598 pièces d’or, onze rangées soigneusement disposées et près de 7 kilos d’objets précieux : deux randonneurs ont mis au jour un trésor estimé à environ 330 000 dollars, soit près de 284 000 euros, dans une forêt du nord-est de la République tchèque.

La découverte a eu lieu dans les montagnes des Krkonoše. Les deux promeneurs, restés anonymes, ont repéré une vieille boîte rouillée, assimilée dans les premiers récits à une canette, coincée dans un mur de pierre. Presque dissimulée par son environnement, elle contenait 598 monnaies d’or, rangées en onze colonnes.

Une seconde boîte abritait des bijoux et divers objets en métaux précieux. Les objets ont été remis au musée de Bohême orientale, à Hradec Králové, qui a gardé la découverte confidentielle durant plusieurs mois avant sa présentation publique.

Un ensemble de pièces d’or et de bijoux

L’inventaire établi par le musée fait état de 598 pièces d’or pesant environ 3,7 kilos, auxquelles s’ajoutent 16 étuis à cigarettes en or, dix bracelets, un peigne, une chaîne avec une clé, un poudrier et un petit sac à main en maille d’argent.

Le poids total de l’ensemble approche les 7 kilos. Sa valeur est estimée à près de 330 000 dollars. Cette somme ne représente pas seulement la valeur intrinsèque des métaux : elle peut aussi intégrer l’intérêt historique et numismatique de certains objets.

La numismatique est l’étude et la collection des monnaies, médailles et jetons. Pour un investisseur, elle rappelle qu’une pièce en or peut avoir deux niveaux de valeur : sa valeur métallique, liée au poids et au cours de l’or, et une éventuelle prime de collection liée à sa rareté, son état ou son histoire.

Des monnaies frappées entre 1808 et 1915

Les premières analyses situeraient la frappe des pièces entre 1808 et 1915. Environ la moitié viendrait des Balkans et l’autre moitié de France. Quelques monnaies belges, ottomanes, russes, roumaines et italiennes auraient également été identifiées.

Aucune pièce d’Europe centrale ne figurerait dans l’ensemble décrit, un élément qui intrigue les spécialistes puisque le trésor a été trouvé en République tchèque.

Le numismate Vojtěch Brádle a relevé un indice essentiel : plusieurs monnaies austro-hongroises portent des contre-poinçons. Il s’agit de petites marques ajoutées ultérieurement sur une pièce, notamment pour en valider la circulation dans un autre territoire. Ces marques auraient été apposées en Serbie ou en Bosnie au cours des années 1920 et 1930.

Le trésor aurait donc été enfoui après les années 1930, et non immédiatement après 1915, date de frappe de la monnaie la plus récente connue à ce stade.

Une origine encore impossible à établir

Le propriétaire du dépôt n’a pas été identifié. Miroslav Novak et Petr Grulich, du musée de Bohême orientale, évoquent plusieurs contextes historiques possibles : l’occupation nazie à partir de 1938, l’expulsion des populations allemandes de Tchécoslovaquie après 1945, ou encore la réforme monétaire communiste de 1953.

Il serait toutefois prématuré de relier le trésor à l’une de ces périodes ou à une famille précise. Le musée indique ne pas pouvoir déterminer, à ce stade, si cet or appartenait à une famille tchèque, allemande ou juive. L’étude des objets, dont certains étuis n’avaient pas encore été ouverts lors des premières descriptions, pourrait apporter de nouveaux éléments.

Jusqu’à 10 % de récompense pour les inventeurs

La législation tchèque prévoit qu’un inventeur de trésor peut recevoir une récompense pouvant atteindre 10 % de la valeur estimée. Sur la base de 330 000 dollars, les deux randonneurs pourraient donc prétendre à une somme conséquente, sous réserve de l’application du cadre légal et de l’évaluation définitive.

Cette affaire rappelle une règle essentielle pour toute découverte fortuite : un objet ancien, même composé d’or, ne doit pas être traité comme un simple métal à revendre. Son contexte archéologique, sa provenance et son intérêt historique peuvent dépasser largement la valeur de son poids en or. Dans les Krkonoše, la vieille boîte rouillée vaut désormais autant pour les questions qu’elle soulève que pour le métal qu’elle contenait.

Experte en gestion de patrimoine, Claire analyse l’or et les métaux précieux comme outils de protection du capital et d’optimisation patrimoniale.

Prix de l’Or aide tous ceux et celles qui s’intéressent à l’économie et à la préservation de leur capital à décrypter l’actualité mondiale et son impact sur la valeur de l’or grâce à une analyse factuelle et pédagogique. Prix de l’or – Une information en Or

INFORMER VOUS

Exit mobile version