4 165,02 dollars l’once. Le cours au comptant de l’or a atteint, mercredi 5 août 2026 à 9h41 UTC, son plus haut niveau depuis deux semaines. Cette hausse intervient sur un marché international marqué par l’affaiblissement du dollar américain, la baisse du pétrole brut et l’attente de nouvelles données sur l’emploi aux États-Unis.
L’or progresse pour la troisième séance consécutive
Le mouvement concerne à la fois le cours au comptant et les contrats à terme sur l’or. Le cours au comptant désigne le prix d’achat ou de vente immédiat du métal, pour une livraison rapide. Il sert de référence aux investisseurs, aux négociants et aux professionnels du secteur.
L’once, unité utilisée sur le marché international de l’or, correspond à l’once troy, soit environ 31,1 grammes. À 4 165,02 dollars l’once, le métal jaune évolue donc à un niveau historiquement élevé, même s’il reste soumis à une forte volatilité.
Les contrats à terme, eux, sont des engagements d’achat ou de vente à une date future et à un prix fixé à l’avance. Ils sont surtout utilisés par les investisseurs professionnels pour se couvrir ou spéculer sur l’évolution du prix de l’or.
Le dollar faible soutient les acheteurs internationaux
Le principal moteur de la séance est la baisse du dollar américain. L’or étant coté en dollars sur les marchés mondiaux, un billet vert plus faible rend le métal moins cher pour les acheteurs utilisant l’euro, le franc suisse, la livre sterling ou d’autres devises.
Ce mécanisme peut renforcer la demande internationale. Pour un investisseur belge ou européen, l’effet final dépend toutefois aussi du taux de change entre l’euro et le dollar. Une hausse du prix de l’or en dollars peut être atténuée, ou amplifiée, une fois convertie en euros.
Un autre relevé de marché situerait le prix autour de 4 166,59 dollars l’once le 5 août. L’indice DXY, qui mesure la valeur du dollar face à un panier de grandes devises, serait autour de 99,722. Un DXY plus bas traduit généralement une pression sur la devise américaine.
Le pétrole apaise le risque inflationniste
La baisse des cours du pétrole brut joue aussi un rôle. Un pétrole moins cher peut réduire les pressions inflationnistes, car l’énergie entre dans les coûts de transport, de production et de chauffage.
L’or est souvent présenté comme une couverture contre l’inflation. Cela signifie qu’il est recherché lorsque les investisseurs craignent une perte de pouvoir d’achat de la monnaie. Mais la relation n’est pas mécanique. Si l’inflation ralentit, l’or peut malgré tout progresser lorsque les marchés anticipent une politique monétaire plus souple.
L’attention se tourne donc vers les chiffres de l’emploi américain. Ces données influencent les décisions de la Réserve fédérale américaine, la banque centrale des États-Unis. Une économie qui ralentit peut encourager des baisses de taux. Des taux plus bas rendent l’or plus attractif, car le métal ne verse ni intérêt ni dividende.
Les rendements réels restent déterminants
Le marché surveille aussi les rendements obligataires réels. Il s’agit du rendement d’une obligation après déduction de l’inflation. Lorsque ces rendements sont faibles, le coût d’opportunité de détenir de l’or diminue. Autrement dit, l’investisseur renonce à moins de revenus en choisissant un actif qui ne rapporte pas d’intérêt.
L’inflation américaine resterait élevée, avec un indice CPI mentionné à 332,568. Le CPI, ou indice des prix à la consommation, mesure l’évolution moyenne des prix payés par les ménages. Cette donnée renforcerait la demande d’or comme valeur refuge.
Une valeur refuge est un actif recherché en période d’incertitude économique, financière ou géopolitique. L’or joue ce rôle depuis longtemps, car il n’est la dette d’aucun État et reste échangeable sur les marchés mondiaux.
Des prévisions encore très divergentes
Les projections pour 2026 et 2027 resteraient contrastées. Certains modèles anticiperaient une évolution irrégulière, avec des prix autour de 4 137 à 4 409 dollars en 2026. D’autres scénarios envisageraient un repli sous 3 700 dollars d’ici la fin de 2026.
Ces prévisions doivent être prises avec prudence. Elles dépendent de la politique monétaire américaine, de l’appétit des banques centrales pour l’or, des tensions géopolitiques et de l’offre minière. Les données disponibles suggèrent aussi une volatilité quotidienne importante, avec des fourchettes parfois comprises entre environ 3 900 et 4 500 dollars.
Pour les particuliers, cette volatilité rappelle une règle essentielle : l’or peut protéger un patrimoine, mais son prix peut fortement varier à court terme. Un achat progressif, une vérification des primes sur pièces et lingots, ainsi qu’une attention aux frais de conservation restent indispensables.
La poussée de l’or à un plus haut de deux semaines confirme surtout une chose : le dollar reste l’un des grands arbitres du marché du métal jaune. Tant que les investisseurs anticiperont des taux plus bas et une devise américaine fragilisée, l’or conservera un soutien important.


