Alors que le cours de l’or a surperformé la plupart des actifs l’an passé, ce début d’année 2026 marque un tournant stratégique. Entre l’analyse des taux réels et le choix des supports d’investissement comme le Napoléon ou le Krugerrand, les épargnants doivent désormais affiner leur stratégie pour naviguer dans ce nouveau cycle haussier.
Janvier 2026 ne se résume pas uniquement à la tradition de l’Épiphanie, bien que celle-ci s’invite jusque dans les stratégies marketing du secteur, avec des initiatives ludiques mettant en jeu des lingotins. Pour l’investisseur averti, la date du 13 janvier marque surtout la publication de nouvelles analyses techniques cruciales. Selon une note publiée par Gold.fr, un signal économique majeur concernant les taux réels serait actuellement ignoré par près de 90 % des épargnants, alors même que le métal jaune sort d’une année de performances records.
2025 : Une année de rupture pour le métal jaune
Pour comprendre les enjeux de ce début d’année, il convient de regarder dans le rétroviseur. L’année 2025 s’est imposée comme un millésime exceptionnel pour les métaux précieux. Comme le soulignait Nicolas Compard en décembre dernier, l’or a affiché une performance supérieure aux actions et même au bitcoin, consolidant son statut de valeur refuge par excellence face à la volatilité des marchés numériques et boursiers.
Cette dynamique ne s’est pas limitée à l’or. L’argent métal a enregistré une hausse spectaculaire de 70 % en 2025, soulevant dès le mois de décembre la question de l’opportunité d’achat avant une potentielle nouvelle explosion des cours. Cette effervescence a d’ailleurs trouvé un écho sur le terrain. Un reportage du média L’ADN, diffusé fin décembre, décrivait une véritable « fièvre de l’or » en Alsace, illustrant l’engouement croissant des Français pour la protection de leur patrimoine.
Laurent Schwartz, président du Comptoir National de l’Or, intervenait régulièrement fin 2025 sur les plateaux de BFM Business et TV5 Monde pour analyser cette reprise à la hausse, confirmant l’attrait structurel pour le métal précieux dans un contexte d’incertitude économique.
Taux réels : le signal technique à surveiller
Au-delà de l’engouement médiatique, l’analyse fondamentale reprend ses droits en ce mois de janvier 2026. L’attention se porte spécifiquement sur la corrélation entre le cours de l’or et les taux réels.
Note pédagogique : Les taux réels correspondent aux taux d’intérêt nominaux (ceux fixés par les banques centrales) diminués du taux d’inflation. Lorsque les taux réels sont négatifs ou faibles, l’or, qui ne verse pas de rendement mais protège contre l’érosion monétaire, devient mathématiquement plus attractif que les obligations.
L’analyse publiée ce 13 janvier suggère que la configuration actuelle des taux réels pourrait constituer un puissant moteur pour le cours de l’or, un mécanisme pourtant sous-estimé par une grande majorité d’épargnants qui se focalisent uniquement sur le prix facial du lingot.
Napoléon, Souverain ou Krugerrand : vers quelles pièces se tourner ?
Dans ce contexte favorable, la question du support d’investissement devient centrale. Une étude comparative publiée ce jour par le Comptoir National de l’Or dresse le bilan des pièces d’investissement les plus pertinentes pour 2026. Le choix dépendra essentiellement du profil de l’investisseur et de sa zone géographique :
- Le Napoléon (20 Francs Or) : Il demeure la référence absolue pour le marché français. Sa très forte liquidité en France en fait l’actif de prédilection pour une épargne de précaution locale.
- Le Souverain : Cette pièce britannique est présentée comme un outil de diversification idéal, bénéficiant d’une reconnaissance européenne et mondiale.
- Le Krugerrand : Originaire d’Afrique du Sud, il est considéré comme la référence internationale, permettant une revente aisée partout dans le monde.
2026 suivra-t-elle la tendance record de 2025 ?
La question qui brûle les lèvres des analystes, dont Nicolas Compard, est de savoir si l’année 2026 parviendra à maintenir le rythme effréné de 2025. Si les fondamentaux semblent alignés — incertitudes géopolitiques persistantes et questions sur la dette souveraine — la prudence reste de mise.
Toutefois, l’intérêt du grand public et des médias, allant des articles de fond dans Challenges sur la réussite des acteurs du secteur jusqu’aux opérations grand public autour de la Galette des Rois, témoigne d’une démocratisation de l’investissement aurifère. L’or n’est plus seulement une affaire de spécialistes, mais redevient un pilier central de l’épargne des ménages francophones.


