Après une année 2025 qualifiée d’historique pour les métaux précieux, la tendance haussière se confirme en ce début d’année 2026. Alors que la production minière peine à suivre, les investisseurs particuliers et institutionnels continuent de plébisciter l’or et l’argent comme valeurs refuges.

C’est une dynamique qui ne semble pas vouloir s’essouffler. Si les observateurs du marché avaient déjà qualifié 2025 d’année de « tous les records » pour le cours du métal jaune, les premières semaines de janvier 2026 confirment l’appétit insatiable des marchés pour les actifs tangibles. Ce mouvement de fond est soutenu par une double pression : une demande institutionnelle massive et une raréfaction de l’offre nouvelle.

Une soif insatiable des institutions monétaires

Le moteur principal de cette hausse durable reste l’activité intense des banques centrales. Selon les données consolidées du marché, les banques centrales ont acquis 1 045 tonnes d’or au cours de l’année 2024. C’est la troisième année consécutive que les achats officiels du secteur dépassent la barre symbolique des 1 000 tonnes, marquant un changement structurel dans la gestion des réserves mondiales.

Cette ruée vers l’or n’est pas uniforme. Elle est menée par des nations cherchant à diversifier leurs réserves hors des devises traditionnelles. À titre d’exemple, la Pologne a renforcé ses stocks de 90 tonnes en 2024, tandis que l’Inde, acteur majeur du marché physique, a procédé à l’acquisition de 73 tonnes sur la même période.

La production minière à la peine face à la demande

Face à cet appétit grandissant, l’offre physique montre des signes de faiblesse. Fait paradoxal pour une économie de marché classique : la production mondiale d’or stagne actuellement, alors même que les prix ont atteint des niveaux records qui devraient théoriquement inciter à une exploitation accrue.

Cette stagnation s’explique par la difficulté croissante à découvrir de nouveaux gisements majeurs et par la complexité technique et environnementale de l’exploitation des mines existantes. Ce déséquilibre entre une offre contrainte et une demande soutenue constitue un facteur fondamental de soutien des cours à moyen terme.

Napoléon et lingotins : les favoris des épargnants

Pour l’investisseur particulier, l’accès au marché de l’or se fait principalement via des formats historiques et standardisés. En ce mois de janvier 2026, le Napoléon 20 francs s’échange environ à 759 €, tandis que le lingotin de 20 grammes se négocie autour de 2 754 €.

Ces deux produits ne sont pas anodins : ils constituent à eux seuls 80 % des transactions lors d’un premier achat d’or physique.

Le saviez-vous ?
Le « Napoléon » est la pièce d’or française emblématique. Frappée entre 1803 et 1914, elle pèse 6,45 grammes pour un titre de 900 millièmes d’or pur. Sa prime (la différence entre son prix et la valeur de l’or qu’elle contient) est un excellent indicateur de la tension sur le marché de détail français.

L’argent métal surperforme avec une hausse spectaculaire

Si l’or attire souvent toute la lumière, l’argent métal a réalisé une performance encore plus impressionnante. Le cours de l’argent a enregistré une hausse de 70 % en 2025, pulvérisant tous ses records précédents.

Souvent qualifié d’or du pauvre, l’argent bénéficie de sa double nature : il est à la fois un actif monétaire de protection et un métal industriel indispensable à la transition énergétique (photovoltaïque, véhicules électriques). Cette dualité explique la violence de sa hausse récente.

Fiscalité : l’importance capitale de la preuve d’achat

Pour les investisseurs, notamment les résidents fiscaux français, la flambée des cours ne doit pas faire oublier les règles de gestion patrimoniale. La fiscalité à la revente est stricte et dépend de la capacité du vendeur à justifier la date et le prix de son acquisition.

Sans facture prouvant le prix d’achat, le vendeur est automatiquement soumis à la Taxe sur les Métaux Précieux (TMP). Celle-ci s’élève à 11,5 % sur le prix total de la vente, et non sur le bénéfice réalisé.

A contrario, la possession d’une preuve d’achat nominative permet d’opter pour le régime de la plus-value réelle (TPV), souvent plus avantageux, surtout si l’or est détenu depuis longtemps, grâce aux abattements pour durée de détention. Conserver ses documents est donc aussi crucial que de conserver son or en sécurité.

Dans ce contexte de prix élevés et de forte volatilité, la prudence et la formation restent les meilleures alliées de l’épargnant souhaitant sécuriser son patrimoine.

Spécialiste des marchés des matières premières, Lucas décrypte les cours de l’or et de l’argent à travers l’analyse technique et macroéconomique.

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