4 050 dollars l’once : ce seuil bloque encore le cours de l’or. Au 4 août 2026, le métal jaune reste stable sous cette barre symbolique, pris entre deux forces opposées : les tensions entre l’Iran et les États-Unis, qui soutiennent la demande de sécurité, et les paris sur la politique monétaire de la Réserve fédérale américaine, qui freinent les achats.
L’or reste sous résistance malgré le risque géopolitique
Le cours de l’or évolue toujours sous 4 050 dollars l’once. Une once, dans les marchés des métaux précieux, désigne l’once troy, soit environ 31,1 grammes. C’est l’unité internationale utilisée pour coter l’or.
Ce niveau de 4 050 dollars agit comme une résistance. En langage de marché, une résistance est un seuil de prix que l’actif peine à dépasser, car les vendeurs deviennent plus nombreux ou les acheteurs plus prudents.
Le contexte reste pourtant favorable à l’or sur le papier. Les tensions entre Washington et Téhéran alimentent la recherche de valeurs refuges. Une valeur refuge est un actif jugé plus sûr en période d’incertitude politique, militaire ou financière. L’or joue historiquement ce rôle, car il ne dépend pas directement d’un État, d’une banque centrale ou d’une entreprise.
Mais cette demande de protection ne suffit pas, pour l’instant, à provoquer une cassure nette au-dessus de 4 050 dollars.
Iran-États-Unis : Ormuz reste au centre du marché
Le 3 août, Donald Trump a déclaré, dans le contexte du conflit au Moyen-Orient, que le blocus naval américain contre l’Iran serait maintenu tant qu’un accord ne serait pas trouvé ou tant que l’Iran ne capitulerait pas. Il a aussi affirmé que le détroit d’Ormuz était totalement contrôlé par la marine américaine.
Le détroit d’Ormuz est un passage maritime stratégique entre le golfe Persique et le golfe d’Oman. Une part importante du pétrole mondial y transite. Toute menace sur cette zone peut donc provoquer des tensions sur l’énergie, l’inflation et les marchés financiers.
Pour l’or, ce type de crise a généralement deux effets. D’un côté, il renforce l’attrait du métal jaune comme protection. De l’autre, il peut créer des mouvements contradictoires si les marchés anticipent une désescalade rapide.
C’est ce qui s’est produit avec le pétrole. Les prix du brut ont reculé de plus de 5 % après l’annonce de nouvelles négociations entre les États-Unis et l’Iran visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient et à rouvrir le détroit d’Ormuz. Cette baisse du pétrole a réduit, au moins temporairement, la peur d’un choc énergétique durable.
La Fed reste l’autre verrou du marché de l’or
L’autre facteur majeur vient de la Réserve fédérale américaine, souvent appelée Fed. La Fed est la banque centrale des États-Unis. Elle fixe notamment les taux directeurs, c’est-à-dire les taux qui influencent le coût du crédit dans l’économie.
Pour l’or, les taux d’intérêt sont décisifs. Le métal jaune ne verse ni coupon ni dividende. Quand les taux sont élevés, les obligations et les placements monétaires deviennent plus attractifs, car ils rapportent un revenu. Le coût d’opportunité de l’or augmente alors. Ce coût d’opportunité désigne le rendement auquel un investisseur renonce en choisissant un actif plutôt qu’un autre.
À l’inverse, des anticipations de baisse des taux soutiennent souvent l’or. Elles réduisent l’attrait des placements rémunérés et peuvent peser sur le dollar. Or l’or est coté en dollars : un billet vert plus faible rend le métal moins cher pour les acheteurs utilisant l’euro ou d’autres devises.
Pour les investisseurs européens et belges, ce point est essentiel. Le prix en dollars ne raconte pas toute l’histoire. Le taux de change euro-dollar peut amplifier ou réduire la variation du cours de l’or exprimé en euros.
En Europe, la BCE maintient sa ligne prudente
Le 24 juillet, la Banque centrale européenne a maintenu son taux de dépôt à 2,25 %. Le taux de dépôt correspond à la rémunération que les banques commerciales reçoivent lorsqu’elles placent leurs liquidités auprès de la BCE.
Cette décision a accompagné une phase de consolidation du cours de l’or. Une consolidation signifie une pause après une hausse ou une baisse marquée, avec un prix qui évolue dans une zone étroite. Le métal jaune avait alors reculé autour de 4 034 dollars l’once, dans un marché partagé entre tensions en mer Rouge, incertitudes au Moyen-Orient et prudence monétaire.
Cette combinaison explique le blocage actuel. La géopolitique soutient l’or, mais la perspective des taux américains empêche un emballement net.
Ce que les investisseurs doivent surveiller
Trois signaux dominent à court terme : l’évolution du conflit entre l’Iran et les États-Unis, les négociations autour du détroit d’Ormuz et les prochains messages de la Fed.
Une aggravation militaire pourrait relancer la demande de valeur refuge. Une détente diplomatique pourrait au contraire réduire la pression acheteuse sur l’or. Enfin, un ton plus accommodant de la Fed, c’est-à-dire plus favorable à une baisse des taux, pourrait aider le métal jaune à franchir plus franchement les 4 050 dollars.
Tant que ces signaux restent contradictoires, l’or demeure coincé sous son seuil clé. Pour un acheteur ou un vendeur en Belgique, la prudence consiste à suivre à la fois le prix en dollars, le prix en euros et les frais appliqués lors d’une transaction physique.


