22 zones couvrant potentiellement des accumulations d’or alluvionnaire ont été sélectionnées au large du Ghana. GoldCoast Resource Corp. a annoncé, le 27 octobre, avoir interprété un relevé magnétique aéroporté réalisé sur l’ensemble de son permis offshore, d’une superficie de 10.000 kilomètres carrés.
Ces cibles se situent sur le plateau continental peu profond du Ghana, dans le golfe de Guinée. Elles devront désormais faire l’objet de travaux en mer pour déterminer si elles renferment effectivement de l’or, et surtout si les volumes et teneurs peuvent justifier une exploitation.
Un relevé magnétique, pas une détection directe de l’or
La campagne a couvert environ 60.000 kilomètres de lignes de mesure. Les données ont été interprétées avec l’appui d’AI GeoIntelligence Corp.
Le procédé employé ne détecte pas directement l’or. Il repère des anomalies liées à des minéraux lourds magnétiques, susceptibles d’être associés à de l’or alluvionnaire, aussi appelé or de placer. Ce terme désigne de l’or transporté puis concentré naturellement par l’eau, dans les rivières, les plages ou les sédiments marins.
L’existence de minéraux lourds constitue donc un indice géologique, non une preuve de présence d’or. Aucune teneur, aucun volume de métal et aucun résultat de forage n’ont été communiqués à ce stade.
Des prélèvements en mer attendus
GoldCoast prévoit une seconde phase destinée à contrôler ces signaux géophysiques. Selon les éléments communiqués par la société, celle-ci pourrait associer la cartographie du fond marin, le sonar, des profils sismiques et des prélèvements par vibrocore.
Cette technique consiste à enfoncer un tube vibrant dans les sédiments afin d’en extraire une carotte. L’analyse de ces couches permettrait de vérifier la présence d’or, sa granulométrie et sa concentration.
Un relevé plus détaillé autour de la cible A, située à l’embouchure de la rivière Ankobra, devrait faire l’objet d’une communication distincte. Une étude complémentaire d’environ 3.000 kilomètres carrés dans la zone de la rivière Pra serait également à l’examen.
La valeur économique des 22 cibles reste donc entièrement à démontrer. Dans l’exploration minière, une anomalie géophysique doit être confirmée par des échantillons, puis par des études techniques et économiques avant toute décision d’exploitation.
Un enjeu dans un pays très dépendant de l’or
Cette recherche offshore intervient alors que le Ghana cherche à mieux capter la valeur de son secteur aurifère. Le pays a créé en avril 2025 le Ghana Gold Board, ou GoldBod, devenu l’acheteur autorisé de l’or issu de la petite exploitation minière.
Les exportations officielles de ce segment seraient passées d’environ 63 tonnes en 2024 à 104 tonnes en 2025. Les autorités ghanéennes ont indiqué que ces exportations avaient généré 10,8 milliards de dollars de recettes en devises en 2025. Cette hausse refléterait en partie une meilleure formalisation des flux auparavant exportés clandestinement, plutôt qu’une progression équivalente de la production réelle.
Pour les investisseurs intéressés par l’or, l’annonce de GoldCoast doit ainsi être lue comme un résultat d’exploration préliminaire : elle signale des zones à étudier, mais ne confirme ni une ressource minérale ni de futures ventes d’or. Les prélèvements en mer constitueront la prochaine étape décisive.



