Plus de dix ans sans achat de ce type. La Banque de Corée a repris, le 3 août 2026, ses achats d’or physique, c’est-à-dire du métal détenu sous forme tangible, comme des lingots ou des barres, et non sous forme de produit financier. L’institution met l’accent sur de l’or produit localement en Corée du Sud.

Ce mouvement marque un changement stratégique pour la banque centrale sud-coréenne, qui n’avait plus procédé à ce type d’acquisition depuis 2013. Il intervient dans un contexte d’instabilité géopolitique, où les banques centrales cherchent à renforcer leurs actifs jugés plus sûrs.

La Banque de Corée privilégie l’or local

L’opération concerne la Corée du Sud et implique plusieurs acteurs nationaux. La Banque de Corée travaille avec le Korea Securities Depository, le Korea Exchange et LS MnM afin de faciliter les transactions.

Le Korea Securities Depository est l’organisme chargé de la conservation et du règlement de nombreux titres financiers en Corée du Sud. Le Korea Exchange est la principale place de marché du pays. LS MnM est un acteur industriel lié aux métaux non ferreux, dont les métaux précieux.

Le choix de l’or local est important. Pour une banque centrale, détenir de l’or produit ou traité dans son propre pays peut réduire certaines contraintes logistiques et opérationnelles. Cela peut aussi renforcer le rôle de la filière nationale des métaux précieux.

Des achats de gré à gré pour renforcer les réserves

La Banque de Corée doit passer par des transactions de gré à gré. Ce terme désigne une opération conclue directement entre deux parties, en dehors d’un marché organisé classique. Dans le cas de l’or, cela permet d’adapter les volumes, les modalités de livraison et les conditions de règlement.

L’objectif est d’alimenter les réserves d’or de la banque centrale. Ces réserves font partie des réserves officielles d’un État, aux côtés des devises étrangères, comme le dollar américain ou l’euro. Elles servent à renforcer la crédibilité financière d’un pays et à diversifier ses avoirs.

L’or est souvent qualifié d’actif refuge. Cela signifie qu’il est recherché en période de crise, de tensions géopolitiques ou de perte de confiance dans certaines monnaies. Il ne dépend pas directement de la solvabilité d’un État ou d’une entreprise, contrairement à une obligation.

Moins de dépendance au dollar

Le choix sud-coréen s’inscrit dans une tendance plus large. Plusieurs banques centrales cherchent à réduire leur dépendance au dollar américain. Cette dépendance peut exposer un pays aux décisions de politique monétaire des États-Unis, aux sanctions financières ou aux variations du billet vert.

La Banque de Corée vise aussi à limiter la volatilité liée aux taux de change. La volatilité désigne l’ampleur des variations d’un prix ou d’un taux. Quand une monnaie fluctue fortement, la valeur des réserves détenues dans cette devise peut varier rapidement.

Pour les investisseurs européens et belges, cette décision rappelle un principe simple : l’or reste utilisé par les institutions comme outil de diversification. Il ne produit pas de revenu, contrairement à une obligation ou à une action à dividende. Mais il peut jouer un rôle de stabilisateur dans un patrimoine, surtout lorsque les devises et les marchés financiers deviennent plus incertains.

Un signal à suivre pour le marché de l’or

La reprise des achats par la Banque de Corée ne suffit pas, à elle seule, à modifier l’équilibre mondial du marché. Mais elle envoie un signal. Après plus d’une décennie d’arrêt, une grande banque centrale asiatique choisit à nouveau l’or physique, et plus particulièrement une chaîne d’approvisionnement nationale.

La décision confirme que l’or conserve une fonction monétaire et stratégique. Pour les particuliers, la leçon n’est pas d’imiter mécaniquement une banque centrale. Elle est plutôt de comprendre pourquoi ces institutions diversifient leurs réserves : réduire les risques de change, limiter la dépendance à une devise dominante et disposer d’un actif reconnu dans le monde entier.

Observateur des relations internationales, Thomas étudie l’influence des tensions géopolitiques et des politiques monétaires sur l’or.

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