Plus de 4 000 dollars l’once n’est plus un plancher. Depuis le 2 juillet 2026, le cours international de l’or évolue sous ce seuil symbolique, après plusieurs semaines de baisse sur les marchés mondiaux. Mi-juillet, le métal jaune reste proche de son plus bas mensuel, sous la pression de la politique monétaire américaine et du pétrole.
L’once correspond à l’unité de référence utilisée sur le marché international de l’or. Elle équivaut à environ 31,1 grammes. Le passage sous 4 000 dollars l’once signifie donc que le prix de gros mondial de l’or recule sous une zone que de nombreux investisseurs surveillaient comme un repère important.
L’or cède sous la pression des taux américains
La baisse actuelle s’explique d’abord par les anticipations autour de la Réserve fédérale américaine, la Fed. Cette banque centrale fixe les taux directeurs aux États-Unis. Ces taux influencent le coût du crédit, les rendements des obligations et le comportement des investisseurs dans le monde entier.
En juillet 2026, la Fed maintient une ligne prudente face à une inflation encore élevée. Son taux directeur reste dans une fourchette de 3,5 % à 3,75 %. Les marchés anticipent donc moins facilement une baisse prochaine des taux. Certains investisseurs envisagent même le risque d’un nouveau resserrement si l’inflation persiste.
Ce contexte pèse sur l’or. Le métal jaune ne verse ni intérêt ni dividende. Quand les placements rémunérateurs, comme les obligations d’État, offrent des rendements plus attractifs, la détention d’or devient moins compétitive. C’est ce que les marchés appellent le coût d’opportunité : conserver de l’or implique de renoncer au rendement potentiel d’un autre actif.
Les taux réels fragilisent le métal jaune
Un autre facteur joue un rôle central : les taux d’intérêt réels. Il s’agit des taux d’intérêt corrigés de l’inflation. Par exemple, si un placement rapporte 5 % et que l’inflation est de 3 %, le taux réel est d’environ 2 %.
Lorsque les taux réels montent, l’or est généralement pénalisé. Même en période d’inflation élevée, le métal précieux peut reculer si les investisseurs estiment que les rendements corrigés de l’inflation deviennent plus favorables ailleurs.
Aux États-Unis, l’indicateur PCE, suivi de près par la Fed, reste élevé. Le PCE mesure l’évolution des prix à la consommation à partir des dépenses des ménages américains. Il s’établissait à 4,1 % en mai et à 4,2 % en juillet 2026. Cette inflation persistante complique tout assouplissement monétaire rapide.
Le paradoxe est donc clair : l’inflation reste forte, mais l’or baisse car les marchés privilégient les actifs rémunérateurs.
Le pétrole ravive le risque inflationniste
La hausse du pétrole ajoute une pression supplémentaire. En juillet 2026, le Brent dépasse 85 dollars le baril. Le Brent est une référence mondiale pour le prix du pétrole extrait en mer du Nord. Il sert de repère à de nombreux contrats énergétiques.
Cette progression représente plus de 40 % depuis janvier. Sur la seule semaine précédant le 17 juillet, les prix pétroliers ont augmenté d’environ 10 % à 12 %. Les tensions au Moyen-Orient, notamment autour de l’Iran et du détroit d’Ormuz, alimentent une prime de risque.
Une prime de risque désigne un supplément de prix exigé par les marchés lorsqu’un danger géopolitique, logistique ou financier menace l’offre. Dans le cas du pétrole, la crainte d’une perturbation du transport par le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour l’énergie mondiale, pousse les prix à la hausse.
Cette hausse du pétrole nourrit les craintes inflationnistes. Une énergie plus chère renchérit les transports, la production industrielle et certains biens de consommation. Pour la Fed, cela rend plus difficile une baisse rapide des taux.
Le dollar fort accentue la baisse de l’or
Le dollar américain reste également soutenu en juillet 2026. La solidité de certains indicateurs économiques, dont l’indice manufacturier régional de Philadelphie en forte progression, renforce l’idée que l’économie américaine résiste.
Un dollar fort pèse souvent sur l’or. Le métal jaune est coté principalement en dollars sur les marchés internationaux. Quand le billet vert monte, l’or devient plus cher pour les acheteurs utilisant l’euro, le franc suisse, le yen ou d’autres devises. Cette situation peut freiner la demande mondiale.
Pour un investisseur belge ou européen, l’effet de change doit donc être surveillé. Une baisse du cours de l’or en dollars peut être partiellement compensée, ou au contraire accentuée, par l’évolution de l’euro face au dollar.
Le seuil des 4 000 dollars devient une zone fragile
Le passage sous 4 000 dollars l’once modifie la lecture technique du marché. Un seuil psychologique est un niveau de prix rond, très suivi par les investisseurs. Il ne repose pas forcément sur une valeur fondamentale, mais il influence les décisions d’achat et de vente.
Tant que l’or évoluait au-dessus de 4 000 dollars, ce niveau pouvait être perçu comme un support. Un support désigne une zone où les acheteurs reviennent souvent sur le marché. Depuis la rupture du 2 juillet, cette zone apparaît plus fragile.
À court terme, la poursuite de la baisse dépendra surtout de trois éléments : les prochaines indications de la Fed, l’évolution du pétrole et la vigueur du dollar. Si l’inflation énergétique persiste, la banque centrale américaine pourrait conserver une posture restrictive plus longtemps. Cela maintiendrait une pression sur le métal jaune.
Que doivent surveiller les acheteurs d’or ?
Pour les particuliers intéressés par l’or physique, lingots ou pièces, cette baisse ne signifie pas automatiquement un signal d’achat immédiat. Elle invite surtout à préparer son opération.
Les points à suivre sont simples : le cours de l’once en dollars, le taux de change euro-dollar, les primes sur les pièces et lingots, ainsi que les frais appliqués à l’achat ou à la vente. La prime correspond à l’écart entre la valeur en métal pur et le prix réel d’un produit d’investissement. Elle varie selon la demande, la rareté, l’état et la disponibilité.
L’or conserve son rôle d’actif de diversification, mais son prix peut fortement varier à court terme. En juillet 2026, le marché rappelle une règle essentielle : le métal jaune ne monte pas mécaniquement avec l’inflation. Il réagit aussi aux taux réels, au dollar, aux banques centrales et aux tensions géopolitiques.
La chute sous 4 000 dollars marque donc moins une rupture définitive qu’un avertissement : en juillet, la Fed et le pétrole restent les deux forces capables de prolonger la pression sur l’or.



