4.065,13 dollars l’once. Le prix de l’or évolue ce 24 juin 2026 tout près du seuil psychologique des 4.000 dollars, après avoir encore reculé sous la pression du dollar américain. L’once désigne ici l’once troy, l’unité internationale du marché de l’or, équivalente à 31,103 grammes.
La baisse touche le marché mondial. Elle intervient après un prix autour de 4.130 dollars l’once le 23 juin, soit 61 dollars de moins que lors de la séance précédente. Pour les investisseurs, le mouvement est net : l’or reste élevé en valeur absolue, mais il corrige fortement depuis son sommet historique de janvier.
Le dollar reprend la main sur l’or
Le principal facteur de pression vient du renforcement du dollar américain. L’or étant coté internationalement en dollars, un billet vert plus fort rend le métal plus cher pour les acheteurs utilisant d’autres devises, comme l’euro. Cette mécanique peut réduire la demande et peser sur les cours.
Le mouvement est renforcé par les anticipations autour de la Réserve fédérale américaine, la Fed. Les marchés évaluent désormais à 88 % la probabilité d’une hausse des taux d’intérêt en décembre 2026, d’après l’outil FedWatch du CME Group, contre 61 % auparavant.
Un taux d’intérêt plus élevé rend les placements rémunérés, comme certaines obligations, plus attractifs. L’or, lui, ne verse ni intérêt ni dividende. Son rendement vient uniquement de la variation de son prix. Quand les taux montent, le coût d’opportunité de détention de l’or augmente.
Une correction de plus de 28 % depuis le record de janvier
Le recul actuel s’inscrit dans une correction plus large. En janvier 2026, l’or avait atteint un sommet historique autour de 5.598 dollars l’once. Vers juin, il est tombé près de 4.023 dollars, soit une baisse supérieure à 28 % depuis ce record.
Cette chute ne signifie pas nécessairement un retournement complet du marché. Elle traduit aussi des prises de bénéfices. Après une forte hausse, certains investisseurs vendent pour sécuriser leurs gains. Ces ventes peuvent amplifier la baisse, surtout lorsque d’autres facteurs macroéconomiques deviennent défavorables.
La zone de 4.000 à 4.200 dollars est désormais surveillée de près. Les analystes techniques la qualifient de support, c’est-à-dire une zone de prix où des acheteurs peuvent revenir et ralentir la baisse. Les indicateurs restent toutefois fragiles, avec un prix situé sous sa moyenne mobile à 50 jours. Cette moyenne correspond au prix moyen des 50 dernières séances et sert à observer la tendance de court terme.
Les facteurs de soutien n’ont pas disparu
Malgré la pression actuelle, plusieurs moteurs de long terme continuent de soutenir le métal jaune. Les banques centrales, surtout dans plusieurs pays émergents, maintiennent une demande importante afin de diversifier leurs réserves.
Cette diversification s’inscrit dans la dédollarisation. Ce terme désigne la volonté de certains États et institutions de réduire leur dépendance au dollar américain dans leurs réserves et leurs échanges. Dans ce contexte, l’or joue un rôle particulier : il n’est la dette d’aucun État et reste accepté mondialement.
Les tensions géopolitiques, notamment au Moyen-Orient, soutiennent aussi la demande d’actifs refuges. Un actif refuge est un placement recherché lorsque les investisseurs craignent une crise financière, politique ou militaire. L’or est historiquement associé à cette fonction de protection du capital.
Le pétrole et l’inflation entretiennent la pression
La hausse des prix du pétrole liée aux tensions régionales ravive cependant les craintes inflationnistes. L’inflation correspond à la hausse générale des prix. Si elle reste élevée, les banques centrales peuvent être incitées à maintenir ou relever leurs taux.
Ce scénario pèse sur l’or à court terme. Il explique en partie la nervosité actuelle du marché, entre achats de long terme et ventes tactiques. Fang Yutao, analyste chez Guotai Securities, estime que la correction dans la zone des 4.000 à 4.200 dollars s’inscrit dans un cycle haussier plus long, tout en reconnaissant l’effet des liquidations, des anticipations de taux et de l’inflation.
Pour les investisseurs belges et européens, deux prix doivent être surveillés : le cours international en dollars et sa conversion en euros. Un dollar fort peut atténuer ou accentuer la variation réelle en euro, selon l’évolution du taux de change.
La chute vers 4.000 dollars rappelle donc une règle simple : même l’or, actif de protection par excellence, peut connaître de fortes corrections. Le seuil actuel devient un test majeur pour savoir si le marché stabilise sa baisse ou prolonge son repli.



