement ne disposer d’aucun élément montrant que la Russie respectait les conditions annoncées. Des frappes visant les infrastructures énergétiques ukrainiennes auraient continué, selon ses déclarations.
Cette incertitude aide à comprendre la réaction contenue de l’argent. En période de tensions géopolitiques, les métaux précieux peuvent bénéficier d’une prime de risque, c’est-à-dire d’un supplément de prix lié à la recherche d’actifs considérés comme plus protecteurs. L’argent ne se comporte toutefois pas exactement comme l’or : il dépend aussi très fortement de l’activité économique mondiale.
Le pétrole illustre cette prudence. Le WTI, référence américaine du brut, aurait progressé de 3,49 % à 91,36 dollars le baril le 12 octobre. Une telle hausse suggérerait que les opérateurs n’anticipent pas encore une désescalade durable, ou qu’ils prennent en compte d’autres risques sur l’offre.
L’industrie soutiendrait la tendance de fond
Au-delà du conflit, l’argent serait soutenu par ses usages industriels. Le métal est employé notamment dans les composants électroniques et les cellules photovoltaïques, qui transforment la lumière solaire en électricité.
Cette double nature explique sa sensibilité particulière : l’argent peut profiter à la fois de l’incertitude financière, comme métal précieux, et de la croissance des besoins industriels. Sur trois mois, son cours aurait avancé de 5,6 %, signe d’une dynamique qui ne repose pas uniquement sur l’actualité ukrainienne.
Pour les particuliers, un cours élevé ne signifie pas automatiquement qu’il faut acheter dans l’urgence. L’argent est généralement plus volatil que l’or : ses variations peuvent être plus rapides, à la hausse comme à la baisse. En Belgique, l’achat d’argent physique implique en outre habituellement la TVA, contrairement à l’or d’investissement répondant aux critères légaux d’exonération.
L’inflation américaine comme prochain test
Les marchés surveillent désormais l’indice américain des prix à la consommation attendu cette semaine. Cet indicateur mesure l’évolution des prix payés par les ménages aux États-Unis et influence les anticipations concernant les taux directeurs de la Réserve fédérale américaine.
Un chiffre d’inflation inférieur aux attentes pourrait renforcer l’hypothèse de futures baisses de taux. Cela tendrait à soutenir l’argent : un métal ne verse ni intérêt ni dividende, son coût d’opportunité diminue lorsque les rendements monétaires baissent. À l’inverse, une inflation plus élevée pourrait repousser cette perspective et peser sur le cours.
La trêve énergétique reste donc un facteur à suivre, mais elle ne suffit pas, à ce stade, à inverser la tendance. Entre demande industrielle, risques géopolitiques et attentes sur les taux américains, l’argent conserve plusieurs soutiens — tout en restant exposé à une forte volatilité à court terme.



