1,729 euro par gramme : c’est le niveau de l’argent relevé le 30 septembre à 08h42, après un rebond temporaire à 1,742 euro. Le métal blanc affiche une progression de 0,8 % depuis lundi, mais demeure en retrait de 4,8 % par rapport à la clôture de la semaine précédente.

Cette faiblesse de court terme intervient dans un contexte peu favorable aux métaux précieux. Le dollar américain se renforce, tandis que le pétrole recule nettement. Deux facteurs qui peuvent peser sur la demande d’argent, à la fois métal d’investissement et matière première industrielle.

Un dollar plus cher pour les acheteurs hors États-Unis

Le Dollar Index, qui mesure la devise américaine face à un panier de grandes monnaies, atteint 101,31 points, en hausse de 0,33 % sur 24 heures. Dans le même temps, l’euro recule de 0,11 % face au billet vert, à 1,1355 dollar.

L’argent étant principalement coté en dollars sur les marchés internationaux, la hausse de la monnaie américaine rend son achat plus coûteux pour les investisseurs et les industriels utilisant d’autres devises, dont l’euro. Cette hausse du prix d’achat peut réduire la demande internationale et freiner le cours du métal.

Pour un épargnant belge, il faut toutefois distinguer le cours mondial, exprimé en dollars par once, du prix effectivement payé en euros. Une once troy correspond à 31,103 grammes. Le taux de change EUR/USD peut donc amortir ou accentuer les variations du métal en euros.

Le recul du pétrole pourrait signaler une demande industrielle moins dynamique

Le pétrole américain WTI perd 2,77 % sur 24 heures, à 89,85 dollars le baril. Ce mouvement pourrait refléter des craintes de ralentissement de l’activité économique.

Le lien avec l’argent est important : contrairement à l’or, l’argent possède une forte composante industrielle. Il est notamment utilisé dans l’électronique, les panneaux photovoltaïques, les contacts électriques et certains équipements médicaux. Une perspective de production manufacturière moins soutenue pourrait donc réduire les anticipations de demande pour le métal blanc.

Les taux obligataires, qui resteraient proches de 4 %, constitueraient un autre frein. Une obligation verse un intérêt, appelé coupon, alors que l’argent physique ne procure aucun revenu régulier. Lorsque les rendements obligataires sont élevés, le coût d’opportunité de conserver un métal sans rendement augmente.

Une tendance trimestrielle encore positive

Le repli récent ne résume pas l’ensemble de la trajectoire de l’argent. Sur trois mois, son cours conserve une hausse de 6,2 %. Cette performance rappelle que les fluctuations hebdomadaires peuvent être marquées sur un marché particulièrement sensible aux devises, aux taux et à la conjoncture industrielle.

La sous-performance relative face à l’or mérite néanmoins attention. Le ratio or/argent atteint 68,5, contre 66,8 un mois plus tôt, soit une hausse de 2,5 %. Ce ratio indique le nombre d’onces d’argent nécessaires pour acheter une once d’or. Lorsqu’il augmente, cela signifie généralement que l’argent progresse moins vite que l’or, ou qu’il baisse davantage.

À court terme, le comportement du dollar, des rendements obligataires et des indicateurs industriels restera déterminant pour l’argent. Pour les particuliers, cette phase de volatilité souligne l’intérêt d’un achat progressif et d’une comparaison systématique des prix en euros, des primes et des conditions de revente.

Spécialiste des marchés des matières premières, Lucas décrypte les cours de l’or et de l’argent à travers l’analyse technique et macroéconomique.

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