3 % en une semaine : l’or vient de signer sa plus forte baisse hebdomadaire en six semaines. Au 17 juillet 2026, le cours de l’or s’établit autour de 3 996,02 dollars l’once, dans un marché dominé par les craintes de hausse des taux d’intérêt et par un dollar plus ferme.
L’or décroche sous la pression des taux
Le cours de l’or a reculé de 3 % sur la semaine se terminant le 17 juillet 2026. Il s’agit de sa plus forte baisse hebdomadaire depuis six semaines. Le mouvement concerne le marché mondial, où les investisseurs en métaux précieux ont vendu une partie de leurs positions en métal jaune.
La cause principale tient aux anticipations de politique monétaire américaine. Lorsque les marchés pensent que la Réserve fédérale américaine, la Fed, peut maintenir ou relever ses taux directeurs, l’or devient moins attractif à court terme.
Un taux directeur est le taux fixé par une banque centrale pour influencer le coût du crédit. Quand il monte, les obligations et les placements rémunérés deviennent plus intéressants. L’or, lui, ne verse ni intérêt ni dividende. Son intérêt repose surtout sur la préservation du capital, la diversification et son rôle de valeur refuge.
Pourquoi des taux plus élevés pèsent sur le métal jaune
Le mécanisme est classique. Des taux plus élevés font monter les rendements obligataires, c’est-à-dire les revenus attendus des obligations d’État ou d’entreprise. Les investisseurs peuvent alors préférer ces actifs rémunérés à l’or.
La hausse des taux réels américains pèse aussi sur le cours. Un taux réel correspond au taux d’intérêt corrigé de l’inflation. Par exemple, si un placement rapporte 5 % et que l’inflation est de 3 %, le taux réel est proche de 2 %. Plus ce rendement réel augmente, plus le coût d’opportunité de la détention d’or progresse.
Le dollar joue également un rôle. L’or étant coté principalement en dollars sur les marchés internationaux, un dollar plus fort rend l’achat d’or plus coûteux pour les investisseurs utilisant l’euro ou d’autres devises. Pour un épargnant belge ou européen, la variation du taux de change euro-dollar peut donc amplifier ou atténuer la baisse observée en dollars.
Le pétrole ajoute de la nervosité au marché
La hausse des prix du pétrole a aussi contribué au repli hebdomadaire. Un pétrole plus cher peut nourrir les craintes d’inflation. Si les banques centrales jugent cette inflation trop persistante, elles peuvent être incitées à conserver une politique monétaire restrictive plus longtemps.
Cette perspective renforce les anticipations de taux élevés. Elle pousse certains investisseurs à réduire leur exposition à l’or, malgré un environnement géopolitique encore tendu.
Depuis le début de 2026, le prix de l’or affiche d’ailleurs une baisse de plus de 4 %, malgré la guerre en Ukraine, les tensions entre les États-Unis et l’Iran et une inflation toujours supérieure aux objectifs des banques centrales. Ce recul s’explique notamment par des prises de bénéfices après les sommets du début d’année.
Un sommet historique déjà loin
Le contraste est marqué avec le pic atteint le 29 janvier 2026, à 5 595,42 dollars l’once. Une once d’or correspond à une once troy, l’unité de référence du marché international des métaux précieux, soit environ 31,1 grammes.
Au 24 juin, le cours évoluait déjà sous la barre des 4 000 dollars l’once dans un contexte de politique monétaire américaine ferme. Le 10 juillet, le prix se situait autour de 4 111 dollars l’once, sous l’effet du renforcement du dollar et de la hausse des rendements obligataires américains.
La baisse actuelle confirme donc une tendance installée depuis plusieurs semaines : le marché arbitre entre l’or, actif sans revenu, et les placements rémunérés par des taux plus élevés.
Quelles conséquences pour les investisseurs en Belgique et en Europe ?
Pour les particuliers qui détiennent des pièces, lingots ou produits adossés à l’or, cette baisse ne signifie pas nécessairement un retournement durable. Elle rappelle surtout que l’or peut être volatil, même lorsqu’il conserve un rôle de protection patrimoniale à long terme.
Les acheteurs potentiels peuvent y voir un point d’entrée plus bas qu’en début d’année. Les vendeurs, eux, doivent tenir compte de l’écart avec le record de janvier et de l’évolution de l’euro face au dollar.
Les prévisions pour la fin 2026 restent très dispersées. Certains scénarios anticiperaient une poursuite du repli, tandis que d’autres envisageraient une stabilisation près de 4 000 dollars l’once. À plus long terme, les projections publiées par différents analystes vont de niveaux proches de 2 000 dollars à des scénarios beaucoup plus haussiers.
La baisse de cette semaine tient donc moins à une perte du statut de valeur refuge de l’or qu’à un arbitrage de marché : tant que les taux réels et le dollar resteront élevés, le métal jaune restera sous pression.



