Le métal jaune poursuit son ascension fulgurante en ce début d’année 2026, franchissant la barre des 3933 euros l’once. Une flambée alimentée par une crise institutionnelle majeure aux États-Unis, où l’indépendance de la Réserve Fédérale semble menacée par l’exécutif.
C’est un début d’année tonitruant pour les métaux précieux. Ce mardi 13 janvier 2026, le cours de l’or a inscrit un nouveau sommet historique, s’établissant à 3933 euros l’once. Cette performance marque une progression de plus de 2 % sur la seule séance du jour et porte la hausse à plus de 7 % depuis le 1er janvier. Si la tendance haussière était déjà perceptible fin 2025, l’accélération brutale des dernières heures trouve son origine dans un bras de fer politique inédit outre-Atlantique.
Un bras de fer inédit entre la Maison Blanche et la Réserve Fédérale
La nervosité des marchés financiers s’est accrue suite à l’annonce d’une action en justice initiée par le Département de la Justice américaine contre la Réserve Fédérale (Fed). Officiellement, le litige porte sur des irrégularités concernant des rénovations immobilières. Toutefois, de nombreux observateurs interprètent cette manœuvre comme une tentative de l’administration de Donald Trump pour fragiliser la position de Jerome Powell, le président de la Fed.
L’objectif politique serait de forcer une baisse des taux directeurs, une mesure que l’exécutif appelle de ses vœux pour stimuler l’économie, mais que la Banque Centrale, garante de la stabilité monétaire, rechigne à appliquer trop hâtivement.
Cette ingérence potentielle dans l’indépendance de la politique monétaire américaine inquiète les investisseurs. Lorsque la crédibilité de la monnaie fiduciaire (le dollar) est ébranlée par des tensions politiques, l’or joue mécaniquement son rôle de valeur refuge. L’incertitude quant à la gouvernance économique des États-Unis pousse ainsi les capitaux vers la sécurité du métal physique.
La continuité d’une année 2025 exceptionnelle
Ce record de janvier 2026 ne surgit pas de nulle part. Il s’inscrit dans la continuité d’une année 2025 déjà qualifiée « d’année de tous les records » dans une analyse publiée par Nicolas Compard début janvier. Dès le mois de décembre 2025, des analyses soulignaient que le métal jaune surperformait non seulement les marchés actions, mais également le bitcoin, réaffirmant son statut d’actif de diversification incontournable.
Les analystes financiers, à l’image de Laurent Schwartz, intervenu à plusieurs reprises sur les plateaux de BFM Business et TV5 Monde fin 2025, avaient anticipé cette reprise à la hausse. La conjonction des déficits publics, des tensions géopolitiques et désormais de la crise institutionnelle américaine valide ces prévisions.
Qu’est-ce que l’once d’or ?
L’once troy est l’unité de mesure internationale pour les métaux précieux. Elle équivaut à environ 31,10 grammes. Lorsque l’on parle du cours de l’or à 3933 euros, il s’agit donc du prix pour cette quantité de métal pur.
L’engouement du grand public se confirme
Au-delà des marchés financiers, l’intérêt pour l’or physique gagne toutes les strates de la population, en France comme en Belgique. La presse régionale se faisait récemment l’écho d’une véritable « fièvre de l’or en Alsace » fin décembre, relayée par le média L’ADN.
Cet engouement se manifeste aussi par des opérations grand public couronnées de succès. La récente médiatisation d’un concours de « Galette des Rois » permettant de remporter un lingotin en or témoigne de la popularité croissante du métal jaune auprès des épargnants, qui y voient une protection tangible contre l’érosion monétaire.
Alors que l’année 2026 débute sur les chapeaux de roues, la question de la pérennité de cette hausse reste liée à l’évolution du conflit entre la Maison Blanche et la Fed. Si l’incertitude institutionnelle perdure, le plafond des 4000 euros l’once pourrait n’être qu’une formalité dans les semaines à venir.


