+2 % au deuxième trimestre 2025 : c’est la hausse de la production minière d’or relevée par BDOR, alors même que le recyclage mondial reculait de 6 % sur un an. Ce contraste résume l’équilibre actuel du marché : l’offre d’or progresse par la mine, mais reste sensible au comportement des particuliers et aux variations du cours.

La mine compense le recul du recyclage

D’après les données compilées par BDOR en septembre 2025, l’offre totale d’or est restée globalement stable par rapport à l’année précédente. Cette stabilité tient surtout à la production minière, en hausse de 2 % au deuxième trimestre 2025.

La production minière désigne l’or extrait du sous-sol par les compagnies minières, puis raffiné avant d’arriver sur le marché. Elle évolue lentement, car ouvrir ou étendre une mine demande plusieurs années, des investissements lourds et des autorisations administratives.

Cette hausse modérée s’explique par le maintien des investissements dans l’exploration et l’extraction, malgré des coûts élevés. Pour les investisseurs belges et européens, ce point est important : une offre minière qui résiste peut limiter les tensions sur le marché physique, notamment sur les pièces et lingots.

Le recyclage baisse quand les prix déçoivent

À l’inverse, le recyclage d’or a diminué de 6 % sur un an en 2025. Le recyclage correspond à la remise sur le marché d’or déjà existant : vieux bijoux, débris d’or, objets en or ou produits industriels retraités.

La raison est simple. Lorsque les cours baissent, les ménages détenteurs de bijoux reportent souvent leur vente. Ils attendent une remontée des prix. Le recyclage agit donc comme une variable d’ajustement plus rapide que la mine.

Cette mécanique compte pour le marché physique. Quand le prix monte fortement, davantage de particuliers vendent. Quand le prix corrige, ces volumes disparaissent plus vite. L’offre d’or recyclé est donc plus volatile que l’offre minière.

Un marché encore dominé par l’incertitude des prix

En 2026, le cours de l’or aurait connu une forte correction après un sommet proche de 5 600 dollars l’once en janvier. Il aurait ensuite reculé de plus de 29 %, pour évoluer autour de 4 000 dollars l’once entre juillet et août.

L’once utilisée pour l’or est l’once troy, soit environ 31,1 grammes. C’est l’unité internationale de référence pour coter le métal précieux.

Au 5 août 2026, le prix de l’or s’établirait autour de 4 166,59 dollars l’once. Les prévisions resteraient très divergentes pour la fin de l’année : certains scénarios envisageraient une remontée vers 4 306 dollars, tandis que d’autres pointeraient une baisse possible entre 3 578 et 3 288 dollars.

Ces écarts s’expliqueraient par des forces opposées. Les achats des banques centrales, la dédollarisation et les tensions géopolitiques soutiendraient le métal jaune. En face, des taux d’intérêt plus élevés et des prises de bénéfices pèseraient sur les cours. Les taux d’intérêt sont déterminants : quand ils montent, les placements rémunérés deviennent plus attractifs que l’or, qui ne verse ni coupon ni dividende.

Les sociétés liées à l’or restent actives

Le dynamisme de certains acteurs illustre aussi la résistance du secteur. Redevances OR Inc. a annoncé environ 20 757 onces d’équivalent or au deuxième trimestre 2026, pour des produits préliminaires de 97,8 millions de dollars.

L’once d’équivalent or permet de convertir différents revenus liés aux métaux précieux en une mesure comparable à l’or. Une société de redevances ne produit pas toujours directement le métal : elle perçoit des revenus liés à la production de mines exploitées par d’autres entreprises.

Cette performance ne résume pas tout le marché, mais elle montre que les flux financiers liés à l’or restent solides pour certains opérateurs.

Ce que cela signifie pour les acheteurs et vendeurs d’or

Pour un particulier, l’information principale est claire : l’offre mondiale ne dépend pas seulement des mines. Elle dépend aussi de la volonté des ménages de vendre leurs bijoux et de la réaction des investisseurs aux prix.

Si les cours corrigent, le recyclage peut diminuer et réduire une source d’approvisionnement. Si les prix repartent fortement à la hausse, les ventes de vieux bijoux peuvent revenir sur le marché. Entre les deux, la production minière assure une base plus stable, mais moins flexible.

L’offre d’or continue donc d’être soutenue par la mine, mais son équilibre reste fragile. Dans un contexte de prix volatils, l’investisseur doit surtout surveiller trois signaux : la production minière, le recyclage et les taux d’intérêt. Ce trio dira si le marché physique reste bien alimenté ou si de nouvelles tensions peuvent apparaître.

Spécialiste des marchés des matières premières, Lucas décrypte les cours de l’or et de l’argent à travers l’analyse technique et macroéconomique.

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