Alors que les places boursières européennes scrutent nerveusement les résultats des géants du luxe et de la technologie en ce début d’année 2026, une autre dynamique capte l’attention des investisseurs : l’explosion des cours des métaux précieux. L’or a marqué un nouveau record absolu, entraînant l’argent métal, dopé par l’intelligence artificielle et le photovoltaïque, au-delà d’un seuil symbolique majeur.
5 252 dollars. C’est le sommet vertigineux touché en séance par l’once d’or ce lundi 26 janvier, avant de se stabiliser autour de 5 100 dollars. Ce chiffre, qui aurait semblé impensable il y a encore deux ans, confirme le statut de valeur refuge ultime du métal jaune dans un contexte économique et géopolitique de plus en plus incertain.
Une ascension fulgurante prédite par les analystes
La trajectoire de l’or ne semble pas près de s’inverser. La Société Générale a d’ailleurs ajusté ses prévisions, anticipant désormais une once à 6 000 dollars pour la fin de l’année 2026. Cette flambée profite directement aux producteurs : les titres des grandes compagnies minières comme Newmont, Barrick Gold ou Agnico Eagle ont bondi en bourse, surperformant largement les indices traditionnels.
Cette hausse spectaculaire s’inscrit dans un climat de méfiance vis-à-vis des institutions monétaires américaines. Le cours du métal jaune a réagi vivement ces deux dernières semaines, notamment suite aux attaques verbales de Donald Trump envers la Réserve fédérale (Fed) le 13 janvier, remettant en cause l’indépendance de la banque centrale. De plus, les récentes spéculations géopolitiques liant l’ancien président américain au Groenland ont ajouté une prime de risque supplémentaire sur les marchés.
Note pédagogique : Le prix de l’or est généralement coté en dollars américains par once troy (environ 31,1 grammes). Lorsque le dollar s’affaiblit ou que l’incertitude politique grandit, les investisseurs se tournent vers l’or pour protéger leur pouvoir d’achat, ce qui fait monter son prix.
L’argent métal brise le plafond de verre des 100 dollars
Si l’or brille, c’est l’argent qui réalise la performance la plus impressionnante en termes de pourcentage. Le métal gris a officiellement franchi la barre des 100 dollars l’once, confirmant une accélération brutale. Fin 2025, il s’échangeait déjà au-dessus de 60 dollars, après avoir dépassé les objectifs fixés par des institutions comme HSBC, qui visaient 49 dollars en fin d’année dernière.
Contrairement à l’or, l’argent bénéficie d’une double nature : monétaire et industrielle. Le marché fait face à un déficit structurel d’offre, incapable de suivre une demande explosive.
Cette soif d’argent métal est alimentée par deux révolutions technologiques :
- L’industrie photovoltaïque : La transition énergétique mondiale consomme des quantités massives d’argent pour les panneaux solaires.
- L’Intelligence Artificielle : Les composants électroniques nécessaires aux puces de haute performance requièrent d’excellents conducteurs.
À ce titre, l’autorisation récente par la Chine de l’importation d’un premier lot de puces d’IA H200 de Nvidia confirme que la course à l’équipement technologique ne faiblit pas, soutenant indirectement la demande de métaux industriels.
Marchés européens : IA et grandes manœuvres
Au-delà des matières premières, l’actualité des entreprises en Europe et aux États-Unis reste dense ce 28 janvier. À la Bourse de Paris, les investisseurs surveillent de près LVMH, baromètre du luxe, ainsi que les mouvements sur les contrats à terme (futures) du CAC 40.
L’intelligence artificielle continue de dicter les choix d’investissement. Des outils de sélection par IA, comme ceux de Libertify, mettent désormais en avant des valeurs françaises telles que Capgemini, Renault et OPmobility (ex-Plastic Omnium) dans leur Top 5, aux côtés de l’américain United Health.
Dans le secteur de la distribution, un coup de tonnerre a retenti hier : le milliardaire tchèque Daniel Kretinsky a lancé une Offre Publique d’Achat (OPA) pour prendre le contrôle majoritaire du groupe Fnac Darty. Cette opération pourrait redessiner le paysage du commerce de détail en France et en Belgique.
Régulation des réseaux sociaux : TikTok passe à la caisse
Enfin, sur le front juridique outre-Atlantique, la pression s’accentue sur les géants du numérique. Une semaine après Snapchat, TikTok a conclu un accord financier pour éviter un procès retentissant aux États-Unis concernant l’addiction aux réseaux sociaux.
Si les termes exacts restent confidentiels, cette décision isole davantage Meta (Facebook, Instagram) et YouTube, qui demeurent accusés de nuire à la santé mentale des utilisateurs. Ces batailles juridiques, bien que lointaines, pourraient à terme influencer la régulation numérique en Europe.
Dans ce tourbillon d’actualités technologiques et financières, la solidité des métaux précieux semble offrir aux épargnants un ancrage rassurant, validant la stratégie de diversification vers les actifs tangibles.



