L’once d’or a perdu 1,8 % sur la semaine écourtée au 30 septembre 2026, après un repli de 0,6 % la semaine précédente. Le rebond enregistré depuis lundi n’a donc pas suffi à ramener le métal précieux en territoire positif sur l’ensemble de la période.

À 9h12, mercredi, l’once — soit 31,1 grammes d’or fin — s’échangeait à 3 695,5 euros, en hausse de 1,37 % sur 24 heures. Le cours progressait également de 0,3 % depuis la clôture de mardi et de 0,2 % depuis l’ouverture. Ce mouvement intrajournalier ne change toutefois pas le constat de la semaine : les taux élevés et un dollar solide restent défavorables à l’or.

Des taux élevés augmentent le coût de détention de l’or

L’or physique ne verse ni intérêt ni coupon. Un coupon est le revenu périodique payé par une obligation. Lorsque les obligations et les placements monétaires offrent des rendements plus élevés, conserver de l’or présente un coût d’opportunité supérieur : l’investisseur renonce à une rémunération disponible sur d’autres actifs.

En zone euro, l’obligation assimilable du Trésor français (OAT) à dix ans affichait un rendement de 4 %. L’OAT est la dette de long terme émise par l’État français. De son côté, le taux directeur de la Banque centrale européenne (BCE) s’établissait à 2,65 %, tandis que le taux de dépôt atteignait 2,5 %.

Ces niveaux entretiennent l’attrait des placements rémunérés et peuvent freiner la demande d’or, notamment chez les investisseurs qui arbitrent entre actifs financiers et métal physique. Les taux réels, c’est-à-dire les taux d’intérêt corrigés de l’inflation, sont particulièrement suivis : lorsqu’ils restent élevés, ils tendent historiquement à peser sur un actif sans rendement tel que l’or.

Un dollar ferme limite la progression du métal

Le dollar demeure un autre obstacle. Le Dollar Index, qui mesure le billet vert face à un panier de grandes devises, s’établissait à 101,22 points, en hausse de 0,25 % sur 24 heures. L’euro reculait parallèlement de 0,06 %, à 1,1355 dollar.

L’or étant principalement coté en dollars sur les marchés internationaux, la hausse de la devise américaine le rend plus cher pour les acheteurs utilisant d’autres monnaies. Cette mécanique peut réduire la demande et limiter l’ampleur de la hausse du cours en dollars.

Le repli du dollar après des sommets de deux mois atteints mardi aurait néanmoins permis le rebond de l’or observé mercredi. Pour un épargnant belge, le cours en euros mérite une attention particulière : une variation de la parité euro-dollar peut amortir ou accentuer l’évolution du métal exprimée en dollars.

La Fed resterait au centre de l’attention

Les marchés à terme attribueraient une probabilité supérieure à 90 % à un nouveau relèvement des taux de la Réserve fédérale américaine (Fed) avant la fin de l’année. Cette anticipation reste susceptible d’évoluer avec les prochaines données économiques et les déclarations des responsables monétaires.

John Williams, président de la Fed de New York, a estimé cette semaine, lors d’une intervention publique, que la banque centrale n’avait pas à précipiter sa prochaine décision. Une politique monétaire durablement restrictive — c’est-à-dire caractérisée par des taux élevés pour contenir l’inflation — réduirait l’intérêt relatif de l’or.

Les investisseurs surveilleront donc l’indice PCE, l’indicateur d’inflation privilégié par la Fed, l’indice ISM manufacturier et le rapport mensuel sur l’emploi américain. Le consensus anticiperait 90 000 créations d’emplois en septembre, après 162 000 en août, avec un taux de chômage stable à 4,1 %.

Des données plus faibles que prévu pourraient raviver les anticipations de baisse de taux et soutenir l’or. À l’inverse, des chiffres solides conforteraient le scénario de taux durablement élevés.

L’argent chute davantage que l’or

L’argent a davantage souffert, avec une baisse hebdomadaire de 4,5 %, contre 1,8 % pour l’or. Le ratio or/argent est ainsi monté à 68,5, contre 66,8 un mois plus tôt. Cet indicateur indique le nombre d’onces d’argent nécessaire pour acheter une once d’or : sa hausse signale une sous-performance de l’argent.

Cette faiblesse s’explique notamment par la double nature de l’argent, à la fois métal précieux et matière première industrielle. Il est donc plus sensible aux craintes liées au cycle économique, à l’activité manufacturière et aux rendements obligataires.

Le rebond de fin de semaine offre un soutien technique à l’or, mais la direction des taux réels, du dollar et des statistiques américaines restera déterminante pour la suite. Pour les acheteurs de métal physique, l’évolution du cours en euros et l’écart entre prix d’achat et de revente demeurent aussi essentiels que le seul mouvement quotidien de l’once.

Spécialiste des marchés des matières premières, Lucas décrypte les cours de l’or et de l’argent à travers l’analyse technique et macroéconomique.

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