Le métal jaune a franchi la barre des 4 670 dollars l’once ce mardi 20 janvier 2026, propulsé par un climat d’incertitude mondiale. L’annonce de nouvelles barrières douanières américaines contre la France et l’Allemagne, sur fond de crise diplomatique autour du Groenland, affole les marchés et renforce le statut de valeur refuge des métaux précieux.

Les compteurs s’affolent sur les marchés des matières premières. Alors que l’économie mondiale tente de se stabiliser, l’once d’or a atteint un nouveau sommet absolu à 4 670 dollars (environ 4 300 euros), tandis que l’argent métal suit cette trajectoire parabolique pour toucher les 93,2 dollars. Ces niveaux, jamais observés auparavant, traduisent une ruée massive des investisseurs institutionnels et particuliers vers la sécurité, fuyant la volatilité des devises et des marchés actions.

Ce mouvement haussier brutal s’explique par une convergence de facteurs anxiogènes, mêlant tensions commerciales transatlantiques et instabilité géopolitique chronique.

Le spectre d’une guerre commerciale transatlantique

Le catalyseur principal de cette fièvre acheteuse réside dans le durcissement soudain des relations entre Washington et Bruxelles. Donald Trump a confirmé, le 17 janvier dernier, l’instauration de droits de douane de 10 % ciblant spécifiquement plusieurs pays européens, dont la France et l’Allemagne. Cette mesure, prévue pour entrer en vigueur dès le 1er février, constitue une réponse directe au différend diplomatique en cours concernant le statut du Groenland.

Bien que le Canada ait rappelé ce mardi que l’avenir du territoire devait se décider exclusivement entre le Groenland et le Danemark, la pression américaine fragilise les perspectives économiques du Vieux Continent. Pour les investisseurs, ces taxes font craindre un ralentissement des exportations européennes et une possible résurgence de l’inflation, deux scénarios historiquement favorables au cours de l’or.

L’Europe marquée par l’instabilité

Outre les menaces économiques, l’actualité européenne immédiate pèse sur le moral des marchés. L’Espagne est en deuil après une tragédie ferroviaire majeure : une collision de trains à grande vitesse près de Cordoue a fait 39 morts ce mardi. Ce drame rappelle la fragilité des infrastructures et ajoute une note sombre à l’actualité de la zone euro.

En France, c’est le sentiment d’insécurité et l’atteinte au patrimoine qui dominent l’actualité culturelle. Le musée du Louvre est resté fermé ce lundi 19 janvier, au lendemain d’un vol spectaculaire dont les images ont été dévoilées, ébranlant l’image de la sécurité au cœur de Paris.

Géopolitique : un monde en fragmentation

L’attrait pour l’or, actif décorrélé des risques politiques, est également alimenté par une série de crises internationales simultanées.

  • Moyen-Orient : La situation demeure explosive. Israël a annoncé son intention de construire 9 000 nouveaux logements pour colons en Cisjordanie, une décision susceptible d’embraser la région, quelques jours seulement après une violente explosion dans une mosquée à Homs, en Syrie.
  • Asie : L’incertitude politique gagne le Japon, où la Première ministre a dissous le Parlement, ouvrant une période de flottement institutionnel. Parallèlement, la Chine fait face à un défi structurel immense, son taux de natalité ayant atteint son niveau le plus bas depuis 1949, ce qui inquiète quant à la croissance future de la deuxième économie mondiale.
  • Climat : Le Chili a déclaré l’état de catastrophe après des incendies de forêt meurtriers ayant causé la mort d’au moins 18 personnes, rappelant l’impact économique croissant des désastres écologiques.

Pourquoi l’or réagit-il aussi fortement ?

Pour le grand public, il est important de comprendre le mécanisme à l’œuvre. L’or ne produit pas d’intérêts (contrairement à une obligation ou un livret d’épargne). Cependant, il ne comporte pas de « risque de contrepartie » : il ne peut pas faire faillite.

Lorsque les tensions montent (guerres, droits de douane, instabilité politique), les investisseurs vendent les actifs risqués pour se replier sur le métal jaune. C’est ce qu’on appelle la fuite vers la qualité (flight to quality). Dans le contexte actuel, la combinaison d’une guerre commerciale potentielle avec les États-Unis et de foyers de tensions multiples crée le terreau idéal pour une appréciation durable des métaux précieux.

Observateur des relations internationales, Thomas étudie l’influence des tensions géopolitiques et des politiques monétaires sur l’or.

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