1,642 euro le gramme : l’argent est repassé sous le seuil de 1,65 euro ce mercredi matin. Le recul atteint 1,0 % sur 24 heures et 1,2 % depuis l’ouverture de la séance. Malgré cette baisse, le métal blanc conserve une progression de 0,3 % sur les trois premières séances de la semaine.

L’argent avait démarré la semaine à 1,637 euro le gramme. La baisse du jour efface donc une partie du rebond observé depuis lundi, sans l’annuler totalement. La veille, le relevé du 20 octobre le situait encore à 1,6594 euro le gramme, soit 51,613 euros l’once.

Le dollar limite la demande internationale

La stabilité du dollar pourrait contribuer à la pression observée sur l’argent. Le Dollar Index, qui mesure le billet vert face à un panier de grandes devises, est indiqué à 101,8 points, pratiquement inchangé sur 24 heures (-0,04 %). Dans le même temps, l’euro recule légèrement face au dollar, à 1,1235 dollar.

L’argent étant principalement coté en dollars sur les marchés internationaux, un dollar plus ferme renchérit mécaniquement son prix pour les acheteurs utilisant d’autres monnaies. Cette situation pourrait donc freiner une partie de la demande hors zone dollar.

Le recul du pétrole pourrait toutefois modifier cet équilibre. Le WTI, référence américaine du pétrole, cède 2,05 % à 99,33 dollars le baril. Si cette baisse se prolongeait, elle pourrait atténuer les craintes d’inflation énergétique, réduire le soutien apporté au dollar et offrir un contexte un peu plus favorable à l’argent.

L’argent sous-performe nettement l’or sur un mois

Le repli du jour s’inscrit dans une tendance mensuelle plus difficile pour le métal blanc. L’argent aurait perdu 11,3 % sur un mois, contre 3,1 % pour l’or.

Cette différence apparaît aussi dans le ratio or/argent, passé de 65,8 à 71,8 en un mois. Ce ratio indique combien d’onces d’argent sont nécessaires pour acheter une once d’or. Lorsqu’il augmente, cela signifie que l’argent perd du terrain par rapport à l’or. À 71,8, ce ratio souligne donc une sous-performance récente de l’argent face au métal jaune.

Les taux restent un obstacle pour un métal sans rendement

Le niveau des taux d’intérêt en zone euro pourrait également peser sur l’attrait de l’argent. Le taux directeur de la Banque centrale européenne est indiqué à 2,65 %, tandis que la facilité de dépôt s’établit à 2,5 %. L’OAT française à dix ans, une obligation d’État utilisée comme référence de marché, affiche pour sa part un rendement de 4,44 %.

L’argent ne verse ni intérêt ni dividende. Des rendements obligataires élevés augmentent donc son « coût d’opportunité » : les investisseurs peuvent préférer des placements rémunérés plutôt qu’un métal précieux qui ne procure pas de revenu courant.

L’argent demeure par ailleurs généralement plus volatil que l’or, car son prix dépend à la fois de la demande de protection financière et de ses usages industriels. Le passage sous 1,65 euro le gramme rappelle cette sensibilité. Pour les épargnants belges et européens, l’évolution du dollar, des taux et de l’activité industrielle restera déterminante pour la suite du mouvement.

Spécialiste des marchés des matières premières, Lucas décrypte les cours de l’or et de l’argent à travers l’analyse technique et macroéconomique.

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