Après une année 2025 historique marquée par une envolée des cours des métaux précieux, l’industrie aurifère se heurte à une réalité physique implacable : l’incapacité d’augmenter l’offre à court terme.


Alors que les investisseurs célèbrent les performances exceptionnelles du métal jaune, les fondamentaux de l’industrie minière envoient un signal contradictoire. En 2025, le cours de l’or a enregistré une progression spectaculaire de 45 %, surperformant largement les marchés actions et même le bitcoin. Pourtant, face à cette demande vorace, la production mondiale peine à suivre le rythme, plafonnant à environ 3 661 tonnes en 2024.

Ce décalage entre la fièvre acheteuse et la rigidité de l’offre minière soulève des questions cruciales pour l’avenir des cours en 2026. L’analyse des données géologiques et économiques révèle que le métal jaune est entré dans une ère de rareté structurelle.

Une rentabilité en baisse malgré des prix records

Le paradoxe apparent d’un prix qui explose sans entraîner de hausse significative de la production s’explique par l’appauvrissement géologique des sols. Selon les données relayées par Gold.fr, la teneur moyenne des minerais a chuté drastiquement au cours des cinquante dernières années.

Dans les années 1970, une tonne de roche extraite contenait en moyenne 10 grammes d’or. Aujourd’hui, cette teneur est souvent inférieure à 2 grammes par tonne.

Conséquence industrielle : pour obtenir la même quantité d’or pur, les compagnies minières doivent désormais extraire, broyer et traiter cinq fois plus de roche qu’il y a un demi-siècle. Cette contrainte physique augmente considérablement les coûts d’exploitation et l’énergie nécessaire, limitant la capacité des mines à accélérer la cadence, même lorsque les cours s’envolent.

L’inertie temporelle : le piège du sous-investissement

Au-delà de la géologie, c’est le cycle long de l’industrie minière qui empêche toute réaction rapide de l’offre. Il s’écoule en moyenne 10 à 15 ans entre la découverte d’un gisement viable et la coulée du premier lingot. Cette inélasticité de l’offre signifie que les mines qui entrent en production aujourd’hui sont le fruit de décisions prises au début des années 2010.

Or, le secteur paie aujourd’hui le prix d’une décennie d’austérité. Entre 2012 et 2020, les dépenses mondiales en exploration aurifère ont chuté de 30 %. Ce déficit d’investissement a considérablement ralenti la découverte de nouveaux gisements majeurs, créant un goulot d’étranglement qui ne pourra pas être résolu avant plusieurs années.

L’Argent métal et l’engouement populaire

Si l’or brille, son « petit frère », l’argent métal, a réalisé une performance encore plus impressionnante, affichant une hausse de 70 % sur l’année 2025. Cette dynamique confirme un retour massif des investisseurs vers les valeurs tangibles.

Cet engouement dépasse les cercles financiers pour toucher le grand public, parfois de manière inattendue. Le média L’ADN rapportait fin décembre un phénomène de « fièvre de l’or » en Alsace, illustrant un regain d’intérêt local pour la prospection.

Parallèlement, les acteurs du marché multiplient les initiatives pour démocratiser l’accès au métal précieux. Le Comptoir National de l’Or a par exemple suscité un fort intérêt médiatique en ce début janvier 2026 avec un concours permettant de remporter des lingotins via une opération « Galette des Rois ». Une stratégie marketing qui vise à briser une barrière culturelle tenace : comme le soulignait une récente publication, l’or reste encore un sujet tabou dans de nombreuses familles, souvent associé au secret et à la transmission intergénérationnelle silencieuse.

Quelles perspectives pour 2026 ?

Dans ce contexte de tension sur l’offre et de demande soutenue, les analystes s’interrogent sur la poursuite des records. Laurent Schwartz, directeur du Comptoir National de l’Or, est intervenu à plusieurs reprises fin 2025, notamment sur les antennes de TV5 Monde et BFM, pour décrypter cette tendance haussière.

La combinaison d’une offre minière contrainte par la géologie et d’une demande stimulée par l’incertitude économique suggère que les fondamentaux de soutien au cours de l’or restent solides. Si la production ne peut pas augmenter physiquement, l’ajustement du marché pourrait continuer de se faire, mécaniquement, par les prix.

Journaliste économique, Émilien s’intéresse aux usages industriels des métaux précieux et aux innovations technologiques qui façonnent leur avenir.

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