Alors que les dirigeants mondiaux sont réunis à Davos, le cours de l’or a franchi un nouveau seuil psychologique ce mercredi. Porté par les incertitudes diplomatiques autour du Groenland et un climat d’instabilité globale, le métal jaune s’affirme plus que jamais comme la valeur refuge ultime, affichant une progression spectaculaire sur un an.
4 888 dollars. C’est le sommet vertigineux atteint par l’once d’or durant la nuit de mardi à mercredi 21 janvier 2026. Alors que les marchés financiers observent avec fébrilité les échanges au Forum économique mondial de Davos, le métal jaune a frôlé la barre symbolique des 4 900 dollars. Cette performance marque une accélération brutale de la tendance haussière : en l’espace d’un an, le cours de l’or a bondi de près de 80 %.
Cette flambée intervient à peine un mois après un précédent record établi le 23 décembre 2025, où l’once s’échangeait alors à 4 497,74 dollars. À l’époque, la hausse était principalement alimentée par les attentes de baisse des taux de la Réserve fédérale américaine (Fed) et par les inquiétudes liées au blocus naval américain au Venezuela. Aujourd’hui, ce sont de nouveaux foyers de tension qui poussent les investisseurs vers la sécurité du métal précieux.
Le Groenland au cœur des inquiétudes à Davos
La réunion de l’élite économique et politique mondiale dans les Alpes suisses ne suffit pas à apaiser les marchés, bien au contraire. Les projecteurs sont braqués sur les relations diplomatiques tendues impliquant les États-Unis et le territoire autonome danois.
En réaction à des récentes conclusions émises par le président américain Donald Trump, le Premier ministre du Groenland, Jens-Frederik Nielsen, a tenté de calmer le jeu ce 22 janvier. Il a déclaré vouloir « continuer un dialogue pacifique », tout en précisant ignorer les provocations. Cette déclaration, rapportée par LFM, souligne la nervosité ambiante. Pour les marchés, toute instabilité touchant à la souveraineté territoriale dans l’Arctique — zone stratégique pour les ressources — est un signal d’achat immédiat pour l’or.
Comprendre la « Valeur Refuge »
Dans le jargon financier, l’or est qualifié de « valeur refuge ». Contrairement aux monnaies fiduciaires (comme l’euro ou le dollar) qui peuvent être dévaluées par l’inflation ou des décisions politiques, ou aux actions d’entreprises soumises aux aléas du marché, l’or possède une valeur intrinsèque physique. En période d’incertitude géopolitique ou de crise économique, les investisseurs vendent leurs actifs risqués pour acheter de l’or, ce qui fait mécaniquement monter son prix.
La Suisse manœuvre sur le plan commercial et humanitaire
Au-delà de l’or, l’actualité suisse à Davos offre un panorama contrasté de l’économie mondiale, entre opportunités commerciales et gestion de crises.
Sur le front diplomatique, le conseiller fédéral Guy Parmelin a multiplié les rencontres bilatérales. Une éclaircie économique se dessine avec les États-Unis : à la suite d’un entretien avec le représentant américain au commerce Jamieson Greer, les États-Unis se sont dits « prêts » pour des négociations commerciales avec la Suisse, sans condition préalable. Le premier cycle de ces discussions cruciales pour l’économie helvétique devrait se tenir à Berne dans les meilleurs délais.
Cependant, le contexte de guerre en Europe reste pesant. Guy Parmelin a également rencontré le président ukrainien Volodymyr Zelensky pour confirmer le soutien continu de la Confédération. Face à la crise énergétique qui frappe Kiev, la Suisse s’est engagée à livrer des équipements produits par des entreprises nationales, rappelant que l’économie de guerre reste une réalité tangible en 2026.
L’innovation technologique comme contrepoids ?
Si l’or brille par la peur qu’inspire le présent, certains acteurs continuent de parier sur un futur technologique radical. En marge des discussions géopolitiques, le milliardaire Elon Musk a profité de la tribune de Davos pour faire une annonce majeure concernant Tesla.
Selon l’entrepreneur, le constructeur devrait débuter la commercialisation de ses robots humanoïdes, baptisés « Optimus », d’ici la fin de l’année 2027. Cette promesse d’une révolution de la main-d’œuvre offre un contraste saisissant avec la ruée vers l’or : d’un côté, la technologie de pointe porteuse d’espoirs (et de risques) à long terme ; de l’autre, le retour aux valeurs tangibles millénaires pour protéger son capital face à l’incertitude immédiate.
Pour l’heure, le verdict des marchés est sans appel : face aux bruits de bottes et aux tensions diplomatiques, c’est bien le métal jaune qui dicte sa loi.


