Alors que le CAC 40 subit une nette correction sous la pression des tensions géopolitiques initiées par les récentes déclarations de Donald Trump, le métal jaune confirme avec vigueur son statut de valeur refuge. Avec un cours approchant les 4 700 dollars, l’or profite des incertitudes majeures autour du Groenland pour signer une nouvelle hausse spectaculaire ce lundi 19 janvier 2026.

Ce lundi 19 janvier marque une rupture brutale pour les investisseurs : la décorrélation entre les actifs risqués et les valeurs de protection n’a rarement été aussi visible. Dans un climat d’aversion au risque dominé par la peur, les capitaux fuient massivement les actions pour se réfugier vers les métaux précieux.

Le CAC 40 et Wall Street dans la tourmente

La place parisienne a vécu une séance particulièrement difficile. Le CAC 40 a clôturé en baisse de 1,78 %, retombant à 8 112,02 points. Ce recul est largement entraîné par les poids lourds de la cote, à l’image du géant du luxe LVMH, qui recule de 4,33 %, pénalisé par les craintes d’un ralentissement de la consommation mondiale.

Outre-Atlantique, la situation ne semble guère plus enviable. Wall Street est menacée de plongeon à l’ouverture, réagissant nerveusement aux menaces proférées par Donald Trump. Les opérateurs de marché redoutent une escalade des tensions commerciales et diplomatiques qui pourrait fragiliser la croissance américaine.

Dans ce marasme, certaines valeurs atypiques tirent leur épingle du jeu, témoignant d’une forte spéculation sur des secteurs de niche. Selon les données d’Investing.com, l’action Teract enregistre une hausse spectaculaire de 54,64 % et Kalray gagne 28,57 %. Ces mouvements violents soulignent l’extrême volatilité qui règne actuellement sur les marchés actions.

Le Groenland, catalyseur de la flambée de l’or

Face à l’instabilité boursière, l’or joue pleinement son rôle d’assurance. Les contrats à terme (Futures) sur l’or se sont envolés de 1,97 % pour atteindre 4 685,99 dollars l’once.

Le catalyseur immédiat de cette fièvre acheteuse réside dans les tensions géopolitiques soudaines concernant le Groenland. Ce territoire stratégique cristallise les inquiétudes internationales, poussant les investisseurs institutionnels et particuliers à sécuriser leurs portefeuilles.

Comprendre les « Futures »

Les « Futures » ou contrats à terme sont des accords financiers permettant d’acheter ou de vendre un actif (ici, l’or) à un prix prédéterminé et à une date future spécifique. Lorsque le prix des Futures monte, cela indique que le marché anticipe une hausse continue de la valeur de l’actif sous-jacent.

Les prévisions d’Ed Yardeni en passe d’être dépassées

Cette progression fulgurante de l’or ne surprend pas les analystes qui suivent les tendances de fond depuis plusieurs années. Le célèbre économiste Ed Yardeni avait anticipé cette trajectoire. Dès avril 2025, alors que l’or atteignait un record de 3 300 dollars, il visait un objectif de 4 000 dollars pour fin 2025 et de 5 000 dollars pour la fin de l’année 2026.

Avec un cours actuel flirtant déjà avec les 4 700 dollars dès ce mois de janvier, le marché semble en avance sur ces prévisions optimistes. La dynamique haussière, enclenchée techniquement lorsque l’or a franchi la barre des 2 000 dollars en février 2024, ne montre aucun signe d’essoufflement.

Un changement structurel des Banques Centrales

Au-delà des soubresauts liés à l’actualité immédiate, la hausse de l’or s’appuie sur des fondamentaux solides initiés au début de la décennie. Le gel de 280 milliards de dollars de réserves russes suite à l’invasion de l’Ukraine en février 2022 a marqué un tournant décisif.

Cet événement a agi comme un électrochoc pour les banques centrales mondiales, notamment dans les pays émergents. Pour éviter de dépendre du dollar américain et des sanctions potentielles, ces institutions ont massivement augmenté la part d’or physique dans leurs réserves internationales, créant une demande structurelle qui soutient les cours sur le long terme.

Ce mouvement rappelle, dans une certaine mesure, la fin des accords de Bretton Woods le 15 août 1971. Lorsque le président Richard Nixon a mis fin à la convertibilité du dollar en or, il a déclenché le premier grand marché haussier du métal jaune, dont le prix avait été multiplié par 20 jusqu’en 1980. Dans le contexte actuel de 2026, la méfiance envers les monnaies fiduciaires et les dettes souveraines semble raviver cette dynamique historique.

Spécialiste des marchés des matières premières, Lucas décrypte les cours de l’or et de l’argent à travers l’analyse technique et macroéconomique.

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