0,8 % : c’est l’ampleur limitée du repli de l’or sur la semaine du 12 au 16 octobre. Coté à 120,21 euros le gramme en début de période, le métal jaune a terminé à 119,53 euros le gramme. Malgré une inflation américaine qui entretient l’incertitude sur les taux d’intérêt, l’or a donc mieux résisté que l’argent.
Vendredi 16 octobre, l’once d’or — soit 31,103 grammes — s’échangeait autour de 3 717,8 euros, en hausse de 0,68 % sur vingt-quatre heures. Sur toute la semaine, l’amplitude des cours est restée contenue à 1,6 %. Cette stabilité relative illustre les forces contraires qui s’exercent actuellement sur le métal précieux.
Un dollar plus faible, mais un soutien incomplet
Le dollar a reculé en fin de semaine. Le Dollar Index, un indicateur qui mesure le billet vert face à un panier de devises, serait tombé à 101,89 points, en baisse de 0,67 %. Dans le même temps, l’euro serait remonté à 1,1242 dollar.
Cette évolution serait intervenue après des déclarations de Kevin Warsh, lors des réunions du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale, interprétées par le marché comme neutres pour la trajectoire des taux américains.
Un dollar plus faible soutient habituellement l’or : libellé en dollars sur les marchés internationaux, le métal devient alors moins cher pour les acheteurs utilisant d’autres monnaies. Pour un investisseur belge, l’effet dépend toutefois aussi de l’évolution euro-dollar. Un recul de l’or en euros peut être plus marqué ou plus limité que son mouvement en dollars lorsque la devise européenne se renforce.
Le soutien du dollar n’a pas suffi à effacer le léger recul hebdomadaire. La raison principale tient aux interrogations persistantes sur la politique monétaire américaine.
L’inflation maintient la pression sur les taux
Les prix à la production aux États-Unis auraient augmenté de 1,3 % en septembre sur un mois et de 6,3 % sur un an, selon les chiffres cités par les sources disponibles. Le PPI, ou indice des prix à la production, mesure l’évolution des prix reçus par les entreprises pour leurs biens et services. Il est suivi car il peut annoncer une transmission de l’inflation vers les consommateurs.
Une inflation plus tenace peut inciter la Réserve fédérale américaine, la Fed, à conserver des taux élevés plus longtemps, voire à durcir sa politique monétaire. Or l’or ne verse ni intérêt ni dividende. Quand les rendements obligataires augmentent, son coût d’opportunité progresse : les investisseurs peuvent préférer des placements rémunérés, tels que les obligations d’État.
Les marchés anticiperaient largement une action supplémentaire de la Fed en décembre, sans que sa nature soit précisément établie. Cette incertitude a limité l’effet favorable du repli du dollar.
Le 15 octobre, l’or au comptant avait pourtant rebondi d’environ 1,3 %, à 4 156,58 dollars l’once, après une baisse initiale liée aux données d’inflation. La détente des rendements obligataires et du dollar avait alors favorisé le retour des acheteurs. Ce rebond ponctuel ne confirme pas, à lui seul, un retournement durable de tendance.
L’or résiste mieux que l’argent
La comparaison avec l’argent souligne la résilience du métal jaune. Entre lundi et vendredi, l’argent est passé de 1,738 à 1,655 euro le gramme, soit un recul hebdomadaire de 5,3 %. Il a même touché 1,604 euro mercredi.
Le ratio or/argent, qui indique combien d’onces d’argent sont nécessaires pour acheter une once d’or, est ainsi monté à 72,2, contre 67,7 un mois plus tôt. Sa hausse signifie que l’or surperforme l’argent.
Cette différence s’explique notamment par la double nature de l’argent. Il constitue à la fois un métal précieux et une matière première industrielle. Les inquiétudes concernant l’activité économique pèsent donc davantage sur sa demande potentielle, notamment dans l’électronique, le solaire ou l’industrie.
Pour les épargnants, la semaine montre que l’or demeure sensible aux anticipations de taux, mais conserve un rôle de stabilisateur relatif lorsque les signaux économiques se contredisent. Les prochaines données américaines sur l’inflation et les décisions de la Fed seront déterminantes pour savoir si ce repli limité s’installe ou laisse place à un nouveau rebond.


