852 millions de dollars : c’est le flux de trésorerie disponible dégagé par Agnico Eagle au troisième trimestre 2026. Porté par une production solide et un prix de l’or réalisé de 4 264 dollars l’once, le groupe minier maintient ses objectifs pour l’exercice en cours.

Agnico Eagle a produit 814 012 onces d’or payables entre juillet et septembre. Une once troy correspond à 31,1035 grammes : il s’agit de l’unité de référence du marché de l’or. Les mines de Detour Lake, au Canada, Fosterville, en Australie, et Kittila, en Finlande, ont notamment soutenu cette performance.

Le groupe a enregistré 1,755 milliard de dollars de trésorerie issue de ses activités opérationnelles et un bénéfice net de 1,353 milliard de dollars. Le bénéfice net ajusté, qui écarte certains éléments jugés non récurrents ou exceptionnels, atteint 1,324 milliard de dollars.

Des coûts sous surveillance malgré une production solide

Les coûts de production se sont établis à 1 193 dollars par once au troisième trimestre. Les coûts totaux de trésorerie ont atteint 1 133 dollars par once, tandis que l’AISC s’est élevé à 1 648 dollars par once.

L’AISC, ou all-in sustaining cost, est un indicateur central pour les investisseurs dans les minières aurifères. Il additionne les dépenses nécessaires pour maintenir la production existante : extraction, traitement, frais généraux et investissements de maintien des sites. Il permet d’apprécier la marge potentielle d’un producteur par rapport au cours de l’or.

Agnico Eagle conserve sa prévision de production payable annuelle, comprise entre 3,3 et 3,5 millions d’onces, mais l’attend près du bas de cette fourchette. Les coûts totaux de trésorerie sont anticipés près du haut de la fourchette de 1 020 à 1 120 dollars l’once. L’AISC devrait lui aussi se situer vers le haut de l’objectif, fixé entre 1 400 et 1 550 dollars l’once.

La société évoque des pressions inflationnistes, particulièrement sur le diesel. Elle relie également cette orientation prudente de la production au plan minier revu pour la fosse à ciel ouvert Barnat, à Canadian Malartic, au Québec. Un mouvement de masse rocheuse y avait été signalé le 2 juillet 2026.

Une trésorerie nette de 3,416 milliards de dollars

Au 30 septembre, la trésorerie du groupe atteignait 3,613 milliards de dollars, pour une dette totale limitée à 197 millions. La trésorerie nette, soit les liquidités après déduction de la dette, s’élevait ainsi à 3,416 milliards de dollars.

Après la fin du trimestre, Agnico Eagle a porté sa facilité de crédit renouvelable non garantie de 2 à 3 milliards de dollars. Cette ligne de financement, échéant le 28 octobre 2031, renforce la marge de manœuvre financière du groupe pour financer ses projets, ses investissements ou absorber une variation des marchés.

Les dépenses d’investissement totales, ou CAPEX, sont toujours prévues entre 2,6 et 2,8 milliards de dollars en 2026, hors exploration capitalisée. L’exploration capitalisée est attendue entre 290 et 330 millions de dollars.

Dividendes, rachats d’actions et projets canadiens

Agnico Eagle a reversé 478 millions de dollars à ses actionnaires au troisième trimestre, par le biais d’un dividende de 0,45 dollar par action et du rachat de 1 297 940 actions ordinaires. À cours de l’or au comptant constant et sous réserve de ses besoins opérationnels, le groupe prévoit de redistribuer plus de 50 % de son flux de trésorerie disponible de 2026 via ces deux mécanismes.

En parallèle, les projets de croissance avancent au Canada. La construction accélère à Hope Bay. À Odyssey, la première phase du fonçage du puits est achevée et le démarrage de la production par le puits n°1 reste visé au deuxième trimestre 2027. Les infrastructures progressent également à Upper Beaver et Detour Lake.

Des forages à Odyssey auraient livré plusieurs intersections favorables, dont 3,8 grammes d’or par tonne sur 38,8 mètres dans East Gouldie. Une teneur exprimée en grammes par tonne mesure la quantité d’or contenue dans la roche ; elle doit toutefois être évaluée avec la largeur, la continuité et l’exploitabilité du gisement avant de préjuger de sa valeur économique.

La publication confirme donc la capacité d’Agnico Eagle à transformer sa production en liquidités dans un environnement aurifère favorable. Le respect des coûts annoncés et l’exécution des grands projets canadiens resteront déterminants pour la suite de 2026 et pour la croissance attendue en 2027.

Journaliste économique, Émilien s’intéresse aux usages industriels des métaux précieux et aux innovations technologiques qui façonnent leur avenir.

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