4 100 dollars l’once : ce seuil concentre l’attention des investisseurs sur l’or ce 24 juin 2026. Le cours du métal jaune a tenté un rebond après avoir touché un plus bas de près de deux semaines. Mais la reprise reste fragile. En cause : un dollar américain solide et des anticipations de taux plus élevés aux États-Unis.

L’or évolue ainsi sous une zone technique importante, appelée résistance. Une résistance désigne un niveau de prix où les vendeurs sont souvent plus nombreux que les acheteurs. Ici, le seuil des 4 100 dollars l’once freine le mouvement haussier. L’once utilisée sur les marchés de l’or est l’once troy, soit environ 31,1 grammes.

La Fed refroidit le rebond de l’or

Le principal facteur de pression vient de la Réserve fédérale américaine, la Fed, c’est-à-dire la banque centrale des États-Unis. Après sa réunion de juin, plusieurs membres de son comité monétaire ont évoqué la possibilité d’une remontée des taux en 2026.

Cette perspective pèse sur l’or pour deux raisons. D’abord, des taux d’intérêt plus élevés renforcent souvent le dollar. Ensuite, l’or ne verse ni intérêt ni dividende. Quand les placements rémunérés deviennent plus attractifs, une partie des investisseurs peut réduire son exposition au métal jaune.

Le renforcement du dollar ajoute une pression supplémentaire. L’or étant coté en dollars sur les marchés internationaux, un billet vert plus cher augmente le coût d’achat pour les investisseurs utilisant d’autres devises, notamment l’euro. Pour un épargnant belge ou européen, le prix en euros dépend donc à la fois du cours de l’or en dollars et du taux de change euro-dollar.

Le PCE américain devient le rendez-vous décisif

Le marché attend désormais la publication, le 25 juin 2026, de l’indice PCE américain. Le PCE, ou indice des prix des dépenses de consommation personnelle, mesure l’évolution des prix payés par les ménages américains. Il s’agit d’un indicateur d’inflation très suivi par la Fed.

Si le PCE confirme des tensions inflationnistes, les investisseurs pourraient renforcer leurs anticipations d’une politique monétaire plus restrictive. Cela soutiendrait probablement le dollar et limiterait encore le potentiel de rebond de l’or.

À l’inverse, un chiffre plus faible que prévu pourrait détendre les anticipations de taux. Dans ce scénario, le dollar pourrait perdre de la vigueur et offrir un soutien temporaire au métal jaune.

Les grandes banques revoient leurs scénarios

Le contexte monétaire pousse aussi plusieurs grandes banques à ajuster leurs prévisions. Deutsche Bank prévoit un cours de l’or à 4 300 dollars l’once au troisième trimestre 2026. Goldman Sachs vise 4 900 dollars l’once pour la fin de 2026.

Ces niveaux restent élevés au regard de l’histoire du marché aurifère, mais ils traduisent une prudence accrue à court terme. Le maintien de taux élevés par la Fed et la force du dollar limitent les perspectives d’une hausse rapide et continue.

Certaines projections de marché évoquent même une fourchette autour de 4 050 à 4 080 dollars l’once en fin d’année. Ces estimations doivent être lues avec prudence : une prévision n’est pas un prix garanti, mais un scénario fondé sur des hypothèses économiques.

Ce que cela change pour les investisseurs européens

Pour les particuliers intéressés par l’or physique, lingots ou pièces, la situation impose de surveiller deux variables. La première est le prix international de l’or en dollars. La seconde est le taux de change euro-dollar.

Un repli du cours en dollars peut être partiellement compensé par un dollar fort. À l’inverse, une baisse du dollar peut alléger le prix d’achat en euros, même si l’or reste stable en dollars.

À court terme, la zone des 4 100 dollars reste donc le seuil à observer. Un franchissement clair pourrait signaler un regain d’appétit pour l’or. Un échec répété sous cette résistance confirmerait une phase d’hésitation.

À plus long terme, certains modèles envisageraient une forte progression dans les années 2030, avec des niveaux pouvant dépasser 9 000 dollars l’once. Ces projections reposeraient notamment sur l’accumulation d’or par les banques centrales et les contraintes de production minière. Elles restent toutefois incertaines.

Le prochain signal viendra surtout du PCE américain. Pour l’or, le véritable arbitre des prochains jours pourrait moins être la demande physique que la trajectoire du dollar et des taux américains.

Spécialiste des marchés des matières premières, Lucas décrypte les cours de l’or et de l’argent à travers l’analyse technique et macroéconomique.

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