Quarante-deux mois consécutifs. La Banque nationale tchèque (CNB) a poursuivi ses achats d’or sans interruption, une séquence qui illustre la place croissante du métal précieux dans les réserves de la République tchèque.

En août 2026, l’institution basée à Prague a ajouté 2 tonnes d’or. Depuis le début de l’année, ses achats cumulés s’élèvent à 14 tonnes. Les réserves officielles tchèques atteignent désormais 86 tonnes, soit environ 7 % du total des réserves du pays.

Une accumulation régulière, plutôt qu’un achat ponctuel

Une banque centrale détient des réserves internationales pour soutenir la stabilité financière du pays et disposer d’actifs liquides en cas de tensions. Elles sont principalement constituées de devises, d’obligations étrangères et, pour une partie, d’or.

L’or ne produit ni intérêt ni dividende. Mais il est recherché pour son absence de risque de défaut : contrairement à une obligation, il ne dépend pas de la capacité d’un État ou d’une entreprise à rembourser. Il peut donc jouer un rôle de diversification dans les réserves.

La stratégie tchèque ne repose pas sur une substitution brutale des actifs libellés en devises. Elle consiste en une accumulation mensuelle progressive. Cette régularité réduit aussi le risque d’acheter l’ensemble des volumes à un seul niveau de prix, souvent élevé : cette approche est connue des épargnants sous le nom d’achats échelonnés.

Un « record européen » à considérer avec prudence

La durée de 42 mois d’achats ininterrompus est présentée comme un record européen. Cette qualification reste toutefois à confirmer par une comparaison exhaustive des politiques d’achat de toutes les banques centrales du continent.

Le fait établi est la continuité de la politique menée par la CNB. Celle-ci renforce, mois après mois, le poids de l’or dans ses réserves. Avec 86 tonnes, la République tchèque demeure néanmoins loin des principaux détenteurs européens, notamment l’Allemagne, l’Italie et la France, dont les stocks se comptent en milliers de tonnes.

L’intérêt de cette séquence tient donc moins au volume absolu qu’à sa constance. Elle confirme qu’une banque centrale européenne de taille intermédiaire considère l’or comme un actif stratégique de long terme.

Des achats menés dans un marché coûteux

Cette accumulation intervient alors que le cours du métal précieux évolue à des niveaux élevés. Le 15 octobre au matin, l’once d’or — soit 31,103 grammes — s’établissait autour de 3 738,2 euros, en hausse de 1,38 % sur 24 heures, selon des données dont la fiabilité est jugée probable. Le prix aurait atteint un plus haut intrajournalier de 120,187 euros par gramme.

Plus tôt dans l’année, l’once aurait dépassé 5 400 dollars en séance le 29 janvier, un niveau présenté comme un record historique. Ces cotations doivent être distinguées du prix effectivement payé par une banque centrale : les achats peuvent être répartis dans le temps et exécutés par plusieurs intermédiaires.

Pour les particuliers belges et francophones, les achats de la CNB ne constituent pas un signal direct d’achat ou de vente. Ils rappellent toutefois une réalité : même lorsque l’or est cher, certaines institutions continuent d’en détenir pour diversifier leurs réserves et préserver leur marge de sécurité face aux incertitudes monétaires et financières.

Observateur des relations internationales, Thomas étudie l’influence des tensions géopolitiques et des politiques monétaires sur l’or.

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