4 000 dollars l’once : ce seuil psychologique serait désormais à portée de l’or. Le métal précieux se serait approché de ce niveau le 30 octobre, dans un marché préoccupé par le retour possible de pressions inflationnistes aux États-Unis.

Cette évolution serait liée aux données d’inflation PCE, un indicateur particulièrement suivi par la Réserve fédérale américaine (Fed). Lorsque l’inflation paraît plus persistante, les investisseurs cherchent généralement à protéger une partie de leur capital contre l’érosion du pouvoir d’achat. L’or peut alors bénéficier de son statut de valeur refuge.

Pourquoi l’inflation PCE compte pour l’or

Le PCE, pour Personal Consumption Expenditures, mesure l’évolution des prix des biens et services consommés par les ménages américains. Son indice sous-jacent, qui exclut notamment l’énergie et l’alimentation, est l’une des références privilégiées par la Fed pour évaluer l’inflation.

Une inflation PCE plus résistante que prévu pourrait compliquer les décisions de la banque centrale. La Fed pourrait être amenée à maintenir des taux d’intérêt élevés plus longtemps, voire à adopter une politique monétaire plus restrictive si les prix accélèrent durablement.

En théorie, des taux élevés constituent un frein pour l’or : le métal ne verse ni intérêt ni dividende, contrairement à une obligation ou à un compte rémunéré. Mais ce mécanisme peut être contrebalancé lorsque les marchés redoutent une perte de pouvoir d’achat, une instabilité monétaire ou des tensions financières. La progression de l’or suggérerait que la fonction de protection prend actuellement le dessus sur le coût de détention du métal.

Un seuil symbolique, pas un signal automatique d’achat

Le cours de l’or est exprimé en dollars par once troy, une unité équivalant à 31,103 grammes. Un prix proche de 4 000 dollars l’once représente donc un niveau symbolique important, susceptible d’attirer l’attention des investisseurs comme des médias.

Pour un épargnant belge ou européen, le prix final d’un lingot ou d’une pièce dépend toutefois aussi du taux de change euro-dollar, de la prime du produit et de l’écart entre prix d’achat et de revente. La prime correspond au supplément appliqué au cours du métal pour couvrir notamment la fabrication, la logistique et la demande sur un produit donné.

Un record ou un quasi-record ne constitue pas, à lui seul, une garantie de poursuite de la hausse. L’or peut connaître des mouvements rapides, notamment après la publication d’indicateurs américains, les décisions de la Fed ou une variation du dollar.

Les prochains signaux à surveiller

La trajectoire du métal jaune dépendra notamment de l’évolution de l’inflation américaine, des anticipations de taux d’intérêt réels et de la vigueur du dollar. Les taux réels correspondent aux taux nominaux diminués de l’inflation anticipée : lorsqu’ils baissent, le coût d’opportunité de détenir de l’or tend à diminuer.

Le rapprochement de l’or avec les 4 000 dollars l’once confirmerait ainsi la nervosité des marchés face au risque inflationniste. Pour les particuliers, cette phase appelle surtout à distinguer le cours international du métal du prix réellement payé chez un négociant, et à inscrire tout achat dans une stratégie de diversification à long terme.

Spécialiste des marchés des matières premières, Lucas décrypte les cours de l’or et de l’argent à travers l’analyse technique et macroéconomique.

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