Environ 4 500 dollars l’once : c’est le niveau atteint par l’or lundi 10 août 2026, après une hausse hebdomadaire supérieure à 7 %. Ce mouvement remet les actions minières sous les projecteurs. D’après une sélection publiée par Investing.com, six titres du secteur des métaux et mines afficheraient un potentiel de hausse allant jusqu’à +62,6 %.

L’or rebondit après un choc sur l’emploi américain

Le lundi 10 août 2026, le cours de l’or a atteint environ 4 500 dollars l’once, son plus haut niveau depuis juin 2026. L’once désigne ici l’once troy, l’unité de référence internationale pour les métaux précieux, soit environ 31,1 grammes.

La hausse intervient après la publication d’un rapport sur l’emploi américain nettement plus faible que prévu. Les États-Unis ont détruit 23 000 emplois en juillet 2026, alors que le marché attendait la création de 80 000 postes.

Ce chiffre a modifié les anticipations sur la politique monétaire de la Fed, la banque centrale américaine. En clair, si l’économie ralentit, la Fed a moins de raisons de relever ses taux d’intérêt. Des taux plus bas rendent généralement l’or plus attractif, car le métal jaune ne verse ni intérêt ni dividende. Quand les rendements obligataires deviennent moins intéressants, le coût d’opportunité de la détention d’or diminue.

Autre effet : le dollar s’est affaibli. Or, l’or étant coté en dollars sur les marchés internationaux, un billet vert plus faible peut soutenir la demande mondiale.

Six actions minières seraient repérées par un screener

Dans ce contexte, Investing.com indique qu’un screener aurait identifié six actions minières du secteur des métaux et mines. Un screener est un outil de filtrage : il permet de sélectionner des sociétés cotées selon des critères précis.

Selon les critères mentionnés, les valeurs retenues présenteraient :

  • une capitalisation boursière supérieure à 500 millions de dollars, c’est-à-dire une valeur de marché dépassant ce seuil ;
  • un potentiel de hausse supérieur à 25 % selon la Juste Valeur InvestingPro, une estimation théorique du prix jugé raisonnable pour une action ;
  • un score de santé financière supérieur à 2,5 sur 5, indicateur synthétique censé mesurer la solidité d’une entreprise ;
  • un potentiel total compris entre +17,5 % et +62,6 %.

L’information étant fondée sur une sélection d’outil et non sur une certitude de marché, ces performances potentielles doivent être lues au conditionnel. Un potentiel de hausse n’est pas une promesse de rendement. Il représente un écart estimé entre un cours de Bourse actuel et une valorisation théorique.

Pourquoi les minières amplifient souvent les mouvements de l’or

Les actions minières ne sont pas de l’or physique. Elles donnent accès au capital d’entreprises qui extraient ou développent des gisements aurifères. Leur cours peut progresser fortement lorsque l’or monte, car une hausse du métal améliore mécaniquement les revenus attendus des producteurs.

Mais l’effet fonctionne dans les deux sens. Une minière supporte des coûts d’extraction, des risques géologiques, des risques politiques, des besoins de financement et parfois des dettes élevées. Pour un investisseur belge ou francophone, il faut aussi tenir compte du risque de change lorsque l’action est cotée en dollar, en dollar canadien ou en dollar australien.

Les minières peuvent donc offrir un levier sur l’or, mais avec une volatilité supérieure au métal physique. Le levier signifie ici que l’action peut varier plus fortement que le prix de l’or, à la hausse comme à la baisse.

La demande institutionnelle soutient le métal jaune

Le rebond du cours ne repose pas seulement sur l’emploi américain. Les banques centrales asiatiques poursuivent leurs achats d’or. Ces achats institutionnels renforcent la demande de fond pour le métal jaune.

Une banque centrale achète de l’or pour diversifier ses réserves. L’or est considéré comme une valeur refuge, c’est-à-dire un actif recherché lorsque les marchés craignent l’inflation, les tensions géopolitiques, les crises de dette ou l’instabilité monétaire.

Les tensions au Moyen-Orient et les incertitudes autour de la réouverture du détroit d’Ormuz entretiennent aussi une prudence favorable à l’or. Le détroit d’Ormuz est un passage stratégique pour le transport mondial d’énergie. Toute incertitude dans cette zone peut accroître la demande d’actifs jugés défensifs.

Un rebond après une correction sévère

Le mouvement actuel doit toutefois être replacé dans une tendance plus large. Fin janvier 2026, l’or avait dépassé 5 500 dollars l’once, après une progression spectaculaire depuis février 2024, période où le métal valait environ 2 000 dollars.

Le cours a ensuite corrigé de près de 30 %. Une correction désigne une baisse marquée après une forte hausse. Elle peut résulter de prises de bénéfices, d’un reflux spéculatif ou d’un changement d’anticipations sur les taux et le dollar.

Malgré cette baisse, l’or reste sur des niveaux historiquement élevés. Le retour vers 4 500 dollars l’once confirme que les investisseurs continuent de surveiller le métal jaune comme instrument de protection du capital.

Ce que les investisseurs doivent vérifier avant d’acheter

Avant d’acheter une action minière, l’investisseur doit regarder plusieurs éléments : le coût de production par once, le niveau d’endettement, les réserves prouvées, la stabilité des pays où se trouvent les mines, la qualité de la direction et la sensibilité au prix de l’or.

Pour un particulier, une action minière n’a pas le même rôle que des pièces, lingots ou ETF adossés à l’or. L’or physique vise surtout la conservation patrimoniale. Les minières relèvent davantage d’un pari boursier sur la rentabilité future de producteurs ou d’explorateurs.

Le signal donné par ce “top 6” est donc clair : le marché recherche des sociétés susceptibles de profiter du retour de la hausse de l’or. Mais la sélection reste un point de départ, pas une recommandation automatique.

Si l’or reste soutenu par les banques centrales, le dollar faible et les tensions géopolitiques, les minières pourraient conserver l’attention des investisseurs. La prudence reste toutefois indispensable : dans l’or comme en Bourse, le potentiel affiché ne remplace jamais l’analyse du risque.

Spécialiste des marchés des matières premières, Lucas décrypte les cours de l’or et de l’argent à travers l’analyse technique et macroéconomique.

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